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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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29 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Vincent se confie (1)

DE BASHER HOCKNEY

Isée, invitée à New York, visite la ville et parle avec Vincent, le beau trompettiste qui est le compagnon de son hôte, Phillip. Vérité et fiction

Pour ma part, je tenais à prendre un bus touristique pour faire le tour de Manhattan et pouvais le faire seule. Vincent se proposait de m'emmener au cinéma et de dîner avec moi avant que je me transfère chez la mère de Phillip où, indépendante, je pourrais prendre mes aises. Ce plan me convenait fort bien et du reste, tout se déroula comme convenu jusqu'au cinéma où je laissais le jeune trompettiste choisir le film. Il m'entraîna dans un petit cinéma où l'on projetait Les Amants du Pont-neuf, film déjà ancien où Juliette Binoche jouait une jeune SDF aveugle tandis que Denis Lavant, l'homme qui l'aimait dans le film, faisait tout pour elle. Voilà un film que j'avais à Paris sur une petite télévision et qui ne m'avait pas laissé un souvenir mémorable. Le voir doublé en anglais ne m'amusa pas beaucoup mais Vincent était assis à côté de moi et je ne pouvais que me repaître de sa belle présence lunaire. Lui, il aimait ce film et je m'obligeai donc à en chercher les beautés. A la fin de la projection, nous prîmes un de ces invraisemblables cafés longs qui fait l'ordinaire américain et je m'efforçai de trouver le film bon. Il s'en amusa car je me forçai mais dit-il il préférait avoir vu avec moi un film de ce genre plutôt qu'un blockbuster. il me fit rire. Le magnifique visage de Juliette Binoche nous hanta un moment tous les deux puis je lui racontai tous les endroits que j'avais vus du bus et hors du bus avant d'aller grignoter des tacos avec lui. Cette fois, c'est moi qui avais indiqué mes gouts et ils n'étaient pas très français...Bon prince, il les prenait tels quels. L'atmosphère de l'endroit était telle que je me représentais un restaurant latino moyen de gamme dans une grande ville étasunienne. Tout le monde galopait et s'interpellait en espagnol et en américain. Ceci dit, la nourriture était bonne. Je la dégustai avec joie tandis que, comme à son habitude semblait-il, Vincent la picorait. Ce soir-là, il était un peu distant mais il le fut moins quand il m'eût emmené à bon port. Je sursautai en entrant dans l'appartement que me prêtait la mère de Phillip Hammer. Le trompettiste, qui portait mon sac de voyage et mon bagage cabine, se mit à rire.

-Un choc?

-Non, c'est jusque...

-Les tapisseries et le mobilier sont affreux. C'était un pied à terre pour madame Hammer quand elle voyageait et venait encore à New York. Elle n'est pas si âgée mais elle ne vient plus. C'est une femme très mélancolique. Ses idées en matière de décoration n'étaient ni très originales ni très favorables à l'apaisement mental. Tout le monde n'aime pas le jaune et l’orange comme elle...

-C'est sûr !

-Elle l'a loué un temps sans rien y changer et maintenant qu'il reste vide, l'idée qu'il ait besoin d'être rafraîchi ne l'effleure pas.

L'appartement disposait d'une cuisine moderne et fonctionnelle, d'un living meublé de façon conventionnelle et de deux chambres dont l'une avait une salle d'eau. Rien n'était ni mal construit ni mal disposé mais tout était pesant, des couleurs des murs à celle des canapés et des fauteuils, sans parler de celles des tableaux abstraits ornant les murs. Je haïssais mais que pouvais-je dire ? Non seulement je recevais un billet aller et retour pour New York en cadeau mais j'étais encore invitée à dîner et j'étais logée. Difficile de se plaindre.

Vincent, conscient de la laideur des lieux, n'en rajouta pas et moi-même me mordit la langue. Assis sur un immense canapé orange foncé, il m'interrogea.

-Phillip m'a dit qu'ensemble vous aviez écrit des histoires, c'est vrai?

-Oui, c'était une des conditions posées pour que je lui donne des cours de français différents.

-Ces textes sont lisibles? Je peux les voir?

-Bien sûr.

Je lui donnai les versions imprimées que j'avais avec moi et attendis. Il fut concis.

-Ruth est horrible.

-Vraiment?

-Elle est frigide.

-Pas de sens du devoir?

-Si, elle ne ressent rien donc, elle l'a.

-Rien de positif sur elle?

-Non.

 

Il n'aimait pas non plus Louise et "ses fantasmes pro-Kennedy" qui lui semblaient trop calculés. Sa vie était déjà trop avancée pour attendre d'elle la moindre évolution positive. Il ne croyait pas qu'elle avait trouvé une sorte d'harmonie. Seule Carolyn lui plaisait. Je cherchai à savoir pourquoi.

-Elle est jeune et déjà marquée?

-Beaucoup de jeunes femmes le sont à son âge et même avant.

-Alors, c'est le onze septembre.

-Oui, ça peut expliquer qu'elle soit si perdue. Son mari ne revient pas non car il a eu un accident de la route mais parce que des terroristes ont détruit la tour dans laquelle il travaillait, tuant par là-même des centaines et des centaines de personnes...

-Votre explication est très extérieure.

