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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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16 octobre 2024

Clive le Vengeur. Partie 3. Se réinventer.

 

Quoi ? Je ne me suis pas assez expliqué sur l'argent qui venait d'Erik ? J’ai été stupéfait qu'il m'en fasse parvenir et franchement j'aurais mille fois préféré qu'il revienne sur sa décision ; comme ça, on aurait recommencé à copuler lui et moi et je l'aurais fait jouir de nouveau. Stupide, hein, ce genre de réflexion : niveau zéro. Vous avez raison car ce n'est pas dans ce registre que je plaçais ma relation avec lui. La passion que j’éprouvais me terrorisait car elle ne me laissait pas de répit. Je pensais à son beau corps bien sûr et à ses sourires radieux mais c'était surtout sa personnalité qui me manquait et son incroyable rayonnement sur scène. C'est pourquoi, le chèque est resté des semaines entières dans son enveloppe. Il n’était accompagné d’aucun message. Au bout du compte, j’ai eu l’intuition qu’il fallait l’encaisser. Comme quoi…

Après la clôture brutale de notre relation et le délitement de mon mariage, j’ai compris que changer de vie était impératif. J’ai retrouvé la photo que j’avais envoyée au décorateur si mondain pour être sélectionné à l’époque de son annonce. J’en ai fait une copie et je l’ai trimballé partout avec moi. C’est ce Clive plein de promesses que je voulais faire revivre. Il ne se laisserait pas aller physiquement parce que rien ne tournait rond et il aurait de beaux projets ; et puis, il ne négligerait pas qui il avait blessé. J'ai repris la course à pied et fait de la musculation en salle et j'ai dédommagé mon ex-femme autant que j'ai pu. Et puis, je me suis concentré sur le commerce que j'allais ouvrir et j'ai pris conseil à droite et à gauche. Il restait mon penchant plus que risqué sur les jeunes corps masculins et là, j'ai revu ma copie. Rien, plus rien et ceci pour un bout de temps. Bien sûr, dans ce renoncement, il y avait une fidélité au corps d'Erik mais pas seulement. Je ne sais pas ce que ma fille avait compris mais à mon avis, elle en savait un peu trop. Je ne voulais pas en rajouter, déjà que Kristin avait morflé...

Donc, voilà, je laissais apparaître le nouveau Clive, celui qui comprenait qu'avoir abandonné ses rêves d’adolescent avait été catastrophique. Ce n'était pas la fac pas terrible qui était en cause mais cette formation de technicien que j'avais laissé en plan pour me transformer en agent d'assurances, autant dire en bonimenteur de foire. Cette fois, je ne renoncerais pas aux chanteurs, aux musiciens et, de façon plus générale, au monde des arts sous couvert que je manquais d'argent.

J’ai donc acheté un local, fait faire les travaux, fait moi-même trois mille choses et engagé du monde : un cuistot, des employés de cuisine, des serveurs, un barman…C'était bien placé, dans une rue passante de Newark et mes vieux ont sauté de joie. Ah ben tiens, j'avais donc de quoi faire naître tout ça ! De l'argent et de l'énergie. Ils ne me pardonnaient pas mon divorce (après avoir difficilement accepté mon mariage) mais ça, ça leur en bouchait un coin.

Erik, j’aurais bien voulu qu’il sache ce que j'étais en train de créer mais devant l’ampleur des dégâts, je n’ai pas insisté. A force de me vider la tête en faisant du sport et de me stimuler les méninges en créant un café-restaurant attractif, je me reconstruisais c'est certain, sauf que lui, le beau danseur, je continuais de l'aimer passionnément. Seulement, ça ne me conduisait nulle part. Je ne cherchais même pas à savoir ce qu'il faisait, ni même Barney. Comme quoi, c'était lent.

Par contre, j'ai eu une bonne idée. La copie de la photo, je l’ai envoyée à l’amicale des anciens élèves de mon lycée, histoire de retrouver Kirsten Brewning, la jeune fille qui m’avait fait découvrir le Lac des cygnes…J'ai eu l'intuition que seule une personne comme elle pourrait m'apaiser et ceci même si je lui en disais fort peu. Adolescente, elle avait une formidable capacité d'attention et m'avait témoigné beaucoup d'empathie ; enfin, euphémisme. Elle avait été amoureuse de moi quand je n'étais pas encore tordu, que j'étais plein d'espoir et de naïveté et que je ne mentais pas. J'ai vraiment espéré que cette photo la rejoigne et incroyable mais vrai, ça a été le cas. Kirsten m’a répondu. Pas tout de suite mais quand même. Elle s’était mariée toute jeune avec un mec qui l’avait emmenée au Texas et ils avaient passé dix-huit ans à Houston. Elle était fraîchement divorcée et elle-aussi était revenue à Newark. Elle y avait ouvert une petite librairie qui tournait correctement. Elle avait eu deux enfants qui faisaient des études dans de petites universités voisines. Elle restait en bons termes avec son ex-mari. Cette photo ancienne, elle l’adorait car elle la renvoyait à une époque différente de sa vie, une époque où elle était jeune et pleine d’allant. J'avais son adresse, son numéro de téléphone et une photo récente. On la retrouvait bien : elle était restée bienveillante. De son visage, qui n'était pas vraiment beau, se dégageaient bonté et bon sens. Je savais que je la reverrais. Dans sa lettre, comme si elle avait compris que cet homme était resté dans ma mémoire, elle m'a donné les coordonnées de Beardsley Il était resté dans les parages. Je l'ai contacté lui-aussi mais sa grande sœur m'a répondu. Il avait contracté je ne sais quelle maladie orpheline et le pauvre, il était « aux bons soins » de sa frangine. Estimant que lui, il devait avoir désormais aux alentours de soixante-dix ans, je me demandais quel âge elle pouvait avoir, sa garde-malade. Et, en fin de compte, je n’ai osé les déranger ni l’un ni l’autre.

