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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.

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16 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2.

OEUVRE FEMME BLONDE

 

PARTIE 2

ISEE, PHILLIP

ET VINCENT 

 

 

 

 

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16 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES.

 

 

Phillip Hammer, l'américain aisé à qui Isée, jeune femme un peu perdue, donnait des cours de français, veut retourner en Amérique. Quelle désolation! Devinant le malaise de son jeune professeur, Phillip, qui connaît ses dons de conteuse et son imagination, lui propose de nouveaux jeux. La trouvant trop sage, il la guide vers des aventures masculines qu'elle doit ensuite lui raconter. Il essaie aussi de la faire renouer avec son ancien compagnon, ce qu'elle fait. Là aussi, elle raconte. Ce n'est pas suffisant. Le jeune amant de Phillip est un musicien versatile. Pourquoi Isée, par le biais d'un ordinateur, ne lui parlerait-elle pas, sachant qu'elle se ferait passer pour Phillip? Il y aurait là matière à créer, à inventer... Isée est tentée et bientôt cède. Où va t'elle exactement alors qu'elle s'engage sur les chemins tortueux de la dissimulation et du mensonge amoureux? 

7 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Jeux de rôles.

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Comment se faire passer pour celui qu'on n'est pas? Isée joue le rôle de Phillip qui parle à son jeune compagnon. Mais ce n'est pas si simple...

Quant à mon Vincent, je commençais à buter sur un problème de taille : il voulait aller sur skype et me parler en direct. De plus, il insistait pour qu’on se voie. Les semaines défilaient et il doutait maintenant que Hammer ne souhaite résider encore longtemps à Paris. Son retour n’était donc plus qu’une question de temps…Il devenait beaucoup plus patient et tendre face à l’amant protecteur qui l’écoutait, soucieux sans doute de le faire fléchir. Sur le plan affectif, il était si rusé que j’avais du mal à le suivre. Quelquefois, mes réponses le décevaient, et d’autres moments, elles le faisaient beaucoup rire. Me cachant derrière mon ordinateur, je craignais toujours qu’il n’en vint à avoir des doutes. S’il allait trouver que son compagnon faisait trop de remarques qui lui ressemblaient très peu, j’en prendrais pour mon grade…Pour l’instant, cependant, il ne faisait aucune remarque en son sens. Parler avec lui sous le masque avait beau être un exercice périlleux, il était fascinant. Il en avait de la ressource, ce Vincent ! Certains de ses messages étaient de petits bijoux érotiques et un brin pervers.

« Phillip, Phillip, si tu étais un peu moins abscons quelquefois, si tu voulais te simplifier…Hein, qu’est-ce que tu en dis ? J’ai relu quatre fois ton dernier message et je…je…Je l’ai imprimé, voilà. Ensuite, ton absence m’a contraint à faire ce que je voudrais tellement faire avec toi (et toi avec moi, je le sais) en me contentant d’une feuille de papier. J’aurais adoré que tu voies ça car tu aimes me voir jouir. Les lettres étaient brouillées et ton message se défaisait. Je me m’en suis pas servi pour aller au plaisir, n’aie pas peur, je l’ai juste arrosé de ma semence et j’ai senti le tout ensuite. Je voudrais pouvoir te les renvoyer ces mots, avec mon foutre et cette odeur ! Je sais combien ça t’exciterait… Mais on ne peut pas faire ça ; La technologie actuelle ne le permet pas. Ne me dis pas que tu es fâché ! Pour ce que j’ai fait, pas pour la technologie. Je pense à toi quand même »

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« Un des morceaux que j’ai composé pour la trompette s’appelle Scarlett Blue. C’est le nom d’un mélange de couleurs mais ça pourrait être celui d’une belle pute ou d’un trans qui fait le trottoir. Qu’est-ce que tu en penses ? »

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« Je t’ai demandé si tu avais envie de me la mettre bien profond et tu n’as pas répondu. C’est une question claire pourtant ! Tu devrais répondre oui et me dire quand tu rentres. Est-ce que tu te rends compte que j’ai dépassé le stade de touche pipi avec Andrew juste parce que…J’en avais envie. Et parce que tu n’es pas là. Je me demande vraiment ce que tu as dans la tête. »