-Vous voulez quoi? Que je m'implique pour elle?

-Oui.

-C'est une jolie fille qui aimait son mari. Elle ne sait même pas comment il est mort dans la tour. Elle met du temps pour se reconstruire mais elle y arrive et je suis content pour elle. Trois ans pour se détacher vraiment de cet autre qui est mort, c'est le temps qu'il lui a fallu. Après, elle est plus forte. Moi, je...

Il avait l'air ému et je saisis ma chance.

-Votre mère est morte le 11 septembre?

-Oui mais elle n'était dans aucune des tours. Elle est morte des suites d'un cancer généralisé, dans un hôpital d'une petite ville de l'état de New York. Il n'y avait plus rien à faire : on l'avait débranchée.

 

 

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29 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Vincent se confie (2)

LITHOGRAHIE HOCKNEY

Invitée par Phillip Hammer, Isée est à New York. Vincent, le jeune compagnon de Phillip, se confie à elle

-Vous vous souvenez?

-Des attentats? De sa mort? Oui, des deux. J'avais treize ans. On me demandait de participer à un deuil national alors que le mien était tout ce qu'il y a de plus personnel. De gré ou de force, j'ai participé aux deux et puis, tout a changé.

-Vous êtes resté avec votre père?

-Oui, mais pas très longtemps. J'étais un élève compliqué, bon parfois. Avec ma mère, on parlait en français. Elle était vraiment jolie et toute blonde. Elle s'appelait France. Elle m'apprenait beaucoup de mots, les verbes, les phrases. Elle était arrivée à vingt ans aux USA mais le rêve américain n'a pas été pour elle. A trente-trois ans, elle est partie. Je n'aimais pas tellement mon père quand elle était vivante mais quand elle est morte, ça a été pire. Je lui ai échappé assez vite.

-Comment cela?

-J'ai fugué quand j'avais quinze ans. Vivre avec lui ne présentait aucun intérêt. On m'a retrouvé et j'ai recommencé, alors je suis allé dans un internat spécialisé. Il y avait des éducateurs. Ce n'était pas très bien surveillé. Je ne savais rien de la sexualité ou presque à mon arrivée mais bien plus au bout de quelques mois. Il n'y avait que des garçons. Je crois que c'est clair.

-Oui, très. Vous avez eu un diplôme?

-Dans cette école, non. A dix-sept, dix-huit ans, j'étais déjà à New York et je me débrouillais comme quelqu'un de cet âge assez jeune et assez beau peut arriver à le faire. J'aimais bien l'alcool et les pilules de toutes les couleurs et je pouvais en acheter.

-Et vous avez rencontré Phillip?

-Ah non pas tout de suite. J'ai rencontré tout un tas de types qui avaient la quarantaine, toujours pour le même motif. ça me permettait d'avoir de l'argent. Un de ces types, un jour, s'est révélé autre. C'était un musicien, un trompettiste. Quand je l'ai entendu jouer, j'ai eu comme un déclic. Je voulais pouvoir faire cela. Il m'a poussé à mettre de l'argent de côté et à me former. Petit à petit, je suis devenu un bon instrumentiste et vous voyez, j'ai fait tout ce qu'il faut pour devenir encore meilleur.

-Vous êtes parti de loin et vous pouvez remercier cet homme. Quel était son nom?

-Andy.

-Vous lui avez dit que maintenant vous êtes musicien professionnel?

-Non. Je l'ai perdu de vue. Je l'ai cherché à un moment sans le trouver. Il n'allait pas toujours très bien. Je pense qu'il est mort.

-Et Phillip?

-Je l'ai connu plus tard.

-Il a dû vous rassurer. Il est très stable.

Il eut un rire un peu faux, presque douloureux.

-Je jouais déjà dans un orchestre, mais pas celui-là. J'avais envie d'un type mature pour un soir. Internet, je n'aime pas trop et sur les sites, les types viennent de n'importe où. J'ai utilisé un système de réseaux téléphoniques. On est très vite en rapport avec beaucoup d'hommes et on essaie de faire le tri tout en sachant que c'est possible car géographiquement, ils sont dans le périmètre. Lui, j'aimais sa voix et puis je trouvais qu'il était clair dans ses demandes. Je l'ai fait venir chez moi. J'étais à Brooklyn à l'époque et il a fait le trajet sans sourciller. On a baisé tout de suite et on a adoré ça, lui comme moi. On s'est revus deux ou trois fois pour les mêmes raisons puis notre relation a pris un autre tour.

J'étais suffoquée. Au moins, il était direct.

-Qu'est ce qui a changé?

-Il est très strict, comme vous savez. Le cirque avec les mecs, j'ai arrêté et avec les femmes mûres aussi. Je ne suis pas un ange mais globalement je suis sage et surtout je vis pour la musique.

Je m'efforçai de rester neutre tout en recevant de ce presque inconnu de lourdes confidences. Je me faisais petite et naïve comme la fille nue du tableau en escomptant obtenir un plus grand dévoilement.

-Donc vous avez une bonne relation avec lui?

Ma question n'obtint pas le résultat escompté. Il devint frondeur.

-Elle est compliquée mais vous n'avez pas à savoir jusqu'à quel point et de toute façon, vous, c'est Zacharie qui vous motive...