Mon café a ouvert et je l'ai très intelligemment appelé Newark Follies. J'aurais pu chercher davantage mais ça m'a semblé bien coller à ce que je voulais. Dès le départ, j’avais bien compris ce qu’il fallait faire pour que ça roule. Il parait que la clé de réussite, pour une entreprise qui tient la route, c’est le concept de départ. Je souscris assez à cette idée parce que si on se trompe d'emblée, c'est difficile par la suite. L’idée, c’était de commencer par une base fixe : des gens au standing moyen qui avaient envie d’un cadre agréable où ils pourraient faire ce qu’ils faisaient toujours : écouter de la bonne musique tout en descendant des bières. Et puis, lentement et sûrement, il fallait les amener à écouter un groupe ou une chanteuse qu’ils auraient au départ rejeté en bloc ou encore à aller regarder dans la salle les dessins ou les peintures d’un jeune créateur ou d’une jeune créatrice dont ils se disaient qu’en fin de compte, ils avaient des choses à leur dire. Si on ajoutait à cela, qu’ils finissaient, à force de suggestions adroites, par manger une cuisine qui ne leur était pas familière et par lâcher leurs bières habituelles pour un cocktail de mon inspiration ou un verre de vin français, le virage s’accentuait.

 

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16 octobre 2024

Clive le Vengeur. Partie 3. Barney, son talent et sa maladie évoqués par Kirsten.

Ce qui plaisait à Kirsten, c’était que l’idée qu’elle se faisait de moi n’était pas remise en cause par mon attitude présente. Je ne me sentais pas « plus libre » car délivré d’un mariage et je n’en profitais pas pour avoir toutes sortes d’aventures et afficher une « sexualité débridée ». Non, j’étais moi-même, selon ses dires. Dieu était à l’œuvre. Pourtant, moi, je ne voyais pas les choses comme ça. Vu ce que m’avait fait subir mes parents, je ne risquais pas de la mettre au centre de mon existence, la très sainte Trinité. Qu’ils vivent leur vie sans moi, le Père, le Fils et l’Esprit-Saint…Non de non !

Bon, elle restait confiante et elle est restée. Pourtant, il y a eu des signes avant-coureurs d’un changement. Ils sont arrivés plus vite que prévu…Un jour, je l’ai trouvé arrangeant sa vitrine. Elle n’y disposait que des ouvrages sur l’opéra et m’a expliqué qu’il y aurait bientôt une table ronde sur ce sujet. Au Metropolitan, était programmé une Tosca à priori somptueuse et elle avait trouvé pour venir parler ce cette œuvre de Puccini un bon interlocuteur.

En me penchant sur les livres qu’elle mettait en valeur sur différents présentoirs, mon regard a été accroché par un nom : celui de Julian Barney. J’ai demandé à voir l’ouvrage en question. Il l’avait bel et bien écrit. Il s’agissait d’une présentation d’œuvres différentes qui, au fil des années, avaient permis à l’opéra de New York de conserver sa réputation mondiale. « L’auteur » avait fait commencer son investigation à la fin de la seconde guerre mondiale pour l’arrêter à l’époque actuelle et il avait dû être à la fois sélectif et exhaustif, ne mettant en avant que les mises en scène et les interprétations les plus magnifiques.

Je me suis assis et j’ai feuilleté ce livre comme on le ferait d’un album précieux, m’arrêtant pour profiter de la très riche iconographie présente tout autant que de certains passages qui m’ont semblé très bien écrits. Mon cœur s’est mis à battre très violemment et quand j’ai regardé sur la quatrième de couverture la photo de l’auteur, j’ai pâli. Il était tel quand lui-même, Barney mais aminci et marqué, je l’ai immédiatement compris, par des épreuves qui lui avaient demandé beaucoup d’énergie.

-Tu as entendu parler de lui ?

-Euh, non.

-On ne le dirait pas. Tu as l’air tout chose.

Pourquoi lui mentir ?

-Si, je sais qui c’est.

Elle n’était pas vindicative, Kirsten, juste curieuse.

-Ah bon ?

-Oui, dans le temps, il a fait les décors d’une Traviata et j’y suis allé.

-Sa dernière version, il y presque trois ans maintenant ?

-C’est ça.

-Mais quel cachottier ! Tu ne m’as rien dit. Tu vois, l’opéra t’intéresse.

-Là, ça m’avait plu.

Elle a voulu m’offrir le livre et j’ai dit non un peu trop vite. Il y avait quelque chose, là…J’ai essayé de la divertir.

-Tu le fais venir ici ?

-Mais non, voyons, c’est une vraie référence ! Un décorateur de sa stature dans une petite librairie comme ça…C’est peu envisageable. Quelqu’un vient, qui travaille pour lui, enfin depuis qu’il a pu reprendre son travail.

-Comment ça ?

-Oui, il a eu un cancer. Pendant un an, ça a été très délicat pour lui, à ce que je sais. Ensuite, il a eu une longue convalescence. Mais il a une âme d’artiste. Il a en fait donné toutes les indications possibles à la costumière qui a travaillé sur cette version de Tosca, sachant qu’en fin de compte, elle présente son travail. Moi, je reçois cette dame, qui, après mille et une demandes polies, a fini par accepter. Elle n’a pas l’aura du maître mais tu comprends combien cela sera magique…

-Et lui, il a recommencé à travailler.

-Au Met, tu veux dire. Oui, depuis quelques mois. Un homme d’une telle valeur !

16 octobre 2024

Clive le Vengeur. Partie 3. Clive et son plan secret.