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Tu m'as envoyé Anthony Gilbert et je l’ai lu en deux fois. Franchement Hammer, vous avez une bonne plume ! C’est incisif, c’est tranché, c’est enlevé, c’est très booooooooooooooooooooooooooooooooon. Ils diront ça, les potes que tu as dans l’édition, surtout celui qui t’éditera. Promis, je te ferai pas d’ombre, je n’aurai pas un coup de trop ou avalé des trucs quand on te fera des compliments sur ton bouquin, et que je serai avec toi. Jurrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrré ! Je me tiendrai bien »

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« Kate m’a filé une gifle. Je suis trop mais vraiment trop pédé. Elle avait pensé que….et puis, elle a vu que…et donc….Je te vois d’ici. Ragaillardie, hein ? Je te l’avais dit, Vincent…Non, mon cher, car je ne t’avais pas laissé parler ! Je suis sûre qu’au fond, elle hésite. Elle a dans l’idée qu’elle peut me sauuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuver ! Ah, la belle Kate, ses grands yeux verts, sa jolie taille ! Elle me fait venir l’eau à la bouche…

Pourtant j’aime Kate

Et ses yeux jolis

Elle est délicate

Aux longs traits pâlis

Oh que j’aime Kate

Ma mère aimait ce poème. C’est bien que la fille dont parle Verlaine dans A poor young sheperd s’appelle comme celle qui me plaît. »

 

7 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Qui parle à Vincent ?

 LE CORPS DES HOMMES

 

A Paris, Isée, jeune enseignante, accepte un marchandage avec l'Américain Phillip Hammer auquel elle donne des cours de français. Elle se fait passer pour lui et parle sous le masque à l'amant de celui-ci resté à New York et lui, de son côté, l'aide à recoller les moceaux avec son ancien compagnon...Ainsi Isée découvre t'elle Vincent...

«Il y a un morceau qu’on joue beaucoup en ce moment : c’est Chrysalide noire. On a composé ça à plusieurs. Je t’envoie l’enregistrement. On va faire un cd, je sais que tu le sais. C’est sûr maintenant. Il y a un jeune mec qui nous tourne autour pour nous coacher. Il regarde ce qu’on joue et ce qu’on compose. Il essaie de nous faire croire que certains morceaux qu’on interprète sont bons à jeter à la poubelle et, tu sais quoi, il a vraiment du bagout et on finit par le croire. Il n’a rien dit pour Chrysalide, rien de mal en tout cas. J’ai un long solo de trompette que je trouve assez majestueux dedans. Tu l’écoutes et tu me dis »

«Ouvre ta caméra Hammer et regarde-moi nu. Je sais que tu en as envie. C’est quoi cette pruderie ? »

«Ton visage est sévère : il est d’un pâtre grec

Il reste frémissant aux creux de mes mains closes.

Ta bouche est d’une morte et tes mains sont des roses

Et ton nez d’un archange est peut-être le bec...

C’est Jean Genêt pour un amant, tu le sais. C’est splendide mais un peur dur. Piquant. Ça ne tu ne te surprendras pas. Ce que tu m’as écrit, c’était très beau aussi. J’en ai pleuré, tu sais… »

Car Hammer lui envoyait, par mes soins, des messages tendres et réconfortants et bien que pouvant être incisif, il l’était, tendre lui aussi, le jeune musicien.

Ses exigences pour se parler en se voyant devinrent si fortes que Phillip prit brièvement la relève. Je fus désappointée. Depuis cinq semaines que je lui parlais, à ce Vincent blessé mais facétieux, il était un peu mien. Ne pas savoir ce que son amant et lui se diraient me frustrait. Dans quelle étrange aventure m’étais-je engagée pour j’en arrive à de telles pensées ? J’ajouterais que moins que les paroles, la façon dont ils s’observeraient qui me fascinait. Et je manquerais tout cela ? Ils allaient se mettre nus, Vincent, j’en étais sûre et l’autre, je l’escomptais. Ce serait intense, ce serait beau ; ils se regardaient l’un l’autre et se verraient eux-mêmes, leurs corps offerts tout auréolés de lumière douce. Et de cela, je ne serais pas témoin. Je pensais brusquement à ces vers peu connus du poète William Cliff :