-Bien sûr.

-Bien sûr? Alors, travaillez l'idée d'aller dans le Montana.

Il partit et je me sentis mal mais le lendemain, calculant le décalage horaire, j'appelai Zacharie et lui racontai New York. Il fut chaleureux et enthousiaste et me dit de nouveau qu’il m'attendait. Dans la même journée, j'eus un appel de mes parents car Noël approchait et que passais toujours cette fête avec eux. Ils me congratulèrent pour les photos que je leur envoyais de mon voyage et m'annoncèrent que, se sentant vieillir, ils avaient décidé de me faire une avance sur héritage. Ils me rendaient propriétaire du studio aux Invalides et me faisaient don, en complément, d'une bonne somme d'argent. Le bonheur que j'éprouvais suite à ces deux appels fut sans partage. Rien ne me faisait plus peur.

29 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3.

ny HIVERRRRRRRRRR

 

3. Fêtes.

Invitée à New York par son ancien élève Phillip Hammer, Isée, jeune enseignante, passe des fêtes de fin d'année inattendues et ambigues.

Je ne m’étendrai pas sur la fête de Noël où, à la veillée, j'allais avec Phillip à la cathédrale Saint-Patrick suivre un office catholique qui le concernait peu puisqu'il était de souche protestante mais me renvoyait à la piété de mes parents, lorsque j'étais petite. Nous nous retrouvâmes chez lui tous les trois pour un de ces jolis dîners que savait lui concocter son employée de maison mexicaine, Juana. Je me posai pas la moindre question sur le fait que nous passions là une veillée très inattendue et me sentit sereine. Le lendemain, loin du bel appartement de Hammer et des décorations raffinées qu'il avait placées çà et là pour évoquer cette fête de la Nativité, il m'emmena chez une de ses sœurs qui vivait à une heure de New York dans une banlieue huppée où elle l'invitait à l'occasion de certaines fêtes. Je fis connaissance du mari de celle-ci, un avocat de renom et rencontrai sa mère qui était arrivée de Boston l'avant-veille. Elle avait effectivement un air très mélancolique. Son père n'était pas là, le couple ayant divorcé sur le tard. Tout dans cette maison respirait l'opulence et Joanna (c'était le nom de cette sœur) veillait avec fierté sur ses quatre fils dont deux étudiaient déjà dans des universités de l'Ivy league tandis que les deux autres (elle n'avait enfanté que des garçons) fréquentaient les meilleurs internats privés. Le dernier -né avait douze ans. Voilà une femme et une mère qui ne laissait rien au hasard. Liz, la plus jeune sœur de Phillip était mariée à un diplomate en poste en Australie depuis peu. Le couple se voyait contraint et forcé de ne pas rejoindre New York cette année-là et s'en voyait navré. Peut-être me serais-je mieux senti s'ils avaient été là car, sur les photos du moins, ils paraissaient plus détendus et sympathiques que ce couple Davidson que je vouais rapidement aux gémonies. Je m'ennuyai ferme et me contentai de jouer mon rôle de gentille française en vacances aux États-Unis et Vincent fit de même à la différence qu'il était victime d'un léger ostracisme dû à son origine sociale et à son orientation sexuelle. Phillip avait la même mais il avait de l'argent et une parole forte. Le contrer revenait à se voir infligé des remarques cinglantes. La journée passa malgré tout et je me dis qu'au moins, je savais ce qu'était une fête de Noël en Amérique chez des gens qui ne manquaient de rien ! Je savais aussi quel poids de stéréotypes les Américains véhiculaient sur les Français ! J'eus droit à la baguette, aux crêpes, à "Je suis Charlie" et au jeune président Macron qui redorait l'image d'un beau pays en proie aux attentats terroristes ! Je répondis je crois à peu près à toutes les questions qu'on me posait et quand nous prîmes congé, dans la voiture de Phillip, je me tins coite. Je regardais la nuque blonde de Vincent et me demandai comment il pouvait se débrouiller d'un pareil univers. Seule dans l'appartement de madame Hammer (j'avais dû la remercier au passage pour son hospitalité), j'écoutais tout le rock violent dont je disposais. Phillip avait mis toutes sortes de cd et de dvd à ma disposition. C'était le moment de se passer les nerfs.

Quand allai-je voir un opéra de Mozart au Metropolitan opera avec Hammer ? Peu de temps après le vingt-cinq décembre. Tout le monde était très habillé. Nous avions de bonnes places et il m'avait offert une tenue. C'était une robe noire qui tombait aux genoux et dont le haut, transparent, était incrusté de perles.

Quand allai-je réentendre Vincent dans les boites où il jouait, seule puis avec Phillip (ou l'inverse) ?

Quand fis-je du patin à glaces au Rockefeller center avec le beau trompettiste? J'étais maladroite et il était aérien.

Quand fis-je seule l'ascension de l'Empire state building et rit en voyant ma photo mise en vente (comme celle de temps d'autres) à la descente?

Quand allais-je faire une excursion en bateau avec Hammer et Vincent pour m'approcher d'Ellis Island et de la statue de la liberté?

Quand fut-il décidé que dormir dans l'appartement de madame Hammer ne me convenait pas et qu'au bout du compte, passer quelques nuits chez Vincent ne me ferait pas de mal?

