Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.

Publicité
8 février 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. ACCUEILLANTE. Cannes.

fonds-ecran-images-sexy-pornographie-en-noir-et-blanc-15-660x330

 

Anna, fille d'officier, cherche à échapper à son éducation guindée. Pourrait-elle devenir actrice

Un jour, c’est la fin du Festival à Cannes et Naomi Hustler est là, dans la chambre d’un hôtel dont la presse parle souvent et dont Anna se dit en riant qu’elle est chanceuse de pouvoir contempler et non seulement, puisqu’elle la remet en ordre, ce qui lui donne sur elle une sorte de pouvoir. Cette fois, une anglaise d’un âge certain la regarde comme il arrive parfois quand elle doit mettre de l’ordre dans une chambre dont l’occupant ne souhaite pas sortir. Ronde, grande, hiératique, la femme impressionne car son regard est fixe et sagace et sa voix étrangement éraillée. En remettant le lit en ordre, Anna se demande qui est cette femme ; en cette période, seuls les gens de cinéma fréquentent les lieux encore que les journalistes soient aussi présents et que la liste des occupants n’est pas si rigide. Mais au moment où la jeune fille souhaite le plus fort que la femme imposante qui l’observe appartienne au monde du septième art, celle-ci se met à parler. Elle est décoratrice depuis fort longtemps et cette fois a travaillé pour un réalisateur dont le film vient d’être primé. Anna, interdite, interroge. Elle connaît et le metteur en scène et le film. C’est vrai, elle ne chante plus comme passé un temps, elle regarde des films. Elle y va le lundi ou le matin quand elle peut car c’est  moins cher et sinon, elle regarde dans la chambre où elle vit avec une énième colocataire, toutes sortes de DVD. Alors, cette anglaise !

 Elle émet encore un vœu : celui que cette inconnue fasse à Cannes un séjour qui aille au-delà de la durée du Festival et comme si tous ses souhaits se réalisaient, elle apprend de la bouche de cette étrangère qu’en effet, son séjour est prolongé de quinze jours.

Au fond, le temps peut sembler compter et s’étirer à loisir car en peu de temps, Anna apprend bien des choses ; notamment qu’un décor, même discret peut créer un fort univers intérieur et que le travail des comédiens s’y trouve stimulé car les conditions sont meilleures pour exprimer ce qui, de vous ou du rôle doit sortir, l’idéal étant que les deux se mélangent.

Le travail de l’acteur ? Le décor ? Le jeu et la personne ? Mais que dit-elle ?

Anna estime être là pour accomplir un travail simple mais l’anglaise, quant à elle, dit qu’elle l’a observée. Non, elle n’est pas une femme de ménage « ordinaire » ; elle est une actrice née. Il suffit de la regarder, de l’observer, pour le savoir. Rien que cette robe noire moulante, qu’elle doit porter, ce petit tablier, ces collants marron clair et ses chaussures plates ! Avec cela, elle fait « exister » quelqu’un. Anna sourcille. Que ferait ce « quelqu’un » ? L’anglaise rétorque qu’une chambrière met en place un lieu précis. Et cela, Anna sait le faire.

Troublée, la jeune fille se laisse convaincre, et, consciente de jouer un rôle va et vient avec une nouvelle inspiration dans les couloirs du grand hôtel. Après tout, il peut y avoir une autre façon de pousser un chariot, d’entrer dans une chambre et de tout mettre en ordre et c’est de cette différence que peut naître l’exactitude d’un geste, la pureté d’un profil et elle ne sait quoi d’autre qui la rend plus belle.

 

Publicité
8 février 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. ACCUEILLANTE. Anna change...

 

Noir-et-blanc-porno-2

 

Anna, fille d'officier, a grandi dans un milieu guindé. Elle s'émancipe, devient actrice...

Un jour, seule dans la chambre de Naomi, Anna enlève le haut de ses vêtements et s’observe dans les hauts miroirs prismatiques de la salle de bain. De face et de profil, elle offre toujours cette longue et mince silhouette que son père Rémi, quand elle était enfant, l’encourageait à avoir. Le buste s’érige sans que rien ne l’entache et les petits seins durs affichent des pointes saillantes dont la couleur rouge sombre la touche. D’emblée, la silhouette est « belle » car presque maigre et en cela, elle rejoint le clan familial pour lequel toute trace de kilo superflu est jugé malsaine. Pourtant, Anna ne s’aime pas ainsi et, elle le constate, c’est bien la première fois que cela arrive. Elle n’aime pas, sous la peau, les côtes dont le dessin est saillant et constate qu’elle a des hanches de garçon, ce à quoi elle n’avait jamais prêté attention. En outre, sa peau est trop pâle et d’un texture presque rugueuse qui jure avec un lieu aussi raffiné. Elle le voit, rien n’est en place ; c’est comme un refus de féminité qu’elle n’aurait jamais saisi puisqu’elle ne savait pas qu’elle devait le prendre en compte. Et là, tout est net.