Mon voyage au-delà de l’écumante
mer Atlantique à rechercher ta trace
fut-il tant éprouvant ? Ça me tracasse
très peu cette blancheur de mes cheveux
qu’elle soit blanche ou noire ma tignasse
m’importe peu car c’est Toi que je veux

Hammer portait beau mais avait son âge.... Il était dans la situation du poète qui voyageait et désirait à distance et ce « Toi que je veux » si intense dans le texte était au cœur de sa vie, peut-être parce que celle-ci n’était plus si jeune…

La mort dans l’âme, je le laissai parler seul à son amant avant que, quelques jours plus tard, il ne me repasse la main. Quand je le revis, Il avait l’air serein et en même temps sa sensualité à fleur de peau n’était plus bridée comme si le moment de faire concrètement l’amour avec son compagnon retrouvé n’était plus si lointain…



4 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Séduire Paul.

 

AAAA

 

Isée s'est liée à l'Américain Phillip Hammer à qui elle a donné des cours de français. Celui-ci pense qu'elle devrait séduire de nouveau le jeune homme dont elle est séparée...

Son travail auprès de Paul s’avérait très fructueux car celui-ci voulait me voir. Je ne pouvais que relever le défi et sur les conseils de Phillip, j’allai le coiffeur. Mes cheveux furent coupés plus court et ils furent méchés de blond. Entre outre, de façon fort surprenante, mon Américain m’offrit deux robes ; l’une, mi- longue, avait de fines bretelles et un décolleté en v qui mettait en valeur ma poitrine menue. Cettre première tenue était toute fleurie, avec une dominante de rouge. L’autre, plus chic, était plus courte. C’était une robe bustier noire, très bien coupée, avec une jupe évasée. Je n’en revins pas !

-Des robes ! Vous m’habillez !

-Je vous offre deux robes, c’est différent.

Il me conseilla pour les accessoires : chaussures, bijoux fantaisie et suggéra un parfum frais, pas trop corsé.

-Je suis une jeune fille pour vous ?

-Une jeune femme. Chanel. Coco Mademoiselle ou un Guerlain. L’heure bleue serait bien.

-Je n’ai ni l’autre.

-Ce n’est pas un problème cela. Il faudra revoir les chaussures pour la robe noire. Celles que vous m’avez montrées ne vont pas. Il faut des talons plus hauts…

-Mais enfin…

-Mais je sais cela ! Je vois ce qui vous va. Par exemple, pour la robe noire, il faut des pendants en diamant…

-Phillip…

-Je vous les trouverai.

Le rendez-vous était à la Défense, non loin de son nouvel appartement. J’allais donc revoir Paul Wagner…Il avait choisi un café pour bobos au décor si dépouillé que c’en était caricatural. J’en ressentis un malaise qui alla s‘intensifiant quand je vis à quel point il semblait ravie de me voir. D’emblée, il me trouva très en beauté et me remercia pour cette période « totalement inattendue mais très bénéfique » où il avait renoué avec moi. Ce n’était pas inespéré. C’est lui qui avait été stupide. Quand il voyait la femme que j’étais maintenant ! Hammer avait magnifiquement travaillé : pour Paul, j’étais devenue « exquise ». Il se montra aussi enthousiaste quand il m’invita à dîner quatre jours après. Malheureusement pour lui, la magie qu’avaient déclenchée nos changements de rôle s’était éteinte. Si j’avais apprécié en fin de compte que l’Américain se substitue à moi, Paul retrouvé en chair et en os ne déclenchait chez moi aucune émotion. Cette histoire était finie…Il me suffit de me retrouver face à lui pour le comprendre. Au restaurant, ce fut flagrant. Il avait mis un beau costume noir, ma robe lui plaisait beaucoup et ce qu’il appelait « mes pendants d’oreille » aussi. C’était vraiment de diamants, un prêt de Phillip…Le cadre, cette fois, était très joli, vieille France mais de très bon goût, le service était parfait et Paul rasé de près et au meilleur de sa force parlait actualité, cinéma et vacances, évitant les lancinants sujets de sa surcharge de travail et de son statut de cadre…Il me souriait et de façon toute directe, me trouvais charmante. La suite logique eut été que je le rejoigne chez lui sachant que la découverte de son nouveau domicile était une invitation appuyée à une rapide reprise de vie commune. Mais tout ce que j’avais adoré chez Paul avait disparu. Je ne lui voulais aucun mal. Je ne le désirais plus. Ce que j’avais désiré, c’est que Phillip prenne les choses en main. Il l’avait fait et ma position, de fait, était bizarre. En effet, j’avais été, par plumes interposées, très lyrique…Mon refus d’aller « boire un verre » chez lui après le somptueux dîner le surprit et c’est à regret qu’il me vit prendre le taxi. Les bras de Zacharie me manquaient et il y avait plus que cela. Tout ce qu’il était relevait maintenant d’une terrible urgence. Je voulais son corps autant que sa bouche et sa jolie façon de parler français autant que son regard vif et tendre. Il me trouvait « rêveuse » ces derniers temps et je tins à la rassurer par mél dès que je fus rentrée. Malgré son prochain départ (l’été filait), je tenais à lui. Le lui avouer n’était pas stupide car lui disait les choses simplement…