Quand dînai-je avec eux près de Times Square et me sentis-je prisonnière d'eux ? Je devinai alors que rien ne pourrait bien se terminer. Hammer était ambivalent, m'interdisant Vincent tout en me faisant comprendre l'inanité de mon attirance pour Zacharie. Et Vincent, tout en s'affichant interdit, me provoquait...

25 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Sortir avec Vincent à New York.

TORSE NU

Invitée à New York par Phillip Hammer, l'homme à qui elle a donné des cours de français à Paris, Ysée est attirée par Vincent, le jeune compagnon de son hôte. Sans que le jeune homme le sache, elle lui a joué un tout étrange. Fascinée par lui, Ysée manque de distance et demande au jeune musicien de la conduire dans une boîte gay.

Quand demandai-je au trompettiste de m'emmener danser ? Il ne se le fit pas dire deux fois et m'emmena dans la dixième avenue au Marquee où tout le monde dansait jusqu'à l'aube. Même en semaine, il y avait plein de monde. Il était très à l'aise, blond, mince et beau comme il était et après avoir longtemps dansé avec lui, je le perdis de vue. Je le retrouvai avec une brune canon qui riait beaucoup avec lui. Il me la présenta. Elle s'appelait Kate et était soliste dans un groupe de rock qui, lui-aussi, se produisait dans des boites à la mode, mais pas les mêmes.

-Kate et moi nous connaissons depuis pas mal de temps. On s'était un peu perdus de vue mais on se retrouve ce soir avec plaisir !

C'était le moins qu'on puisse dire. Ils venaient de s'embrasser et s'apprêtaient à recommencer. Je me maudis de ne pas avoir le joli visage mutin de Kate, sa silhouette mince et gracieuse et je m'en voulus aussi de ne pas porter comme elle une jupe très courte et un bustier pailleté. Elle portait de longues boucles d'oreille très voyantes et des talons hauts qui me laissaient confiante dans l'équilibre qu'elle savait garder. Avec cela, elle était fraîche. Je bouillais intérieurement. Ils n'avaient vraiment pas l'air d'être restés longtemps sans se voir et encore moins de s'être brouillés. D'où sortait la phrase de Phillip sur le fait que cette fille en avait eu assez du jeune musicien puisqu'il ne voyait que par son amant? Cette fois-là, j'eus vraiment le sentiment de terminer la soirée seule...

Quand demandai-je à aller dans un bar gay? Phillip déclina immédiatement ma proposition mais Vincent releva le défi. Il me conduisit au Boxer, dans la trente septième. Il était déjà une heure du matin. Vêtu de noir, il portait un bracelet de force à son poignet droit. Il était très attirant, à la fois timide (il baissait un peu la tête et ne regardait pas dans les yeux) et provoquant (son jean et t-shirt noir étaient moulants et il portait son blouson de cuir comme un uniforme). Il connaissait pas mal de monde ici et on lui touchait facilement l'épaule ou le bras. Oui, il était chez lui, qu'il prît un verre, qu'il dansât ou qu'il discutât. Le voir danser avec d'autres hommes provoqua en moi une joie intense et de l'excitation. Je restai pourtant sagement à ma place car si personne ne me disait rien, c'est parce qu'il y avait mis les formes en me présentant comme une amie Française qu'il accueillait et ne voulait pas laisser seule ce soir-là. Je le regardai donc évoluer et quand quelqu'un l'embrassa, je ne baissai pas les yeux. Lui, de toute façon, rayonnait et discrètement, je crois, s'amusait de moi. Quand avais-je vu des barmen torses nus, jeunes et aussi sexy ? Et quand avais-je côtoyé ceux qui venaient ici : les couples déjà formés et les célibataires en quête de bonne fortune, tous très séduisants et très à la mode? J'étais naïve quand je croyais découvrir un univers différent du mien où je me sentirais bien car celui-ci existait depuis longtemps et personne ne m'y avait attendu...A sa manière pleine de charme, il me le faisait comprendre...

 

25 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Un cadeau et un piège.

IL LIT

 

Invitée à New York par l'Américain Phillip Hammer, Isée, jeune enseignante, est troublée par Vincent, le beau trompettiste que son hôte a pour compagnon. Mais compte-tenu du passé, lui faire des avances ne va pas sans risque...