 

J’ai senti assez rapidement, que ma période solitaire pouvait prendre fin. En bon opportuniste, je me suis petit à petit rapproché de Kathleen, la serveuse et elle a compris ce qui devait l’être. Bon, ce n’est pas le grand amour de mon côté mais je dois dire qu’elle est sensée, travailleuse et qu’elle a toujours bon moral. Je l’ai donc prise comme elle était, en faisant évidemment de prudentes omissions sur ma bisexualité. Portant, si être avec une personne de sexe féminin me donne un sentiment de sécurité rien ne me galvanise plus que de plaire à un homme jeune. Mais bon, elle était autrement plus fermée que Kristin sur le sujet…

J’ai préservé mon territoire en ne cédant pas à son immédiate envie de « se mettre avec moi » et on a gardé nos deux logements tout en passant beaucoup de temps ensemble. Elle argumentait bien sûr : pourquoi fallait-il qu’elle paie un loyer alors qu’on s’en sortirait bien mieux à deux ? Nan, c’était trop tôt.

Forte d’elle, j’ai compris que Kirsten était contente. Voilà, j’écoutais ses bons conseils. Les voix de la Sagesse…Elle ignorait que j’élaborais un plan avec la même patience et la même perfidie qu’une araignée sa toile. Les beaux costumes de Barney, c’était le point de départ. Après tout, j’allais vite en besogne en affirmant que, non, je ne le reverrais jamais. Je devais faire preuve de plus de mansuétude. Dixit ma chère libraire…J’ai donc écrit au Metropolitan, sachant que ma lettre lui parviendrait. Je n’avais pas le choix n’ayant toujours pas son adresse ni son téléphone fixe. Il y a belle lurette qu’il avait changé de portable…

J’avais méjugé l’homme intime, je m’étais servi de lui comme lui de moi. Mais là, je parlais à l’homme public, au créateur…J’avais pu juger par moi-même de la valeur de son travail sans en retenir la teneur profonde, parce qu’à l’opéra j’étais en service commandé et que j’avais une dent contre lui. Mon erreur m’apparaissait désormais flagrante. Ce livre de lui, que je venais de lire et cette modeste présentation de son travail dans une librairie de Newark faisaient de moi un observateur différent. J’étais admiratif et respectueux. Je lui demandais donc de ne pas garder de moi des souvenirs vils mais de comprendre que, le temps pensant bien des blessures, j’étais désormais à même de l’admirer. Je ne manquerais pas, d’ailleurs, de lire les autres ouvrages qu’il avait écrits sur l’opéra et la musique et, dès que possible, je verrais à l’opéra de New York, comment ils vêtaient les chanteurs du nouvel opéra pour lequel il travaillerait et dans quels décors il les ferait évoluer…

Ce n’était pas une lettre mensongère, loin de là mais elle n’était pas sans calcul. Il a mis un mois pour me répondre et entre temps, j’ai fait des lectures. Il utilisait toujours des enveloppes blanches doublées de rouge et sans doute un de ces gros stylos phalliques qui lui faisait une écriture penchée.

16 octobre 2024

Clive le Vengeur. Partie 3. Clive et Kirsten. Dire Erik et le piège.

 

Elle m’a jeté un long regard avisé.

-Mais il m’a demandé d’abord de ne pas tomber amoureux de lui et j'ai dit qu'il n'en était pas question. Seulement, il m'est arrivé le contraire. Je le lui ai dit plus ou moins et de toute façon, il s'en est rendu compte. Il ne voulait pas.

-Il ne savait pas où il en était. Trop de sollicitations…

-Je crois…oui…

-Tu as revu Barney ?

-Jamais.

-Tu aimerais le revoir ?

-Non.

-Et lui, le jeune danseur ?

-Oui mais c’est juste comme ça, dans mes rêves.

-Parce qu’il te mépriserait ?

Je n’ai pas répondu parce que brutalement, je me suis mis à pleurer. C’était discret d’abord mais rapidement, j’ai sangloté. Tout me revenait de ces jeux cruels.

Elle m’a regardé avec une vraie compassion et m’a laissé me délivrer de tout ce poids que je portais.

-Oh, Clive ! Tu n’as pas été puni ? Vraiment pas ? Tu as dû en passer des nuits bizarres à éviter de penser et tu t’astreins à rester seul…

-Toi-aussi, tu l’es !

-Mais ce n’est pas la même chose ! Tu es suffisamment intelligent pour l’avoir compris…

Puis, elle m’a fait signe de la suivre et nous sommes assis devant son ordinateur :

La page publique d’Erik le présentait brièvement. Les photos étaient très belles et soigneusement choisies pour être montrées à tous. Il y était juste mentionné qu’il travaillait pour le Ballet de Hambourg. Il y avait quelques commentaires en danois et en allemand, comme s’il en avait fini avec la langue anglaise, et pour le reste, fort peu de détails.

Elle a ensuite tapé son nom en le faisant suivre du mot « danseur » et je l’ai vu apparaître sur différentes scènes et dans différents ballets, toujours magnifique et toujours lumineux…

-Il se promène depuis deux ans, regarde les dates…

-Oui

-Tu n’as jamais regardé ce qui était dit de lui sur internet ?

-Ça m’est arrivé mais je…

-Tu as le sentiment qu’on parle de quelqu’un de complètement différent…En fait, non, c’est le même. Il aimante le public, ça se voit sur les images. A tête reposée, tu les regarderas ainsi que les vidéos…Il y a même quelques interviews de lui, j’ai vu ça rapidement.

-Pourquoi je devrais les regarder ?

-Pour te dire que c’est fini, que tu as vécu avec lui quelque chose de malencontreux mais que plus jamais tu ne penses à lui en termes malsains, pour comprendre à quel point tu l’admires et le respectes.

-Tout ceci pour ?

-Guérir de Clive le Vengeur…

-Je ne peux pas l’abandonner, celui-là…

-Et pourquoi ?

-Je perds le désir…Erik, c’était le désir…Je me sentais sans cesse affamé…

-Désirer? Clive, tu n’as rien à t’interdire en ce domaine. Enfin, tu peux faire une rencontre. Je parle d'une femme, bien sûr.