A Paul, j’écrivis que je m’étais méprise. Rien n’était plus possible. Il me traita de garce, terme qui me ravit ! Pourquoi pas après tout. Au long de notre longue liaison, c’est plutôt lui qui, à cause de son addiction au travail, m’en avait fait voir…Alors, Garce, ça n’était pas si mal.

 

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4 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Hammer s'en va.

 HOMMMMMME

 

Cette fois, c'en est fini du séjour de Phillip Hammer en France. Isée est bouleversée...

Je voulus rendre les diamants à Phillip et lui demandai si je devais lui restituer les robes. Mon attitude l’amusa. Il ne voulait rien. Je suis suffoquée.

-Pourquoi ?

-Un présent.

Il enchaîna :

-Ah ! Vous laissez Paul ?

-Et vous avez travaillé pour rien ...

-Je n’ai pas dit ça.

-Paul est trop ennuyeux et j’ai changé.

-C’est mieux mais il ne faut pas revenir en arrière.

-Non, ma décision est prise.

Je lui parlai de Zacharie.

-Le Montana ! C'est un peu perdu, vous savez...

-Il est originaire de Billings.

-Vous voulez y aller ?

-Il ne m’invite pas.

Il eut rire frais.

-Oh, c’est juste qu’il ne l’a pas encore dit. Des vacances à Billings. C’est une façon comme une autre d'aller en Amérique...

-Vincent n’est pas du Montana , c'est vrai.

Son regard se fit plus froid.

-Isée, avec lui, j'ai l'amour et les blessures de l'amour. Et c'est bien !

Les semaines filèrent de nouveau et Zacharie s’apprêta à rentrer. Il voulait que je vienne. Je voyais s’ouvrir là un bel épisode romantique et tout mon être se dilatait à la pensée de ce voyage. Dans le même temps, cependant, je poursuivais mes dialogues avec le beau trompettiste en essayant de me dire que, quelques temps encore, je le séduirais…

Le fait d’entendre Hammer me dire que les comptes étaient justes me fit très mal. Je pensais ne pas pleurer mais le fit. Il fut sobre et bienveillant.

-Voilà, mon séjour en France est fini. Je quitte Paris. Vous êtes triste ? Il ne faut pas. Vous avez été magnifique, vraiment.

-Ce Vincent, il continue pourtant de vous envoyer des « choses »stridentes, inconvenantes…Il vous insulte parfois…

-Et je l’insulte aussi…Et bien sûr, l’instant d’après, je me bénis de le connaître et l’encense…Vous savez tout cela, vous qui, tant de fois, avez été à ma place, à ma demande. A de multiples reprises, quand j’ai lu la façon dont vous l’aviez abordé, je me suis dit que je n’aurais pas pu faire mieux. Vous avez été impeccable. C’est ça, hein ? Les français aiment dire « impeccable » !

-Ces temps-là sont finis. -Vous rentrez à New York, alors…

-Il le faut…

-Lui.

-Lui. Mon travail aussi.

-Zacharie part, vous partez…

Je pleurais. Il m’importait plus que le jeune homme du Montana. Ne pouvait-il rester ?

-Alors, vous reprenez la main ?