Les expériences se succédaient et lentement mais sûrement je me mettais dans la posture de celle que j'avais été: la faussaire qui s'était fait passer pour l'être aimé afin de le séduire. Vincent, je l'observais de jour comme de nuit, surtout de nuit. Je me réveillais alors qu'il dormait profondément et j'allais le contempler. Il n'était pas frileux et repoussait souvent sa couette. Je pouvais donc contempler son visage que le sommeil avait détendu et son torse qu'un simple t-shirt blanc moulait étroitement. Il avait de très longs cils blonds, des pommettes hautes et une jolie bouche à la fois gourmande et enfantine. Il avait embrassé Kate, cette jolie fille, dans la boite ù ils s'étaient retrouvés. A l'évidence, la liaison qu'il avait avec elle était bien vivante. Il s'était laissé enlacer par un certain John dans une autre boite, l'avait embrassé lui-aussi mais avait refusé d'aller plus loin. Il s'était écarté en riant. Ces gens-là ne le voyaient pas comme moi je le voyais. Là, il m'appartenait. Je le volais à Hammer. Il était mien. Je n'osais tendre la main pour effleurer sa joue mais je restai là un long moment et chaque matin, je me sentais plus proche de lui. Il n'aimait guère les portraits de femme que je lui avais fait lire mais il aimerait les textes poétiques que j'écrirais sur ce qu'il était: lui en musicien, lui en patineur, lui en amoureux de la vie déambulant tranquillement dans une des rues de son quartier, lui buvant un verre dans un café avant de rentrer chez lui écrire des chansons. J'écrivais et encore et je chantonnais Delta Autumm ainsi qu'un air qu'il avait joué seul pour moi, Black Pearl, un air plus joyeux que le précédent. Toujours dotée de ma grande naïveté, je recopiai mes textes sur de très beaux papiers, les fis relier et les lui donnai. Ce n'était que des instantanés mais ils étaient pour lui. J'espèrais qu'il les trouverait beaux. Ce cadeau le surprit, il prit son temps pour lire mes textes, assis chez lui sur son grand canapé démodé tandis que, assise sur son lit, j'attendais son verdict.

-C'est très joli.

-Alors, ça vous plaît !

-Oui, mais ce n'est pas moi.

-Bien sûr que si ! Ce sont des instantanés de vous.

Il parut ennuyé.

-Isée, je vous reçois ici par simple sympathie.

-Oui, bien sûr. Je sais.

-Alors, vous savez aussi que je suis ambigu, que j'aime séduire et jouer avec les autres. Allez, vous avez compris cela !

-Alors qu'y a t'il de mal ? Je suis sensible à ce que vous êtes et j'ai envie que vous m'embrassiez...

-Phillip a lu ses textes?

-Ils sont pour vous.

Il soupira de nouveau mais ne poursuivit pas la conversation. Il posa sur une étagère le beau recueil et ce fut tout.



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25 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Double jeu.

 

BELLE IMAGE

 

Parce qu'elle a joué double jeu avec lui, Isée, jeune Française en vacances à New York, à l'instagation de Phillip Hammer, l'américain à qui elle a donné des cours. Il est lié à ce Vincent qu'elle aimerait séduire, Le beau trompettiste l'attire. La situation est trouble mais Isée, voulant tout savoir de lui, fouille dans ses affaires

On approchait du 31 décembre et je m'en réjouissais. Phillip invita pour la veillée une douzaine d'amis dont tous n'étaient pas gay. Juana avait fait des merveilles culinaires et on fit autour d'une belle table aux ornements blancs un délicieux repas avant de partir pour Times Square où le compte à rebours était commencé. L'associée de Phillip était là avec son mari ainsi qu'un ami de jeunesse heureusement marié à la même femme depuis longtemps. Deux couples gay complétaient la bande et il avait invité une femme d'une cinquantaine d'années, une journaliste avec laquelle il était ami. Je ne doutais pas qu'il l'eut fait par souci de moi, de façon à ce que je ne sois pas la seule à ne pas être accompagnée. Pendant le dîner, il eut pour Vincent des gestes tendres qui m'irritèrent et il en eut de nouveau au milieu de la foule alors qu'approchait le minuit fatidique. Dans son appartement, il avait caressé la joue de son compagnon, lui avait tenu la main et maintenant il avait passé la main autour de son épaule. Un délire s'emparait de moi et je pouvais le contrôler. Ce n'était pas à lui de faire cela, c'était à moi à cause de tous ces messages échangés et de tous ces mots d'amour que Vincent m'avait dit, même s'il croyait parler à son amant et ne savait pas que c'était moi. J'étais outrée mais bien sûr j'affichai un grand sourire et sautai de joie quand, l'heure de minuit s'affichant sur les écrans géants de Times square, tout le monde se mit à hurler et à se congratuler. Hammer, cette fois très chaleureux, me souhaita une bonne entrée dans l'année nouvelle et Vincent aussi mais je le sentis sur ses gardes. Nous formions cependant une bande joyeuse et il nous restait à boire un verre puis un autre pour prolonger la soirée. Cela dura jusqu'à trois heures du matin, encore qu'à cette heure-là, nous n'étions plus que quatre, la belle journaliste et l'associée de Phillip ayant déclaré forfait. Nous rentrâmes en taxi et je restai avec eux deux. Notre réveil fut tardif et je fus surprise d'apprendre que l'après-midi ils avaient un rendez-vous auquel ils ne pouvaient me convier. Je restai donc chez Hammer et écoutai de la musique avant de regarder un film. Un premier janvier calme...après tout...

Je m'inquiétai un peu le soir car ils ne rentraient ni l'un ni l'autre et dus attendre longtemps un texto m'informant qu'ils seraient en dehors de New York jusqu'au lendemain. Le deux janvier au matin, la maison étant toujours vide, je me rendis chez Vincent où je ne trouvai personne non plus. Comme je le faisais souvent, je fouillai discrètement dans ses affaires. Il était précautionneux car je n'y trouvai jamais grand indice de ses liaisons parallèles. Restait son ordinateur mais il y avait un mot de passe. Cela me frustrait. J'aurais tant voulu savoir à qui il écrivait et quoi, ce qu'il écoutait comme musique, ce qu'il regardait comme films, sur quels sites gay il allait et s'il correspondait avec Kate mais je n'avais pas les connaissances requises pour contourner ce verrouillage malheureusement.