Elle se pelotonne dans un coin près de la baignoire et pleure. Naomi ne paraît pas.

Le lendemain, elle est là et le jeu commence : celui de la féminité niée qui cherche à être. Comme tous les jeux, il suppose deux protagonistes dont l’un sait plus que l’autre ; il y a des règles fixes et des possibles et bien sûr, tous les coups ne sont pas permis…aussi, la jeune fille passe t’-elle d’un statut de jeune employée d’un grand hôtel cannois à celui d’une actrice naissante qui cherche, en ces lieux, un tremplin. En noir et strictement coiffée ou en sous vêtements sages mais déhanchement inattendu, elle devient ce qu’elle doit être : une femme jeune et délurée. Les seins petits se dressent, le sexe duveteux s’offre et les bras font de longs mouvements graciles tandis que les jambes se déploient.

Naomi explique, dicte, reste ferme puis photographie.

Anna frémit.

Naomi filme car elle sait le faire, ayant tant travaillé pour des « gens » de renom. Sous son guidage, la petite femme de chambre s’élance dans un décor de palace, saisit un énorme bouquet de fleurs, le promène et s’en sépare pour mieux se dénuder ; un corps se fait jour, plus lisse et beau qu’il n’était. De petits seins se mettent à exister, d’une vie qui n’est qu’à eux. Ils pointent et se laissent admirer par une caméra qui les rend captifs.

D’enjambées poétiques en tournoiements, Anna se trouve au centre d’un petit court-métrage dont l’Anglaise secrète lui offre la primeur. Cet essai se nommera « Prima volta » et sera présenté dans des Festivals, car, l’imposante dame âgée à oublié de le dire, elle n’est pas et depuis longtemps, une simple décoratrice puisque l’art du cinéma est aussi son domaine.

Anna regarde le petit film où elle est reine et rit de cette soubrette qui soudain se libère et dans nue.

Bientôt, elle oublie car l’Anglaise a quitté le palace et qu’elle n’a plus d’emploi ici. Elle en trouve d’emblée à la frontière italienne puis carrément en Italie, ce qui l’amuse. En uniforme, elle fait des chambres, sourie et, parfois, reçoit un pourboire.

 

8 février 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. ACCUEILLANTE.

femme nue noir et blanc

 

Histoire d'Anna, jeune fille de bonne famille qui est devenue actrice...

Un jour, une amie de travaille lui dit avec véhémence de venir voir la télévision. De l’italien, Anna n’a que des rudiments car, selon elle, « ni un balai ni une dose de shampoing ne demande de compte ». Elle refuse donc de venir mais son amie insiste. Elle s’assoit alors sur l’étroit canapé qui fait face à la petite télé. Le film s’appelle « Prima volta ». On y voit une jeune femme de chambre qui, lassée de faire les chambres dans un palace, prend ce lieu comme une scène de théâtre.  Elle y rit, elle y chante, elle s'y montre. Sa nudité, en noir et blanc, reste toujours anguleuse sans jamais laisser s’éloigner le désir. Elle est belle et à l’œuvre, le moindre de ses gestes suggérant des activités érotiques multiples. Elle pourra, à n’en pas douter, caresser, sucer, se faire prendre et prendre cette jolie jeune femme que la caméra observe, un chiffon à la main, les seins offerts et le regard aux aguets.

Rémi, sévère, inclinant aux études.

Les fils soumis, si prompts à obéir.

Sophie entre l’admiration et le doute.

Elle, rebelle et proche de la vie.

Elle, attendant un autre film de Naomi. Une « seconda volta » dans laquelle cette fois elle se donne à un univers dont elle ne sait rien encore, sa sexualité étant restée pauvre, et qui, cette fois, saura donner toutes les réponses.

Dans le silence de la nuit, Anna sent vivre et croître ce qui fait sa féminité : ses petits seins durs.

Le miracle vient car Naomi la joint et le film se fait.

Plus tard, elle est radieuse car ce même Cannes qui l’avait vu soubrette, elle est maintenant « jeune actrice ».

On lui sourit et elle sourit.

Elle est ce qu’elle doit être : une jeune fille longiligne aux jolis seins. Une ingénue qui mène une enquête policière et trouve, dans une histoire alambiquée, les coupables, qu’elle fait emprisonner.

Rémi tressaille.

Elle l’imagine.

Pour le reste, tout va bien.

 

<< < 10 20 30 31 32
LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
Publicité
Archives
Publicité
Publicité