-Ce que je vais lui dire puisque je rentre, vous n’avez pas à le savoir et vous ne l’auriez peut-être pas inventé. Et même si c’était le cas, ça n’aurait pas de poids. Maintenant, je suis face à lui et lui face à moi.

-Et c’est tout ?

Je me trahissais. Je ne parlais pas de ce que je ressentais pour lui, perdue que j'étais dans les autres mais mon corps crispé et tendu parlait pour moi.

Il soupira.

-Ce que vous avez fait a renforcé mes liens avec lui. En toute honnêteté, j’espérais faire la même chose entre Paul et vous. Mais vous, vous avez fait le chemin contraire : vous vous êtes détachée de votre ancien compagnon comme si mon travail était un révélateur pour vous. Il mordait à de belles paroles, mais vous, au fond de vous-même, vous ne vouliez plus de lui…

Comme souvent quand nos discussions étaient longues ou complexes, il ne parlait plus qu’anglais et ses mots me parvenaient comme en décalé, puisque je devais très vite les traduire. Je restais passive un moment puis il y eut comme une onde de choc : je venais de comprendre que tout s’arrêtait. Je me raidis et je mis ma main sur ma bouche car je voulais crier…Il s’avança vers moi et me prit dans ses bras. Alors, je criai vraiment.

 

4 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Le vide et le plein.

homme difficile

4 Veuvages

Phillip Hammer est retourné aux USA et Isée s'ennuie de leur complicité. La trouvant sans expérience, il lui suggère d'avoir des aventures masculines variées et de le prendre pour confident...

Morgane m’invita en Provence. Je disposais de quatre semaines de libre et n’avais rien prévu. Revoir les Baux me ravissait. J’aimais bien cette jeune collègue de travail sans la connaître vraiment bien et son invitation me toucha. Phillip partit début Juillet et Zacharie en fin de mois. J’avais posé des congés en août. C’était parfait. Durant dix jours je déambulais avec elle dans un sud-est bombardé par le soleil puis je rejoignis d’autres amis à Calvi avant d’aller rejoindre mes parents en Normandie. Ils adoraient Cabourg. Éviter de penser est possible : je le fis. Bien sûr, il fallut rentrer. Oh surprise, le tendre Zacharie du Montana n’aimait pas les mails pour dire ce qu’il pensait au plus profond de lui. Il écrivait des lettres ! J’en trouvais plusieurs dans ma boite et les lus avec un étonnement enfantin

«Je suis rentré parce qu’il faut que j’utilise sainement cet argent que j’ai gagné à un jeu de hasard. Paris, c’était magnifique mais j’ai eu une chance énorme. Je veux monter une entreprise de livraison à domicile. J’habite une ville qui n’est pas si grande : ça peut très bien marcher. Quand je te parle de livraison, je vise très large. Je veux pouvoir livrer des denrées alimentaires et du matériel de construction. Je suis jeune, j’ai de l’ambition et j’ai les capitaux ! Tu sais quoi ? Je me forme en gestion et en marketing. Et j’ai déjà des employés potentiels et un comptable ! Ça prend tournure. Toi, ne crois pas que je ne pense pas à toi. Tu peux venir me voir. Tu dois venir !

Voilà ce que la première disait en substance. Les quatre autres étaient du même style mais elles étaient plus tendres. Je lui répondis aussitôt par méls et lettre et je l’appelai, tenant compte du décalage horaire. Il fut bavard. Sa voix me ravit.

Phillip, lui, se fit attendre mais il me contacta. Le cœur battant, je vis s’afficher un message de lui alors que j’avais laissé Skype allumé pour parler à une amie.

-Seule ?

-Bonjour Phillip.

-Bonsoir, plutôt. Il est minuit à New York. Paris ?

-Je viens de rentrer de vacances, oui.

-Au travail ?

-Encore quelques jours.

-Vous voudriez reprendre les histoires ?

-Avec des femmes ?

-A vrai dire, cette fois, ce serait différent. C’est vous qui vous seriez l’héroïne.

-C’est-à-dire ?

-Il faudrait vivre ce qu’ensuite vous iriez me raconter.

Il ne parlait qu’anglais, ce qui m’embrouillait.

-Et je devrais vivre…

-Des aventures tragi-comiques qui ne peuvent que vous grandir.

-Pourquoi « tragi-comiques ».