CAFE DORA

Je restai frustrée dans mes recherches et au moment où j'allais les abandonner, je me rendis compte que le beau recueil que j'avais offert au tendre trompettiste n'était plus là. L'aurait-il emporté avec lui? Si c'était le cas, je ne pouvais que m'en féliciter. Cela signifiait que les mots que j'avais employés commençaient à atteindre leur but et que ce jeune homme auquel je m'adressais se laissait toucher par moi...Si c'était le cas, je devais chercher encore. Galvanisée, je fouillais encore et finis par trouver un carnet de notes emplis de petits textes et de dessins. Je m'empressai de les lire. Il s'agissait en fait de récits courts sur les aventures rapides qu'il avait. Il y avait de brèves description des hommes rencontrées, des mensurations et des remarques très crues sur la qualité des rapports sexuels qu'il avait eus avec ces types. Phillip n'apparaissait nulle part alors que les numéros de téléphone s'alignaient. Ce jeune homme, qui aux dire de l'Américain, s'était beaucoup calmé et était devenu sage, m'avait bien l'air d'être insatiable et d'avoir le diable au corps. Encore que...A y bien regarder, les dates qui se succédaient étaient un peu anciennes et les derniers commentaires remontaient à un an et demi. Ceci, selon moi, ne présumait de rien. A ce que j'avais pu voir quand nous étions allés en boite, il avait l'air très libre. A coup sûr, il avait des aventures fréquentes. Hammer se trompait. Cette découverte que je fis me rendit plus forte. J'avais écrit à ce bel être de jolis textes poétiques. Il ne m'aimait pas mais il m'aimait bien. Il n'était pas farouche. Avec lui, j'irais plus loin.

 

25 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Hammer en colère.

TABLEAU ANDREW SALGADO

Phillip, le galeriste qui a invité Isée en vacances à New York, se fâche...

Le lendemain, étrangement seule, je déambulai dans New York quand je reçus un appel de Phillip. Sa voix était avenante. Il m'attendait chez lui trois heures plus tard. Contente, je m'y rendis. Il était seul, vêtu comme souvent de façon élégante et sobre mais luxueuse. Concernant son absence, il n'expliqua rien sinon qu'ils étaient tous deux invités ailleurs. Vincent jouait dans un club que je ne connaissais pas ce soir-même et répétait. Au fur et à mesure qu'il parlait, mon hôte devenait distant, je m'en rendais compte et il devint vite concis et cassant. Il alla prendre sur un bureau le beau livret que j'avais fait pour Vincent et le posa sur une table entre nous.

-Reprenez-le.

-Vous le lui avez pris?

-Non, il me l'a donné.

-Pourquoi aurait-il fait cela?

-Parce qu'il est normal qu'il le fasse. Ce sont des délires.

-Pas du tout. C'est un hommage.

-Et comment doit-il vous remercier?

Je rougis. Hammer devint glacial.

-Alors?

-Parce qu'on remercie toujours pour un cadeau comme ça. Il le fera, il est sensible...

-Et désirable. Et il cédera, c'est cela ? De toute façon, vous ne voulez pas qu'il vous résiste et s'il le fait, vous lui direz tout n'est-ce pas?

-Jamais de la vie !

-Mais bien sûr que si. La réalité, vous ne l'aimez pas alors vous transformez tout.

-C'est faux.

-C'est vrai. Paul revenait vraiment vers vous mais vous préférez vous dire que, finalement, vous ne l'aimiez plus. Et ce jeune du Montana, il était certainement amoureux mais vous laissez le temps passer et ses espoirs devenir petits.

-Je ne comprends pas.

-S'intéresser à moi et à lui est tellement plus motivant !

-Là, c'est vous qui interprétez. Et puis, on ne parle pas de cela. Vincent, j'ai été maladroite parce que tout est faussé. J'étais vous, on échangeait des paroles d'amour...Tout cela m'a mis dans une grande confusion. Mais je vais m'expliquer avec lui et il ne sera question que du livret.

-Non, vous ne vous expliquerez pas avec lui.

-Je ne comprends pas. Pourquoi?

-Il ne le désire pas. Il vous aurait appelé sinon.

-C'est vous qui lui interdisez...

Il soupira.

-Il m'a donné ce recueil et s'il l'a fait c'est pour que je le lise. Je l'ai fait. C'est très joli mais ça l'embarrasse. Vous l'embarrassez.

-Je le comprends, Vincent, vous savez.

-Oh ! Encore mieux. Vous fouillez dans ses affaires. Vous le regardez dormir. Vous êtes prête à prendre l'initiative...Il sait tout cela. Isée, c'est de la folie, pas de la compréhension.

-Il ne s'est rien passé !

-En effet. Vous redescendez sur terre ?

-Cette Kate. Il...Il couche toujours avec elle!

-Je sais. De temps en temps. Autre chose?

-Il a des tas d'aventures.

-Il en a moins.

-Vous lui faites du mal, je pense. Vous le dominez.

