Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.

Publicité
4 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. MOBILE.

LINE ET NANTES

Dérive de Line, femme divorcée et esseulée.

De retour à Nantes, après quelques belles semaines en Avignon, Line cherche de nouvelles marques. Tout était familial et chaleueux là-bas, mais ici ? Dans le silence de sa maison – un logement sans apprêt, dans un quartier perdu, loin du centre de Nantes que seule la précarité autorise, elle comprend que l’adolescente longiligne aux longs cheveux blonds, a dérivé. Il est faux d’avoir pensé en un lieu pareil à une vie simple, juste illuminé par le rayonnement d’une mère et d’une jeune fille. Rien ne marche ainsi.

Il faut être seule, en des moments pareils. Hans et Mickael sont en Allemagne ; Marianne, dans le sud de la France. C’est bien.

Line range et nettoie toute la maison. Il y règne un silence bienveillant qui tranche avec l’agitation qui régnait les derniers temps dans la grande villa nantaise où Hans, devenu irascible, criait beaucoup. Bientôt, elle acquière deux chats : un noir et un gris. Tous deux déambulent longuement dans un espace soudain désert où nul ne crie et ne claque la porte. Elle leur cherche un nom, qu’elle finit par trouver : Hansel et Grëtel. Comme les deux sont des mâles, elle raccourcit en « Hansel et Gr ». Mais Gr n’est pas un nom d’animal. Elle les  amalgame alors et cela fait : Hansgr. Elle rit et laisse aller. Ils demeureront sans nom. Cela ne fait rien. Des semaines durant, ils sont avec elle, dans une solitude qu’elle ne saurait décrire mais lui convient. Toute sa vie peut durer ainsi : elle le croit.

Elle se trompe.

Publicité
4 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. MOBILE.

bdsm 1

Line cherche des amants et des expériences nouvelles. Sur un site, elle trouve "Maître Hughes"...

Un jour, elle achète des magazines et sur l’un d’eux, voit des couples ponctuels, séparés par l’âge mais rapprochés par l’addiction qu’ils ont l’un de l’autre.

Le désir lui revient, désir évanoui lors de cette longue période de souffrance et de séparation.

Elle voit mal comment attirer un homme plus jeune qu’elle, car, lors des longs mois de rupture, Hans s’est employé à la convaincre de son faible pouvoir de séduction.

Elle tente, par petites annonces, de contacter des amants potentiels trentenaires mais ces errances sur internet portent peu de fruit. Les rencontres qu’elle faits sont satisfaisantes sur le plan sexuel mais un peu « vides ». Personne n’est méchant avec elle mais personne ne lui accorde beaucoup d’attention. Les jeunes hommes sont prompts à jouir encore et encore. Ils lui sourient et lui tapotent la joue. Quand elle les quitte, tout est bien…

Un jour, elle cherche sur internet de quoi l’étonner davantage. Un site s’offre à elle : elle s’inscrit. Durant quelques semaines, elle regarde ce qui se passe, commence à prendre part à des forums, entre sur quelques salons et met au point un profil susceptible d’attirer l’attention. Si ces jeunes amants distraits lui donnaient encore l’alibi de la légèreté et du marivaudage, le site qu’elle choisit est sans détour dans ses buts. On y chasse. Les femmes et les hommes, chacun pouvant, suivant la posture choisie, être chasseur ou chassé. Line se sent peu d’inclination pour s’affirmer dominante : de fait, elle va être chassée donc dominée.

De cela, elle a peu conscience d’abord et, amusée par la nouveauté et son image agréable sur l’écran d’un salon spécialisé, elle se sent en confiance. Beaucoup de courrier lui parvient, dans sa messagerie particulière. La plupart du temps, ses correspondants sont loin et elle se contente de les remercier de leurs messages.

Mais un jour, Maître Hughes est proche : vingt kilomètres de chez elle, tout au plus. De ce qualificatif de Maître, Line commence par rire avant d’être intriguée puis troublée. Dans les échanges qu’ils ont, elle sent une autorité certaine qu’adoucissent cependant les formules de politesse de règle.

Elle est seule depuis deux mois, ces rendez-vous dans des hôtels ou des studios prêtés l’ayant lassée. Une vacuité l’habite, qu’elle n’attribue pas seulement au manque sexuel. Il faut autre chose, une rencontre  qu’elle n’a jamais faite.

La correspondance s’intensifie.

4 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. MOBILE.

rough-intense-sex

 

Line vit une expérience de soumission avec un maître nantais.