-C’est en général le goût que laissent les rencontres éphémères. Elles ont donné du plaisir et en même temps ont pu faire souffrir.

-Et j’aurais à me mettre en valeur dans chaque cas ?

-Bien sûr.

Il marqua une pause puis ré attaqua.

-Je sens que vous vous êtes d’accord !

-Je ne sais pas Phillip. De quoi me parlez-vous ?

-Vous auriez des aventures, des hommes de passages, plusieurs, disons quatre ou cinq…Et vous me diriez cela. Vous en feriez des histoires…

-A la première personne ?

-C’est indispensable.

 

4 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Jeux étranges.

pppppppppppppppppppARIS

 Isée, jeune enseignante, et Phillip, Américain aisé en vacances à Paris. Jeux étranges et érotisme.

-Mais vous, Phillip, que me direz-vous de votre vie ?

-Mon roman va sortir en librairie. J’ai repris en main la galerie et je m’occupe de Vincent. On a une belle relation…Il est difficile de s’ennuyer avec lui !

-Vous êtes heureux ?

-Le bonheur est un état difficile ; « Heureux », si tant que la félicité m’envahit chaque jour, l’espace de quelques minutes, je le suis…Mais revenons à vous.

A l’évidence, il se cachait, comme il l’avait fait au début avec moi. Les échanges que j’avais eus à sa place avec son jeune compagnon lointain semblaient bien être les seuls où il s’était dévoilé. Enfin, jusqu’à maintenant…

Il revint sur ce que je devais vivre mais je différais le moment de lui donner les quelques mots qui serviraient de cadre à la première de mes aventure. Je lui proposai « Nuit, boite de jazz » et homme solitaire » qui ne lui plut qu’à demi. « Jazz » notamment le mettait mal à l’aise car il y voyait une allusion à Vincent. Celui-ci jouait et écrivait une musique sophistiquée que je n’avais pas en tête. Je pensais, moi, au caveau de la Huchette où Morgane tenait à ce que nous allions danser. La musique qui y était jouée était plus dansante, moins aérienne et surtout moins alambiquée que celle qu’interprétaient le beau trompettiste et son groupe. Je lui expliquai et il céda. Le soir dit, je filai chez mon amie qui avait un logement plus grand dans le neuvième et de là nous nous rendîmes en taxi dans la fameuse boite. Je me souviens d’une atmosphère très enfumée, d’une foule dense et cosmopolite de plusieurs fous-rires. Je me souviens aussi d’un couac retentissant. Je repérai un homme seul, la quarantaine, pas vraiment beau mais non sans charme et il me fit comprendre par force sourires et œillades que je ne l’indifférai pas. Je dansai longuement avec lui et constatai que mon amie Morgane avait elle-aussi trouvé un cavalier solitaire, nettement plus jeune que le mien. Tout se présentait bien. Nous nous retrouvâmes tous les quatre, attablés au bar, où je continuai ma consommation de vodka orange. Les deux hommes étaient pressants et nous très souriantes ; Mais quand il fut décidé de quitter la boite, mon cavalier s’avéra être un médecin en stage à Paris logé dans un hôtel assez proche mais il lui semblait impossible de recevoir quelqu’un. Il me restait à l’inviter chez moi mais comme je m’apprêtais à le faire, le visage de Zacharie s’interposa. Non, tout de même. Je n’étais ni si en colère ni si dépitée que je traîne un type chez moi pour avoir une histoire à raconter. Le médecin insista si lourdement du reste, que ma décision, qui aurait pu vaciller, devint certaine. Morgane n’avait pas mes problèmes et elle pouvait fort bien recevoir cet amant passager. Par « solidarité féminine », elle refusa de le faire, ce qui me laissa totalement perplexe avant de me faire mourir de rire. Je dormis chez elle et nous passâmes une matinée charmante, à babiller comme des petites filles. Restait l’étape finale : écrire un petit récit. Je me donnais le beau rôle et fis dans l’ironie. J’avoue que je ne m’appesantis pas trop sur mon texte et que je l’envoyai sans état d’âme. Dire que Phillip le trouva bon, serait mentir. Je ne devais pas céder à la facilité car j’étais une héroïne non la journaliste rédigeant à la hâte un petit récit pour un numéro « spécial plage » d’un magazine féminin.