-Vous pensez cela parce que je vous ai fait jouer un rôle étrange. Je voulais qu'il revienne et j'ai pris ce biais-là. Il était retors, ça je vous l'accorde mais ça a fonctionné. Maintenant, de ce qui nous lie car nous sommes liés, vous vous en êtes rendue compte, vous ne savez rien et de toute façon vous en resterez là.

-Mais qu'est-ce qui se passe? Ce sont de petits textes, des hommages...

-Il ne les a pris comme tels. Il vous a emmenée danser. Vous êtes forcenée, vraiment après lui. A Paris, vous étiez après moi. Et tout cela en vain.

-J'étais après vous car je vous admirais passionnément. C'est toujours le cas. Mais vous êtes tellement au-dessus de moi ! Lui, il est maladroit comme moi.

-Pas comme vous, non.

-Vous ne pouvez me parler ainsi. Vous m'avez invitée !

-C'est vrai. Je pensais que vous aviez l'imagination vive et envie de vous ancrer dans une autre réalité. Mais pour vous, il n'y a que l'imaginaire. Vous êtes comme une enfant devant une vitrine de Noël. Vous attendez, vous rêvez...Comme cette préadolescente nue du tableau de Paul Chabas, si mièvre en fait...

Je m'étais levée, mal à l'aise.

-Mais enfin, Phillip...

-Il vous reste quelques jours à passer ici. Retournez chez ma mère et organisez vos journées.

J'étais livide.

-Mais ça ne peut être ainsi.

-Si. Donnez-moi les clés de son appartement. J'y prendrai vos affaires et vous les porterez. Je suis accessible. Pas lui. C'est comme ça.

J'étais comme une voleuse et je dus bien obéir non sans m'être plainte encore.

-Il est désarçonné mais il comprendra et me contactera.

-Non.

J'allais seule dans l'appartement de sa mère et m'abstins d'appeler le jeune homme qui désormais m'était interdit. Il le ferait, lui, qui aimait tant passer outre les ordres...

 

24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Un texte étrange.

DOUANIERRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR

Isée est en vacances à New York car deux Américains avec qui elle est liée l'ont invitée. Mais leurs relations prennent fin brutalement. Dans un texte étrange, la jeune femme tente d'en capturer l'étrangeté

Quand me décidai-je à écrire un nouveau texte dans lequel toutes mes expériences se mêlaient? C'était deux jours après cette scène. J'écrivis tout d'une traite et ne me posai aucune question.

Elle vient d'entrer dans le tableau. C'est une forêt tropicale aux arbres étranges. Souvent leurs branches sont dépourvues de feuilles et se dressent vers le ciel en d'étranges contorsions. Les fleurs tropicales sont énormes. Leurs couleurs sont extrêmes et leurs feuilles sont démesurées. Il est facile de se dissimuler derrière elles car bien que claires et dentelées, elles sont opaques.

Au départ, elle est sans peur et quand elle s'approche d'un plan d'eau, elle est ravie. Elle s'étonne vite cependant que des mammifères marins y pullulent. Les dauphins sont nombreux et ils s'ébattent en eau douce sans éprouver de malaise, ce qui la surprend. Elle constate aussi que des baleines s'ébattent joyeusement dans un espace qui lui apparaît maintenant bien plus vaste que prévu. Tout ceci est étrange malgré tout et quand elle se comprend que des humains se baignent en même temps que ces grands mammifères, elle s'interroge. N'est-ce pas dangereux? Elle se retourne alors vers la foisonnante végétation tropicale dont la densité ne lui a pas échappé quand elle est entrée dans le tableau puis elle prend peur. Parmi les arbres aux branches contournées et les fleurs aux immenses calices circulent des animaux dangereux : longs serpents noirs aux anneaux nombreux, panthères lascives aux yeux d'or, lions à la crinière flamboyante et hyènes à l'étrange démarche. Jusqu'alors silencieux, le paysage s'emplit de bruits. Les fauves feulent, la hyène rit sauvagement et le serpent émet un sifflement lancinant. Elle hésite à se lancer dans un univers si inquiétant mais en se retournant vers l'étendue d'eau, elle découvre que celle-ci est devenue noire et que les bienveillants mammifères qui la parcourait ont été remplacés par des serpents de mer, des murènes, des araignées géantes et des poissons tropicaux venimeux. Tenter d'entrer dans l'eau est désormais impossible. Elle se décide donc à aller dans la forêt. Elle découvre bientôt que nul ne fait attention à elle. Les animaux, quels qu'ils soient, la laissent circuler sans l'inquiéter. Ils ne tuent que leurs congénères. Elle reste longtemps seule, sans voir la moindre trace d'être humain mais au moment où elle se désespère et cherche le moyen de sortir du tableau, des yeux apparaissent sur toutes les feuilles des arbres, les troncs des arbres et les pétales des fleurs. Ils sont très ronds avec une orbite blanche et une pupille noire. Les paupières sont inexistantes et les yeux n'ont pas de cils. Ils sont mobiles même s'ils ne ferment jamais. Ils la cherchent: elle met du temps pour le comprendre puis elle l'intègre. Elle se dit que ne pouvant répondre à tous les signaux, elle doit choisir les plus pertinents. C'est peine perdue puisqu'ils sont tous identiques. Elle en choisit alors deux au hasard et les suit. Ils agissent comme des signaux qui s'enchaînent et ils la conduisent à une grande clairière où évoluent des hommes à têtes de monstres mythologiques. Leurs traits évoquent ceux des Gorgones. Ce sont des masques à la bouche hurlante et au regard fixe dont les cheveux sont des serpents entrelacés qui bougent et sifflent. Le corps de ces monstres est d'un noir velouté. Ils possèdent une longue queue couverte de fourrure) poil ras, la même qui est sur leur corps. A ce qu'elle voit, ils ont des flûtes dont ils se servent pour jouer des mélopées étranges et disgracieuses. Les monstres tournent autour de victimes sans défense. Ce sont de jeunes hommes ou de jeunes femmes qui sont allongés nus sur le dos, les bras et les jambes enserrés dans des liens qui les maintiennent au sol. Quelques-uns d'entre eux sont éviscérés avec les épieux qu'utilisent les monstres noirs tandis que d'autres sont laissés intacts tant qu'il y a délibération. En effet, les créatures noires s'assemblent en jury. Au bout du compte, quatre d'entre eux sont libérés et sommés de s'enfuir le plus vite possible dans la nature. Les autres meurent. Sidérée, je reste cachée et n'ose bouger de la grande clairière où j'ai vu les monstres. Je constate que l'une des victimes y revient en hurlant et que la créature maléfique qui la poursuit lui promet la vie sauve s'il accepte une sodomie sauvage. Le fuyard l'accepte mais son violeur le tue.