-Non, je veux tout sublimer ! Non, non. Laisse-moi être toujours au fond de moi ce Clive fou de désir et d’amour pour que j’arrive à me dire un jour que…

-Que?

-Je le venge, lui!

-Là, tu es dans tes rêves ! Peut-être te faut-il les quitter…

-Clive le Rêveur, ça ne va pas non plus ? Tu sais, je lui demande pardon, je lui demande pardon…Et encore et encore…

Cette fois, elle m’a souri avec une bienveillance renouvelée. Elle ne comprenait pas grand chose à cette passion que j'avais eue  mais elle était si à l'écoute que, si j’avais cru à un moment de notre conversation qu’il serait  difficile de rester en relation avec elle tant elle était à côté de la plaque, je devais m'avouer qu’il n’en serait rien…

Malheureusement pour elle, tout le monde n’a pas la même définition de ses besoins fondamentaux et pour ce qui est de la morale, il y a des clans, des chapelles. Disons qu’elle, c’était le genre à se dire : « Bah, la page est tournée. Certainement, je n’aurais pas voulu que mon couple s’essouffle et vole en éclats comme ça mais nos enfants nous restent attachés et chacun de nous est en bonne santé. Restons positive d’autant que le Seigneur est avec moi et me guide ! ».

C’était quoi, ça, le psaume 22 ! Ah oui ! Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien…

Mes vieux connaissaient ça par cœur… C’est une façon d’être que je respecte mais moi, je suis bien différent d’elle…

 

 

15 novembre 2024

Battles. Partie 1. Paul en prison. Battles malmené.

 

 

6. Affaiblissement et compromission. Paul en prison.

Paul est enfermé à la prison Etoile où il est rééduqué par l'instructeur Winger. Traitements médicaux, maltraitance et interrogatoires serrés font partie du programme. Malgré sa vaillance, celui qui fut Battles commence à s'affaiblir.

Tout de même, il y avait cet amour partagé, ce mariage, ces deux enfants et ces retrouvailles malgré les difficultés. Lisbeth...Il restait à Paul à s'accrocher à ces moments de lucidité où il se reprenait mais ils duraient peu. Il y eut des jours où il s'effondra au travail et où le remit en cellule. D'autres où il devint fou furieux d'être ainsi enfermé et où on dut l'attacher. Alors qu'il supportait bien Koba, il se mit à le haïr. Comment supporter une compagnie uniquement masculine ? Un soir, Paul se tapa la tête contre les murs à s'en blesser...Markus Winger arriva très rapidement et à deux, ils réussirent à faire asseoir Paul et à le menotter.

-Qu'est-ce que tu as ? Tu es hagard !

-Je suis enfermé avec lui. Je ne veux pas !

-C'est réglementaire.

-Il me suit partout.

-C'est une simple routine. Ne panique pas : ce gardien est comme ça, il est insistant. En même temps, c'est un très bon élément.

Paul rageait et pleurait.

-Instructeur, je vous en prie...

-Bon il va partir. Voilà, il part ! Regarde-moi ça ! Tu as le visage en sang. Tu as de la chance de m'avoir pour instructeur. J'ai apporté de quoi te soigner...

En effet, il désinfecta ses plaies et mit un pansement sur certaines d'entre elles. Quand il eut fini, il jeta dans une corbeille la gaze et le coton souillés dont il s'était servi. Il avait, pour opérer, placé son visage tout près de celui de Paul et de temps à autres, il plongeait ses yeux bleu dur dans les siens. C'était bien là l'essence du mal, l'intention nichée dans ces regards... Je suis persuasif et violent, tu n'as plus de libre arbitre, tu dépends de mon bon vouloir et comme je suis un être cruel...

-On va parler...

Il lui désignait un siège dans sa cellule. Comme Paul s'asseyait, le gardien revint, remit de l'ordre et tendit un verre d'eau et un médicament à l'instructeur.

-Bois.

-Non !

-Comment ça, non ? Tu n'as pas toute ta tête, là. Prends ce calmant, c'est un ordre.

Paul secoua la tête négativement.

-Intraveineuse. Je téléphone ? Comme ça tu repartiras avec Koba et d'autres. La dernière fois, ça ne t'a pas plu, l'infirmerie, l'hôpital...

-N'en faites rien...Instructeur...

-Parfait. Bois.

Paul céda et resta un moment silencieux et prostré. L'instructeur allait et venait dans sa cellule, vérifiant que tout y était réglementaire. Quand il fut satisfait, il prit une chaise qu'il plaça en face de celle de Paul et s'assit très près de lui. Leurs genoux se touchaient.

-On dirait que ça va mieux…C'est la fin de la phase 2. C'est normal ce qui arrive.

-Qu'est-ce qui arrive ?

-Il y a encore des moments où tu ne peux admettre que c’est nous qui avons le dessus, mais plus ça va, plus tu comprends que tu te trompes. Le pouvoir, c'est nous qui l'avons, pas toi...

Paul frémit et Winger se pencha pour lui parler à l'oreille avec méthode et douceur. Il était très beau et Paul, bien qu'il eût l'esprit embrouillé, en avait conscience. Il avait cet harmonieux visage près du sien, cette belle ligne de sourcils et cette voix...

-En termes imagés, tu te fais mettre continuellement car tel est notre bon vouloir, le mien surtout... C’est difficile et douloureux...Il faut que tu lâches tout ce à quoi tu t'es accroché, cette parodie d'héroïsme. Tu n'es plus cette personne, Paul et si tu l'es encore parfois, c’est pour peu de temps. Tu es vaincu...Tu sais, ça ?

Et sûr de son effet, il poursuivit en effleurant de ses lèvres la joue de Paul :

-Tu comprends ?

Le prisonnier releva sauvagement la tête et cria de nouveau à plusieurs reprises.

-Chut, voyons...