  

4 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Guidage amoureux.

 

ISEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE

 

Isée et Philip : la jeune enseignante et l'homme roué. Jouer ensemble à des jeux étranges...

-Je vais encore payer de ma personne ?

-Comment « encore » ! Vous ne l’avez pas fait jusqu’à maintenant et je ne vous demande pas de vous punir ! Vous avez écrit des histoires de femmes avec moi puis vous m’avez remplacé auprès de mon amant…

-Non, vous déformez tout ! Comment aurais-je pu vous remplacer ?

-D’accord, d’accord, vous avez été mon messager invisible. Cela vous convient ?

-Oui.

-Très bien. Ce que je demande n’est pas si complexe !

Il avait raison sur le fond mais pour la forme, j’aurais dû lui alléguer que ma vie affective n’était pas vide. Il y avait Zacharie. Je n’ai pourtant rien dit et ai accrédité le fait que j’avais besoin d’aventures. Sinon, pourquoi aurais-je accepté ? Il a paru content et je l’ai écouté énoncer des directives. Quand il a eu terminé avec elle, j’ai senti qu’il voulait prendre congé et je l’ai rattrapé au vol.

-Il est avec vous ?

-Vincent ? Vous voulez dire maintenant ? Non, il termine un concert.

-Vous le voyez ensuite…

-Non, il sera fatigué. Il ira chez lui.

-Ah ?

-C’est un code entre nous. Quand il dit qu’il va chez lui, c’est qu’il a à faire. Je ne peux pas l’empêcher de voir qui il veut de temps en temps…

-Déjà ? Il y a pourtant peu de temps que vous êtes retrouvés.

-Oui mais qu’est-ce que cela peut faire ? Tous les couples ont un mode de fonctionnement, n’est-ce pas ? Alors, oui « déjà » et de part et d’autres.

-Bien. En ce cas, je retiens ce mot. Il ne peut pas être le début de ma nouvelle histoire.

-Vous pouvez prendre en chasse quelqu’un très vite. S’il vous répond d’emblée, « déjà » s’impose…

-Où voulez-vous en venir ?

-A ce que vous êtes, vous. Une jeune femme décidée.

-Il y aura trois ou quatre mots de guidage, comme avant ?

-Oui, mais vous les trouverez vous-mêmes. Vous me les soumettrez et je vous dirais s’ils sont bons.

-Mais ce ne sera que ma « petite » vie, des moments érotiques…

-Vous voulez la grandeur de Ruth, la douleur intense de Carolyn ou la dignité de Louise ? En ce cas, l’exercice ne sera pas réussi. Oui, parlez-moi de vous dans des bras différents et ne pensez pas que c’est « petit »…

 

2 mai 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 2. Multiples étreintes.

ISEEE XXX

 

Reliée à l'Américain Phillip Hammer par des liens ambigus, la jeune Isée admet ne guère avoir d'expérience et multiplie les aventures...Elle lui fait ensuite le récit de ce qu'elle a vécu.

Je me sentis piteuse mais quelques jours plus tard, me rattrapai. Je lui avais lâché de nouveaux mots : «cinéma lointain, salle obscure, attouchements, sexe». Il les apprécia. Je me promis alors de lui envoyer un bon texte.