Inquiétant 1

Il en est de même de la seconde victime. Une fois dans la clairière, il subit les assauts d'une créature monstrueuse qui se révèle être de sexe féminin. Elle le chevauche, prend son plaisir et tue sa victime en l'éventrant, comme l'avait fait le précédent. Il reste deux fuyards qui, un long moment sont introuvables. Les yeux ont disparu des feuilles et des pétales et la lumière a beaucoup descendu. La jungle est désormais très bruyante car les animaux se réveillent ou sortent de leur léthargie. Ils ont soif et veulent chasser. Leur comportement vis à vis des monstres noirs à tête de Gorgone se modifie et ils leur deviennent peu à peu hostiles. Des attaques éclatent, des embuscades sont tendues. Les deux victimes me frôlent car ils veulent se cacher près de moi, sachant que désormais, la clairière est sûre. Il y a toute jeune femme blonde aux petits seins et aux cheveux bruns et courts et un jeune homme blond, grand, mince mais athlétique. Je vais les protéger jusqu'à la sortie du tableau...La jeune femme, au moment où elle s'élance pour sortir, est transpercée par une lance. Le jeune homme recule. Il était lié à la malheureuse et se penche sur son cadavre. Je crie pour qu'il se hâte et enjambe le cadre du tableau mais un des monstres réapparaît brutalement. Il se précipite sur le pauvre jeune homme et l'égorge. Je prends mon élan et, sans état d'âme, je sors.

 

24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Fin de partie à New York.

ETRANGE

 

Comme arrivait le dernier jour de mon séjour, Hammer arriva à l'improviste. Il portait un costume sombre et une chemise rouge sans cravate sur un élégant manteau. La conversation fut brève. Comme je me levai pour aller chercher du café, puisqu'il voulait en boire, il me suivit et me prenant par le bras, il me poussa contre un mur.

-Ne te débats pas. Ne te retourne pas.

Il remonta rapidement sur mes hanches ma robe en laine et baissa mes collants d'un geste sec. Je l'entendis ouvrir ses vêtements puis le laissai se coller à moi. Il tenait dans sa main un membre épais et il le guida jusqu'à la pénétration. Je suffoquai quand elle eut lieu et fut surprise qu'il ne se hâte pas. Il ne me faisait pas mal, bien au contraire, me dispensant un plaisir âcre et dense qui devenait plus fort à chaque mouvement de rein qu'il faisait. Je me sentais très femme malgré le caractère sordide de cette prise silencieuse et quand je lui demandai de me prendre les seins, il le fit. Je lui demandai aussi de ne pas se retirer trop vite et après avoir joui sommairement, il resta un peu en moi.

Il se retira ensuite et se rajusta. Nous n'échangeâmes pas une parole et il partit rapidement. Je terminai le séjour seule et dans l'avion, je pleurai.

 

24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3.

AAAA

 

4 Retour au réel.

Les semaines suivantes furent difficiles. Je n'avais revu ni Vincent ni Phillip avant mon départ et constatant qu'ils ne m'avaient pas rayé de leurs contacts, je leur avais envoyé mon dernier texte. Jusqu'à maintenant, ni l'un ni l'autre ne l'avaient commenté et il était probable qu'ils ne le feraient pas. Pendant mon séjour à New York, j'avais plusieurs parlé au téléphone avec Zacharie sans lui livrer autre chose que des impressions de touriste ravie. A mon retour à Paris, je décidai d'être franche et lui fis, par courriel, le récit clair de toute ma relation avec Phillip Hammer en omettant cependant de dire que celui-ci m'avait, une seule fois, brièvement et de façon très intense, fait l'amour...

 

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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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