Il voulut se lever mais l'instructeur le retint par le bras et le surprit en l'embrassant sur les lèvres sans insister. Il avait une haleine légèrement mentholée. Une cigarette qu'il avait fumée, peut-être...Paul aurait dû être choqué mais curieusement, ce baiser fit tomber sa colère. Après lui avoir souri brièvement, Winger se leva et l'invita à faire de même.

-Tu vas continuer avec Koba. Il n'y aura plus de fouille au corps et la nuit, tu dormiras seul, entravé certes mais non plus filmé. Ton gardien aura ordre de me prévenir en cas de problème. Et de toute façon, je serai là chaque soir.

-Instructeur...

-N'est-ce pas un honneur ?

Paul acquiesça sans y croire mais dès le lendemain, Winger entra dans sa cellule juste avant l’extinction des feux. Souriant, il regarda Paul retirer ses vêtements et se doucher avant de revêtir le pyjama réglementaire. Quelquefois, tout se passait très vite mais à d'autres moments, Winger lui disait de rester nu et l'observait. Lentement, il tournait plusieurs fois autour de lui en se raclant la gorge et Paul était brusquement sensible à son odeur. Qu'est-ce c'était ? Menthe et vétiver, des fragrances masculines subtilement mariées...Au bout d'un moment, il lui disait de s'habiller et partait.

-Parfait, détenu, tu sais me complaire.

Et Paul devait bien s'avouer qu'il avait raison. Les entretiens se poursuivaient et tendaient tous vers le même but : faire reconnaître à ce prisonnier anonyme l'imposture de sa vie passée. Il avait un journaliste à la mode, un fin lettré, un mondain et un homme à femmes mais tout cela était vain. Son mariage surtout, que l'instructeur présentait comme un long mensonge. Même son rapport à la paternité était douteux. Il s'était débarrassé de ses enfants, lui-même ayant été un fils étrange.

 

 

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8 décembre 2020

LUCAS ET KIRYLL. S'enfuir grâce à un jeune homme et un chien magique ?

ET DU BONHEUR

3. Stefano. Parce que très jeunes et déjà marqués par la maladie, Lucas et Nicolas veulent s'enfuir de l'hôpital savoyard où ils sont censés guérir. Nicolas, surtout, veut partir car suivre Stefano c'est obéir à Lucky, le chien magique de son enfance, et chercher Honey, celui qui vous veut du bien...

Il était étonnamment facile de s'échapper de cet hôpital, les deux enfants en firent l'expérience. Ayant des chambres proches, ils se vêtirent dans le noir puis filèrent dans des couloirs où nul ne semblait pressé de les surprendre. Ils dévalèrent quatre à quatre les marches de l'escalier de service et passèrent par une arrière-cour qui longeaient les cuisines du centre médical. Là encore, tout alla bien. Il y avait pourtant du monde qui travaillait, se déplaçait et s'interpellait à l'intérieur mais ils purent gagner sans encombre le chemin qui conduisait au village et repérer le café. Le soir, puisque c'était l'été, il ne devait pas désemplir mais à cette heure matinale, il était fermé. Quant aux petites rues du village, elles étaient désertes. Seul un chien noir et blanc solitaire s'arrêta pour voir passer les enfants. Il avait l'air à la fois débonnaire et avisé. Face à son air appréciateur, Lucas songea à son chien Lucky qui, dans la maison de la Ferté Bernard, devait monter la garde et penser à lui...

Tout allait si bien que Nicolas ne put que s'en étonner :

-Il y avait toujours quelqu'un pour venir dans notre chambre, pour un oui, pour un non !

-Pas aujourd'hui !

-On le dirait bien ! C'est comme si on était transparents...

-On n'a pas fait de bruit et on a fait vite, voilà tout.

C'était en fait bien plus étonnant et incompréhensible qu'il n'y paraissait d'avoir pu s'esquiver sans la moindre difficulté mais l'heure était à la décision. Pas le temps de s'interroger sur ce qu'il y avait de magique là-dedans. Les réponses de Lucas étaient donc laconiques.

« La Bella storia » servait midi et soir une nourriture italienne robuste et toutes sortes d'alcool. C'était un établissement sans prétention décoré à l'intérieur comme à l'extérieur de couleurs pimpantes. Sur le rideau métallique baissé étaient peints des soleils et des lunes, des papillons extravagants par leur taille et des hommes rieurs qui levaient leur verre. Le trait était naïf, maladroit parfois mais cette scène truculente emportait malgré tout l'adhésion et donnait envie de rire. A l'évidence, aux heures d'ouverture ne devait pas désemplir.

Dans l'arrière cour, ils découvrirent en Stefano, un jeune homme de vingt-ans au visage angélique et à l'esprit rapide. Vêtu d'un pantalon et d'un sweater à capuche, beige, il avait les cheveux en bataille et l’œil vert. Son sourire avait quelque chose d'irrésistible. Sans avoir le temps de réfléchir, les deux petits fuyards lui obéirent. Ils s'installèrent à l'arrière d'une voiture noire qui partait vers l'Italie. Nicolas, que la marche avait fatigué, s'en étonna. Il s'était décidé au dernier moment et n'avait aucune idée de ce qui allait se passer. A sa grande surprise, il allait découvrir que Lucas en savait lui aussi très peu..

-On va retrouver tes parents ?

-Pas du tout. Ils nous remettraient tout de suite ici !

-Comment ça ? Ce sont eux pas eux qui organisent cette évasion ?

-Non.

-Alors qui ?

 

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-Mon chien Lucky.

-Non, arrête !

-Derrière Lucky, il y a Stefano et encore derrière lui, Honey.

-C'est qui ?

-Je ne sais pas encore.

-Quoi ! Mais tu es complètement timbré, toi ! Tu m'as dit qu'on allait en lieux sûrs !

-On y va !

-Et lui, le jeune type, tu le connaissais ?

-Non, mais aie confiance.

-Qui c'est Honey ? Tu ne le sais pas, hein ?

-Non.