Je décidai une après-midi où je ne travaillais pas d’aller voir un film érotique japonais projeté dans une petite salle d’art et d’essai très loin de chez moi. Je ne souviens plus du réalisateur maintenant mais on m’avait parlé de ses films et j’étais curieuse de voir ce qu’il avait à nous dire sur les pensionnaires d’une maison close, au début du vingtième siècle, à Tokyo. Il me fallut bien quarante-cinq minutes pour trouver le cinéma et m’asseoir dans la salle. Il n’y avait quasiment personne. Un mardi à quinze heures, un film oublié, un label « art et essai »…Qui pouvait-être là ? Le film commença et je tentai de m’y intéresser en vain. Un des rares spectateurs fit d’ailleurs mine de sortir en soupirant, ce qui me fit penser que je n’étais pas totalement stupide. Je me retournai : tout au fond, deux spectateurs se tenaient bien droit. A priori, ils étaient attentifs, eux. Celui qui était sorti revint, fit le tour de l’allée et vint s’asseoir à côté de moi. C’était surprenant car il y avait de la place…Au bout de quelques minutes, ayant décroché du film mises à part les nombreuses scènes érotiques (voire même pornographiques), je sentis que l’excitation s’emparait de moi. Oui, c’était là un vrai trouble physique lié à la crudité des scènes présentées…Mon voisin en eut- il conscience ? Ou est-ce son étrange immobilisme qui le déclencha, sachant qu’il me jetait des regards de biais ? Je ne sais. Toujours est-il que je fus à demi-surprise quand je sentis sa main sur mon genou. Elle resta immobile un moment puis lentement mais sûrement remonta le long de ma cuisse. Je l’arrêtai deux fois mais c’était pour la forme. Sa main continua donc sa progression et s’arrêta au haut de ma cuisse. Je portais des bas qui tenaient tout seul, ce qui lui facilita la tête. Trois doigts effilés soulevèrent le bord de ma culotte et je fus atteinte…Je ne suis vraiment pas quelqu’un d’aguerri. J’ai peu de souvenirs semblables. Avant Paul, j’avais eu deux liaisons assez stables mais j’étais très jeune…Les aventures, j’en avais eu très peu et aucune depuis longtemps. Zacharie n’en était pas une…

Au moment où l’homme commença à me masturber, une scène puissamment charnelle se déroulait sur l’écran ; un souteneur s’en prenait à une prostituée récalcitrante avant de lui faire l’amour. La mise en scène et l’usage de gros plans rendaient cette scène très réaliste et il était difficile aux spectateurs de ne pas être troublés. Conjointes aux images, les caresses que me prodiguait cet inconnu firent naître en moi un plaisir violent. Je ne vis aucun mal à ce qu’il prit ses aises en me faisant retirer ma culotte qui resta bouchonnée autour d’une de mes chevilles et dès lors, sa main et ses doigts furent plus adroits encore. Inéluctablement, j’allais vers l’orgasme. Un bras passé autour de mes épaules, l’homme dont je devinais mal les traits, me donnait deux doigts à sucer tandis qu’il continuait de s’activer. Je ne sus à quel moment je devinai que j’étais vaincue mais un plaisir infini m’envahit et je dus prendre sur moi pour ne pas crier. Je restai éperdue un moment puis baissai ma jupe, cachai ma culotte dans mon sac et me redresser. L’homme ne me demanda pas la pareille. Je le contemplai de profil. Il était assez laid. A la sortie du film, il m’invita chez lui. Je mentirais en disant que je me fis violence mais je ne sautai pas de joie en pénétrant dans une minuscule chambre de bonne sise au sixième étage d’un immeuble bourgeois. Elle ne disposait que d’une lucarne.

-Défais-toi, dit l’inconnu, voulant dire par là que je devais me mettre nue. Je le fis et le regardai m’imiter. Il avait un corps maigre et très blanc qui me déplut mais avec cela, de belles mains longues et un sexe long et massif. Il me poussa sur le lit, qui était l’unique meuble de la pièce en dehors d’une table, d’une chaise et d’une étagère, et se mit à me lécher. Je réagis bien sûr mais je me sentis victime d’un excès de réalité. C’était trop cru, trop direct et on ne parlait pas. Ma carrière dans le libertinage (mais était-ce le mot ?) risquait de s’avérer fort courte. Je fus pénétrée une première fois, pris son sexe en main et le suçai quelques temps plus tard avant que de nouveau, il ne me prenne. Je devais donner l’illusion de quelqu’un d’heureux puisqu’il m’en fit la remarque et j’eus de toute façon beaucoup de plaisir sexuel, mais de là à être « heureuse », la distance était grande. Physiquement, l’homme, dont je pouvais nier l’adresse et l’impact sexuel sur moi, me déplaisait. Il se dégageait de lui quelque chose de veule et de négligé qui me fit couper les ponts. Je lui donnai un faux numéro de téléphone et voilà tout. Je ne venais de toute façon jamais de ce cinéma, contrairement à lui, qui se disait cinéphile. Par contre, plusieurs jours durant, avant ou après le travail, je me masturbai longuement en faisant défiler dans ma tête des images d’attouchements et de pénétration et je jouis violemment à chaque fois.

 

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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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