Puis un rendez-vous est proposé ou plutôt imposé. En effet, l'exigence du Maître fait qu’elle se rend en robe noire et élégante lingerie dans un grand café de Nantes où il la fait attendre avant de se présenter. Il est plus vieillissant qu’elle ne l’escomptait, mais assurément plein de prestance. Sous son regard sévère, Line se sent ployer. Elle répond du mieux qu’elle peut, esquivant des remarques acerbes et des ordres à peine dissimulés. Au sortir du café, elle accepte, après avoir longtemps gardé le buste droit, les jambes écartées et les yeux baissés devant un homme à l’étrange regard fixe, un rendez-vous dans une villa. Une petite ville voisine. Une ambiance de vacances et une maison au nom suranné : Villa Denise.

Murs brun orangé du salon principal. Meubles exotiques et statuettes africaines. Rideaux opaques aux fenêtres.

Debout et immobile, les mains dans le dos, jambes écartées ; guêpière, bas.

Seins vite dénudés, palpés, frappés, pincés.

Croupe visitée.

Line entre le rire et les larmes.

Maître Hugues, loin de l’un et l’autre ; des mois durant, des textes à apprendre et à réciter, des devoirs à faire, des encouragements et des punitions, des séances appréhendées avec crainte et dont le déroulement la laisse tout à la fois radieuse, affamée et pantelante.

L’orgasme est posé comme but ultime car le Maître se doit de l’obtenir. Elle s’emploie à le lui donner, l’excitant par ses tenues, ses paroles et ses attitudes, tantôt le branlant, tantôt le suçant, petite soumise experte souvent muette et toujours active. A sa demande, elle s’allonge ou l’enfourche, guidant s’il le faut l’entrée de son sexe long, dur et mat, d’une épaisseur qui inspire le respect, en elle. Quand elle est mise à fond, elle le lui fait sentir et il bouge…

Il jouit car il ne subsiste alors qu’une demande extrême soudain contentée et accompagnée de grands cris puis il se reprend et commande. En ces instants, il rayonne de nouveau, étrange compagnon dont elle aime le corps encore mince, les yeux de feu et la main leste. Par lui, elle est caressée et fouaillée.

Ses seins se dressent sous les coups comme sous les caresses. Leur chair rosée reste d’abord tendre avant que les exercices que le Maître impose ne les abîment. Au fil du temps, les pinces et les poids tout autant que les coups administrés avec des objets divers dont le nom la fait rapidement sursauter, les transforment. Alourdis, pendants, ils attirent l’attention de celui qui domine et sa propre répulsion. C’est à tout point de vue l’endroit de son corps qui suscite le plus son acharnement. Un temps, il les bat sans cesse, un temps, il les enferme dans un carcan dont seules les pointes ont droit de vie, un orifice les autorisant à paraître.  Plus tard, il les enferme totalement dans un étrange vêtement métallique qui les comprime.

Elle s’agenouille et le fait jouir.

 

4 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. MOBILE.

 

 

 

bondage-2281182_640

 

Un temps, Line a eu un "maître" lors d'expériences de soumission...

Quand il est apaisé, il recommence à exiger le plaisir, et elle, les mains souvent liés dans le dos, un bandeau sur les yeux, utilise lèvres, langue et fond de la gorge pour accélérer le durcissement d’un membre tendu à l’extrême et sa libération, ce liquide crémeux au goût aigre qu’elle avale sans sourciller. Alors, une main libératrice, ouvre le carcan blessant et les seins jaillissent, enlaidis mais vivants.

Grand seigneur, il laisse Line, qu’il a rebaptisée soumise Leila, savourer ses retrouvailles avec cette partie si féminine de son corps ; il faut qu’elle croie à sa mansuétude. Quand elle y a cru, il trouve un stratagème et les enferme plus encore, ces beaux seins qu’il convoite. Ils sont battus plus encore et noircis. Les toucher devient impossible car la douleur est trop forte. Il est vrai que de nouveaux exercices ont été imposés, la déformation et l’arrachement étant le but ultime.

Un jour, elle crie et tombe. Alors, il change. Line revient dans sa petite maison, Maître Hughes l’estimant bon. Il la contacte de moins en moins, ce dont elle souffre un temps.

Encore sur le site, elle parle beaucoup et ne se montre pas. Puis, elle disparaît.

Elle dort et il lui semble qu’elle n’a plus de mémoire. Quand elle s’éveille, elle change de logement et de travail, exerce maintenant dans une école où elle donne l’image d’une femme équilibrée et pondérée. Elle y rencontre un avocat dont le fils, inscrit dans cet établissement, a des problèmes de santé. Elle le renseigne en souriant. Il revient. Elle le rencontre en divers lieux.