Nicolas avait beau parler ainsi, il avait beaucoup d'appréhension mais passé l'amère pilule de la désillusion, restait la confiance. Il en manquait d'habitude face aux autres mais là, il jouait son va tout. S'il marquait le pas, il ne vivrait pas car il se conformerait aux dire des médecins. S'il se lançait dans cette folle aventure, il y avait quelque chance d'échapper au carcan de la maladie et à une mort imminente. Alors, tournant le dos à l'attitude résignée que lui faisaient adopter ses parents face à l'inéluctable, il emplissait ses poumons d'air et faisait face.

-Tu sais, c'est bizarre mais j'aime bien quand c'est comme ça. Je n'ai pas peur.

-Alors, c'est formidable.

 

8 décembre 2020

LUCAS ET KIRYLL. Sortir ou non de la maladie ?

PAPIER MOUILLE 1

Dans un hôpital pour enfants malades, Lucas et Nicolas discutent. Poursuivi par Ah Thor, l'esprit du Mal, Lucas est persuadé qu'il peut s'en sortir. Mais pas Nicolas...

Intrigué, Lucas finit par poser des questions. A Nicolas, un garçonnet maigre aux petites lunettes rondes, il demanda :

-Tu n'aimes pas les maths ?

-Si mais à quoi bon étudier ?

-Plus tard, tu seras content d'avoir fait une bonne scolarité !

- « Une bonne scolarité », « plus tard » ! De quelle planète sors-tu ?

A l'évidence, le jeune malade était agacé.

-Je viens de la même que toi, il me semble. Moi-aussi je suis malade mais j'étudie !

-Peut-être que toi tu ne mourras pas bientôt ! Moi, c'est mon cas.

-Qui a dit ça ?

-Les médecins, au bout d'un moment, tu comprends ce qu'ils ne veulent pas te dire, d'accord ?

-Mais peut-être...Enfin, mon cas était différent.

-Tu n'es pas condamné ?

-Je vais vivre mais je ne sais pas comment.

-Mais ça veut dire quoi, ça ?

-J'ai commencé à être malade quand j'avais quatre ans et personne n'a jamais trouvé ni ce que j'avais ni comment me redonner la santé.

-Alors pourquoi on t'a mis là ?

-Parce qu'ils finiront par trouver...

-Ah oui ? Écoute : regarde bien ceux qui viennent en classe. La plupart ont des cancers. L'idée est qu'on trouve comment s'en débarrasser. C'est bien, hein ? Seulement, moi qui suis là depuis un an, je peux te dire que ça non fonctionne pas. Si un malade arrête de venir en cours, crois-moi, ce n'est pas parce que, guéri, il est rentré chez lui ! La famille a reçu un coup de fil et bon, ils ont récupéré le corps...

-Vraiment ?

-Vraiment.

Lucas était bien moins horrifié qu'il l'aurait dû. Son calme et sa curiosité impressionnaient Nicolas.

-Mais ici, c'est immense ! Personne ne sort vivant ?

-Tu me fais rire. Si, bien sûr. Il y a différentes ailes. Certains viennent se remettre d'un accident de voiture. D'autres viennent faire des stages car ils ont une maladie chronique. D'autres encore sont là pour subir une opération. Ceux-là, qu'ils soient en très bon état ou non, ils retournent chez eux.

-Et les enfants, eux, ne rentrent pas alors ?

-Je ne veux pas t'inquiéter mais moi, tu sais, j'observe...Eh bien, je peux te dire qu'on est pas dans la bonne partie de l'hôpital. On t'a mis là car on ne sait plus trop quoi faire. Personne ne dit cela, bien sûr mais c'est très clair.

 

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-Où étais-tu avant ?

-Dans un autre hôpital et encore avant dans un autre. J'ai atterri là...

-Et les autres ?

-En gros, nos histoires se ressemblent beaucoup. On a cru pouvoir les soigner à la maison et puis non. On nous a trimballés et on a atterri ici. Dernier arrêt, tout le monde descend. On dit aux parents de garder espoir mais tu sais...

Justement non, Lucas ne savait pas.

Son histoire était différente. Rien ne lui semblait inéluctable. La difficulté venait de l'impossibilité qu'il avait de parler pour étayer ses certitudes. Peut-être que pour Nicolas et les autres la mort était inéluctable car la maladie identifiée. La médecine avouait ses limites et les enfants étaient là pour être accompagnés jusqu'à leur dernière demeure, quelle qu'elle soit. Mais pour lui, il n'en allait pas de même.

Le trouvant trop silencieux, Nicolas réagit.

-Tu sais ce que diraient les adultes s'ils m'entendaient ?

-Quels adultes ? Les soignants ?

-Non, je pense aux parents, à la famille.

-Que diraient-ils ?

-Que je parle au-dessus de mon âge ! Mais c'est ainsi qu'on s'exprime, nous, les petits prisonniers de cette aile du bâtiment. On ne souffre pas trop physiquement car on est bourré de médicaments. Et puis, comme tu as dû le remarquer, les infirmières sont vraiment gentilles et les profs aussi. Quand tu as un coup de blues, ils sont là...Mais quand même ! Ça complique la vie avec tes parents, tes frères et sœurs. Ils essaient quand même de venir te voir, même si c'est loin et ils prennent un air content. Au fond d'eux, ils savent qu'un de ces jours, on leur dira que ces visites-là, c'est fini. Ils souffrent pour toi et toi pour eux. Comme ce qui t'arrive, c'est dérangeant, tu te retrouves presque à les consoler ! Étrange, non ? D'autant que quand tout est fini, eux, ils sont inconsolables. 

 

 

25 octobre 2020

LUCAS ET KYRILL. Le Japon, un horizon lointain...