Des mois après, elle vit avec lui.

Marianne est revenue, apaisée, et Jean-Louis, le compagnon nouveau est gentil avec elle. La vie a repris et l’en dehors de la vie reflue dans le passé.

La villa nantaise.

Maitre Hughes.

Le martyr.

 

3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES.

579728096

 

 

FASTUEUSE

 

 

 

 

Publicité
3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. FASTUEUSE.

casta

Sur la photo, ce n’est pas elle, elle le sait bien. C’est une projection, la réalisation d’un fantasme. Elle est un mannequin choisie par un grand photographe. Le lieu : la chambre d’un grand hôtel, décor fastueux même si rien n’est montré. La ville : Nice ou Cannes parce que rien n’y est anodin pour un historien et à plus forte raison un amateur d’art doublé d’un esthète. L’ambiance : un peu froide au début car le photographe est mécontent qu’un modèle adulée de lui, se soit désistée et qu’il doive se contenter d’elle, cette Sylvia Hemmes dont il ne souhaite rien savoir. Du reste, que veut- savoir d’une femme que l’on n’a pas choisie ? Une femme qui doit poser, à supposer qu’elle ait compris ce qu’elle doit faire, son statut de mannequin ne la rendant pas pour autant perméable à ses désirs. Geneviève Dormes sait tout cela d’instinct et tout en elle brille et se tend : le buste se dresse, les seins jaillissent, le sourire oublie les demi-teintes. La voilette qui fait diversion et évite la focalisation sur les seins, concentre l’attention sur la beauté du visage et l’émerveillement du regard mais manque son but ; car le fait est, les seins emportent l’adhésion tant par leur forme que par leur consistance.

3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. FASTUEUSE.

l-actrice-marilyn-monroe_887636

Ils sont là, nets et dressés, leurs pointes s’érigeant avec plénitude. Ils affichent une volonté de plaisir tandis que, sous la dentelle, s’atténue l’intensité de la beauté d’une femme et qu’une croix noire à l’obstinée finesse, sépare l’encolure et le visage d’une poitrine provocante et isole un sein d’un autre.

 L’affirmation, le reniement, l’affirmation.

Voilette et croix n’emprisonnent pas Geneviève dont la liberté reste entière. Le regard appelle et les seins se renflent.

Avec elle, il n’en va de même car personne n’est l’autre. La chambre du palace est tendue de bleu alors que l’autre l’était de jaune. La lumière est plus vive. Le photographe, méfiant, se plaint vite du corset noir lacé dans le dos, des bas résilles et de la coiffure trop « chargée » du modèle. Décidément, Sylvia Hemmes ne sait pas grand-chose. Mieux vaut soupirer et faire son travail.

 

3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. FASTUEUSE.

DITA

Image 1 : seins nus soutenus par le corset. Cheveux lisses, coiffés en arrière. Demi-sourire. Le buste apparaît, une main soutenant le visage. Croisement de noir et de blanc. Chair palpable et mouvante.

Image 2 : Debout en guêpière. Bas noirs. Fard à lèvres d’un rouge violent. Expression du visage : attentive, rêveuse et veule aussi comme si tout se résolvait à un échange et un paiement.

Image 3 : à plat ventre, sur le lit fastueux. Le visage est soutenu par les mains. Le sourire est là, insistant et « canaille », un mot que le photographe aime bien. Sans sourciller, le modèle assume de ne porter qu’un bustier. Rien ne peut la mettre mal à l’aise. Elle est sans décence. Invisible sur la photo, sa croupe tendue affiche une blancheur captivante mais le photographe, aux ordres d’un magazine de mode à grand tirage, ne peut rien faire que de se cantonner à son rôle d’illustrateur. Sur la pâleur de la peau, le raffinement des postures et des toilettes doit se suffire à lui-même. Des seins nus et une voilette pour éloge de la féminité. De belles pièces de lingerie, ensuite.

Images 5 et 6 : une femme en soutien-gorge pigeonnant dont on ne voit que le décolleté et une autre, de profil, montrant en contre-jour de hauts seins et des bas luxueux que maintiennent un porte jarretelle.

Toujours le bel hôtel. Toujours Nice ou Cannes. Toujours la tension de Sylvia Hemmes, faisant son possible pour égaler cette Geneviève Dormes si respectée et attendue par ce photographe au prénom précieux et suranné : Jean-Loup. Et toujours l’échec, car malgré la patience et l’hypocrisie de l’orchestrateur, tout conforte le « modèle » dans l’idée qu’il n’est pas à la hauteur de l’égérie.