CARTIER JAPON

12. En voyage à Tokyo.

Le voyage fut long mais agréable. L'enfant était tout sourire et quand elle dormait, ils la regardaient tous deux avec amour. Homme du monde, l'oncle vint les chercher à l'aéroport Haneda dans une voiture avec chauffeur. Plusieurs jours étaient prévus à Tokyo afin que le jeune couple puisse se promener et une jeune femme s'occuperait du bébé qui, d'emblée, lui tira force compliments et louanges. Il est vrai qu'âgée d'un an et demi, Kohana était irrésistible...

Au long des quarante Kilomètres qui séparait l'aéroport du quartier chic de Hiroo, Louis eut tout loisir d'observer cet homme soigné, à l'impeccable costume gris et aux cheveux poivre et sel coupés court. Il avait avec Satsuko et ses parents une ressemblance assez forte tant physique que psychologique mais, plus incisif et calculateur, il avait bien cette stature de chef qui faisait de lui le héros de la famille. A côté de lui, les parents de la jeune femme, pourtant avisés, étaient des commerçants à la petite semaine. Par delà ces lieux communs, Louis sentit que derrière le financier et l'homme d'affaires de haut vol, se cachait un être plus complexe aux fortes exigences spirituelles. Il serait difficile de voir paraître cet autre visage mais c'est bien à celui-ci qu'il devrait s'accrocher...

Pour l'heure, ils roulaient le quartier des ambassades et l'oncle fit aimablement remarquer à ce jeune Français déjà si intéressé par le Japon que la France avait sa représentation dans cette zone. Plus loin, existait aussi un centre culturel dont la mission était de présenter à Tokyo le rayonnement français sous forme de conférences, d'expositions mais aussi de rencontres avec des cinéastes ou des écrivains.

 

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Tandis que Satsuko babillait avec sa petite fille, Louis écoutait l'oncle avec déférence tout en admirant la beauté du quartier dans lequel il les conduisait. En effet, celui-ci disposait de belles routes et de jardins privés permettant aux privilégiés qui pouvaient y résider d'y mener une vie des plus protégées. Contrairement aux zones moins huppées de Tokyo, il n'y avait ici ni gratte-ciels ni centres commerciaux aux affiches agressives. Tout y était feutré et élégant et l'immeuble dans lequel il les fit pénétrer ne déparait pas l'ensemble tout enveloppé qu'il était dans un bel écrin de verdure. Au Japon,c'était le printemps et l'invitation de l'oncle ne tombait pas au hasard. Comment ne pas vouloir offrir à cette toute petite fille et à ses parents le spectacle des arbres fruitiers en fleurs et celui de multiples fleurs épanouies ? C'était là un cadeau sans prix !

Louis fut stupéfait que dans ce bel appartement mêlant modernité et traditions, tout fut si huilé. L'oncle avait une domesticité discrète et stylée qui rendait la vie facile. Durant les quelques jours qu'ils passèrent là, il n'y eut aucune anicroche.

 

8 février 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. ACCUEILLANTE. Cannes.

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Anna, fille d'officier, cherche à échapper à son éducation guindée. Pourrait-elle devenir actrice

Un jour, c’est la fin du Festival à Cannes et Naomi Hustler est là, dans la chambre d’un hôtel dont la presse parle souvent et dont Anna se dit en riant qu’elle est chanceuse de pouvoir contempler et non seulement, puisqu’elle la remet en ordre, ce qui lui donne sur elle une sorte de pouvoir. Cette fois, une anglaise d’un âge certain la regarde comme il arrive parfois quand elle doit mettre de l’ordre dans une chambre dont l’occupant ne souhaite pas sortir. Ronde, grande, hiératique, la femme impressionne car son regard est fixe et sagace et sa voix étrangement éraillée. En remettant le lit en ordre, Anna se demande qui est cette femme ; en cette période, seuls les gens de cinéma fréquentent les lieux encore que les journalistes soient aussi présents et que la liste des occupants n’est pas si rigide. Mais au moment où la jeune fille souhaite le plus fort que la femme imposante qui l’observe appartienne au monde du septième art, celle-ci se met à parler. Elle est décoratrice depuis fort longtemps et cette fois a travaillé pour un réalisateur dont le film vient d’être primé. Anna, interdite, interroge. Elle connaît et le metteur en scène et le film. C’est vrai, elle ne chante plus comme passé un temps, elle regarde des films. Elle y va le lundi ou le matin quand elle peut car c’est  moins cher et sinon, elle regarde dans la chambre où elle vit avec une énième colocataire, toutes sortes de DVD. Alors, cette anglaise !

 Elle émet encore un vœu : celui que cette inconnue fasse à Cannes un séjour qui aille au-delà de la durée du Festival et comme si tous ses souhaits se réalisaient, elle apprend de la bouche de cette étrangère qu’en effet, son séjour est prolongé de quinze jours.

Au fond, le temps peut sembler compter et s’étirer à loisir car en peu de temps, Anna apprend bien des choses ; notamment qu’un décor, même discret peut créer un fort univers intérieur et que le travail des comédiens s’y trouve stimulé car les conditions sont meilleures pour exprimer ce qui, de vous ou du rôle doit sortir, l’idéal étant que les deux se mélangent.

Le travail de l’acteur ? Le décor ? Le jeu et la personne ? Mais que dit-elle ?

Anna estime être là pour accomplir un travail simple mais l’anglaise, quant à elle, dit qu’elle l’a observée. Non, elle n’est pas une femme de ménage « ordinaire » ; elle est une actrice née. Il suffit de la regarder, de l’observer, pour le savoir. Rien que cette robe noire moulante, qu’elle doit porter, ce petit tablier, ces collants marron clair et ses chaussures plates ! Avec cela, elle fait « exister » quelqu’un. Anna sourcille. Que ferait ce « quelqu’un » ? L’anglaise rétorque qu’une chambrière met en place un lieu précis. Et cela, Anna sait le faire.