Et pourtant, et pourtant, une fois cette pesante séance de photos terminée, le magazine paraît et la femme est belle : sereine et espiègle. Sensuelle et magique. Fastueuse.

Le numéro se vend très bien. La jeune femme est non seulement félicitée mais sollicitée. Des contrats. De l’argent. Encore des contrats et du pouvoir puisque l’argent le donne.

 

3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. FASTUEUSE.

SOFIA EN CORSET

Sylvia Hemmes, un mannequin connu et adulé dans les années quatre-vingts où la balance avec Geneviève Dormes a fini par pencher en sa faveur. Sylvia, belle, difficile à interroger ; une femme honnête, scrupuleuse dans son travail, critique mais droite. Parlant de ce photographe prénommé Jean-Loup et dont, à l’époque, la gloire était forte, elle a pu dire que quel que soit le caractère des séances de poses avec lui, elle a apprécié l’homme du regard qu’il est et l’orchestrateur du noir et blanc.

Quel que soit le caractère des séances…

Geneviève Dormes. Carrière brusquement interrompue non par un drame mais par un riche mariage.

Sylvia Hemmes : carrière aussi longue que peut l’être celle d’une femme posant pour des vêtements de luxe et de la lingerie dont la beauté égale, en éblouissement, le prix.

Des numéros de Vogue, de Paris Match, de Jour de France les évoquant. A égalité d’abord puis en déséquilibre. Sylvia, avec son deux pièces à Montmartre, son goût pour le tango et les paravents orientaux précieux devançant l’épouse d’un éleveur de pur-sang. Sylvia faisant l’unanimité en se séparant d’un fiancé vénézuélien trop présomptueux, pour épouser un restaurateur breton ayant pignon sur rue, à Paris.

Et la suite de leurs vies, si tant est qu’elles soient réelles.

Dans une petite maison en Dordogne, on peut inventer une Sylvia Hemmes « moins bien » puis « meilleure » qu’une Geneviève Dormes. On peut penser à Jacques Fath et évoquer d’autres fastueux couturiers. Saint-Laurent, par exemple. Sans parler d’un Jean –Loup célèbre et recherché, un grand homme mince, un peu voûté et assez beau qui ne parle qu’à mi-voix.

Mais on ne peut savoir que cela n’est pas vrai.

Si on le sait, c’est bien car on jongle avec le réel et l’imaginaire.



3 mars 2020

DOUCEUR DES FEMMES ET AUTRES CHIMÈRES. FASTUEUSE.

 

55bb63fda00e0ebd1b5d0249a8bdd585

 

Lise fait ainsi depuis dix ans, étonnant un mari à qui l’art du travestissement échappe et qui donc, s’émerveille de cette épouse théâtrale. Tantôt, diurne, elle va et vient en robe de laine ou jupe et corsages sages ; tantôt nocturne, elle l’attend. En guêpière et voilette, elle sourit et le bleu de ses yeux scintille. En porte-jarretelles et bas noir, elle couvre de ses mains ses beaux seins et attend en silence, frémissante. Accoudée à un guéridon, elle se tient droite, un corset noir lui remontant les seins comme pour les présenter, les faire jaillir.

Il la regarde.

Il la désire.

Ils se rejoignent. Dans la nuit de l’amour, ses gémissements à elles ont une tonalité plus aiguë ; mais les siens, plus graves les complètent pour signer une belle mélodie toujours renouvelée.

Au matin, il y a d’autres postures, d’autres attentes dans des vêtements frais – combinaison bordée de dentelle ; culotte blanche haute et soutien-gorge incrusté de broderie anglaise – et d’autres étreintes.

Toujours, toujours.

Ils ont quarante ans.

De Sylvia Hemmes et Geneviève Dormes, elle sait tout.

Lui, rien.

De Jean-Loup, il commence à s’imprégner car il se prend d’intérêt pour la photographie.

Une femme aux seins et au jeune visage à peine dissimulé par une voilette. Une sorte de collier lui descendant de cou et lui barrant l’encolure, pour aller ensuite séparer deux seins mobiles et doux.

C’est ce qu’il veut photographier.

Il le dit et le fait, au milieu des étreintes, encore et encore.

Un jour, elle se voit et elle le sait. Elle est mieux que Geneviève Dormes. Aussi parfaite que Sylvia Hemmes.

Il ne cesse de lui faire l’amour, lui, ce mari qui l’aime.

Elle est sur la photo. Ses beaux seins raidis pointent.

Elle est « canaille ».

Elle est heureuse.

Et, fastueuse, bien sûr.

 

Publicité
<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 > >>
LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
Publicité
Archives
Publicité
Publicité