Troublée, la jeune fille se laisse convaincre, et, consciente de jouer un rôle va et vient avec une nouvelle inspiration dans les couloirs du grand hôtel. Après tout, il peut y avoir une autre façon de pousser un chariot, d’entrer dans une chambre et de tout mettre en ordre et c’est de cette différence que peut naître l’exactitude d’un geste, la pureté d’un profil et elle ne sait quoi d’autre qui la rend plus belle.

 

27 décembre 2024

Battles. Partie 3. Présentation.

 

 

A Londres, Paul a d'abord connu des temps heureux ; mais être un rescapé ne va pas sans problème. Paul, en tant que symbole de la résistance dans son pays, a été soustrait à des fascistes qui l'avaient rééduqué et voulaient se servir de lui. Soigné en Suède, il est arrivé à Londres où il semble bien que le passé le ratrappe. Des clônes de cet Instructeur qui lui a fait tant de mal, tournent autour de lui, s'en prennent à Daphne, la jeune femme dont il est amoureux et à Eva, la traductrice acec laquelle il travaille et a une liaison très charnelle. Décontenancé mais encore très combattif, Paul songe à se réfugier à Bath, dans une clinique où il refera ses forces. Il sera prêt alors à affronter celui qui l'attend...

21 juin 2021

Attentive.

 

 

 

Une femme quitte une île tropicale pur la métropole où elle escompte mener une vie plus sereine. La nostalgie s'empare d'elle et elle regrette tout ce qu'elle a pu vivre dans cet autre lieu. Puis tout se décante et Julia, fait la part du bonheur et de la souffrance. Une nouvelle rencontre s'offre à elle...

Réflexion sur le retour mais aussi sur la sexualité, les aspirations des uns et

des autres, la représentation de soi-même et l'amour...

 

 

16 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES.

 

 

Phillip Hammer, l'américain aisé à qui Isée, jeune femme un peu perdue, donnait des cours de français, veut retourner en Amérique. Quelle désolation! Devinant le malaise de son jeune professeur, Phillip, qui connaît ses dons de conteuse et son imagination, lui propose de nouveaux jeux. La trouvant trop sage, il la guide vers des aventures masculines qu'elle doit ensuite lui raconter. Il essaie aussi de la faire renouer avec son ancien compagnon, ce qu'elle fait. Là aussi, elle raconte. Ce n'est pas suffisant. Le jeune amant de Phillip est un musicien versatile. Pourquoi Isée, par le biais d'un ordinateur, ne lui parlerait-elle pas, sachant qu'elle se ferait passer pour Phillip? Il y aurait là matière à créer, à inventer... Isée est tentée et bientôt cède. Où va t'elle exactement alors qu'elle s'engage sur les chemins tortueux de la dissimulation et du mensonge amoureux? 

2 août 2022

George D. Celui qui meurt...Annexe.

 

ANNEXE :

 

Georgios Kyriacos Panayiotou, connu sous le nom de scène de George Michael, est un auteur-compositeur-interprète et producteur britannique, né le 25 juin 1963 à Londres et mort le 25 décembre 2016 à Goring-on-Thames.

Né sous le signe du cancer. Astrologie chinoise : le chat.

 

Albums cités *:
-Faith (1987)
-Listen without préjudice (1990)
-Older (1996)
-       Songs for the last century (1999)
-Patience (2004)
-Twenty -Five (2006)

- Symphonica (2014)

* Discographie non exhaustive.

Album fictif :

Heaven (2016)

 

Nullement biographique, ce texte est un portrait éclaté donc très incomplet d’une célébrité en danger et de jeunes gens qui ont tenté, dans les derniers mois de sa vie, de l’assister. C’est une pure fiction…

 

22 août 2022

George D. Celui qui meurt...

 

 

Cette version est nouvelle. La teneur du texte n'a pas vraiment changé mais il n'est plus organisé de la même façon. 

Intrinsèquement lié à la disparition de George Michael en décembre 2016, George D. Celui qui meurt n’a aucune fiabilité autobiographique. Il faut le voir comme une des multiples images que la star britannique a pu renvoyer à des êtres bien plus jeunes que lui. Il s’agit donc purement et uniquement d’une rêverie sur les paradis et les enfers d’un chanteur et d’un musicien brillant et protéiforme dont la personnalité reste complexe.

Hommage à l’artiste réel tout autant qu’à l’être rêvé, George D., celui qui meurt peut être lu comme un hommage anecdotique tout autant que frontal. Il doit aussi être regardé dans le sens d'un legs. Celui qu'un artiste brillant a pu nous laisser.

France-Elle

 

27 décembre 2024

Battles. Partie 3.

 

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Troisième partie

 

Battles et les ombres

 

 

2 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES.

REVEUSE 2

 

TROISIEME PARTIE

NEW YORK ET BILLINGS

 

 

 

21 juin 2021

Attentive.

FRANCE ELLE

 SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

 

 

ATTENTIVE

 

 

Récit et imaginaire

 

  

22 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 1.

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Partie 1

Temps difficiles

 

« Lorsque vous êtes éveillé, les

Choses auxquelles vous songez

Viennent de ce que vous rêvez. »

George Michael en interview.

 

 

16 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2.

OEUVRE FEMME BLONDE

 

PARTIE 2

ISEE, PHILLIP

ET VINCENT 

 

 

 

 

14 décembre 2020

LUCAS ET KYRILL.

France Elle

 

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LUCAS ET KYRILL.

 

Récit initiatique.

 

 

19 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES.

fillette-ecole

 

PETITE.

Amélie et la puberté. 

 

 

19 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES.

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DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMERES.

 

Les seins des femmes, à des âges variés.

Toujours, ils demeurent beaux.

C'est l'objet de ces textes qui explorent des

féminités variées mais

jamais détruites.

 

4 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. MOBILE.

bdddddddddddddddddSM

 

MOBILE.

LINE ET MAITRE HUGHES.

 

3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES.

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FASTUEUSE

 

 

 

 

23 février 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. ERRANTE.

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ERRANTE.

Histoire de Sofia.

 

 

 

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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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