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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.

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6 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 2. A Londres, un nouvel album.

 

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De retour à Londres après son étrange périple dans le sud de la France, George Daniel

retrouve une inspiration qui l'avait désertée...

George D.

A l’aéroport de Londres, il y avait des journalistes mais j’étais, cette fois, armé pour les recevoir. Leurs questions se sont tout de suite orientées sur ma prétendue fuite. Etais-je vraiment parti pour la France sans but précis, comme on l’avait murmuré ? Non, bien sûr que non, j’avais un projet précis. Je n’ai évidemment pas dit la vérité. J’ai dit que j’étais parti me reposer, le sud de la France me semblant propice au calme et à la réflexion. Je n’ai pas abordé le sujet de ma toxicomanie. Dire que j’avais sérieusement réduit ma consommation de pilules multicolores en m’enfuyant de Londres les aurait laissés incrédules. Ils auraient de toute façon rebondi sur l’alcool et tenté d’adroites remarques sur mes marques préférées de champagne français. Sur la Côte d’azur, il y en avait partout, non ? Impossible d’aborder ces sujets. Alors, j’ai insisté sur le fait que cette escapade inattendue m’avait permis de me reprendre physiquement, George D., d’après la légende, était beau et non pâle et bouffi. N’étais-je pas au meilleur de ma forme ?  Intellectuellement George D. était brillant. N’avait un peu trop laissé entendre dans la presse à grand tirage que j’avais désormais l’esprit en bouillie ? En parlant ainsi, j’ai retourné les journalistes qui eux travaillaient pour la très officielle presse anglaise. Ils m’ont adressé un sourire entendu et j’ai pu alors faire face aux questions. J’étais connu pour mon aplomb dans certains cas. Miracle, il était de retour…

Oui, j’avais eu l’intuition que je devais momentanément m’éclipser car j’éprouvais le besoin de me ressourcer ; non, je ne voulais rien médiatiser ; oui, j’avais séjourné dans une grande maison de maître en Provence avec de jeunes artistes. C’était une merveilleuse expérience. Comment cela se faisait-il ? Mais il y a internet et j’avais un fan club. Je me souciais depuis longtemps de ménager mes admirateurs, ce qui est logique puisque c’étaient eux qui avaient pérennisé ma carrière. Ceux-là avaient beau être jeunes, ils s’intéressaient beaucoup à moi. Ils habitaient à différents endroits du globe et souhaitaient tous se retrouver dans une belle villa près de la frontière italienne. Et voilà qu’ils m’avaient invité ! J’avais cru à une plaisanterie d’étudiant avant de me laisser prendre au jeu. Pourquoi pas, après tout ? Après avoir pris ma décision, tout avait coulé de source ! N’avais-je pas déclaré que ce qui m’importait le plus au monde est que ma musique soit prise au sérieux aussi bien par ceux qui m’avaient aimé dès le début que par ceux qui la découvraient ! Eh bien, c’était le cas avec ces jeunes gens. Il serait merveilleux d’être avec eux. Je voyais bien que mon histoire passait plus ou moins mais j’étais très catégorique et plein d’enjouement. J’ai emporté leur adhésion. Ils ont passé mon départ tenu secret et mon visage cadavérique…Quelle mansuétude ! Les photos à Nice ? Elles étaient simples et spontanées. Marcher avec ces jeunes gens sur la Promenade des Anglais, pourquoi pas ? C’était tout de même mieux que d’être photographié ivre au volant d’un véhicule après arrestation des forces de l’ordre anglaises, non ? Et infiniment plus gratifiant que de retrouver en photo dans les journaux américains, parce que, dans un lieu d’aisance public à Beverly Hills, j’avais de l’œil à un beau trentenaire sans me douter qu’il était policier ! Qu’est-ce que la presse, la vraie attendait de moi ? Que je sois George D. le compositeur, l’interprète, l’homme de scène ? Eh bien voilà. J’étais là, face à eux, dans ces trois rôles. Ah oui, mes jeunes amis, est-ce qu’ils avaient du talent ? Assurément, oui, tous autant qu’ils étaient. Je me ferais d’ailleurs un plaisir de soutenir leurs carrières qui s’ouvraient. Est-ce que musicalement parlant, il existait parmi eux un futur rival ? Ah non, pas du tout. Aucun d’eux n’écrivait de chanson et à ce propos, je tenais à devancer l’interrogation des journalistes ici présents. J’étais resté silencieux trois ans durant ou presque mais j’étais déterminé à ne plus l’être. Une nouvelle chanson ? Un single ? Non, un album. Je rentrais en Angleterre pour qu’il existe bel et bien. Une compilation ? Non. De nouveaux titres et, bien sûr, quelques reprises….

Ce qu’a relayé la presse m’a servi. On ne m’a pas tourné en dérision mais bien sûr, on a émis des doutes. J’étais devenu un reclus. Toutefois, j’étais un grand compositeur et un grand chanteur et puis, on le savait, j’étais lent. Cette fois encore, je surprendrais…Les photos des fugaces habitants de la villa provençale m’ont aidé. Elles tournaient sur le net. Ils existaient donc bien, ces jeunes gens-là…

Très vite, j’ai mis en vente ma maison de Hyde Park et pour faire mesure, j’ai proposé de la vendre dans l’état, c’est-à-dire meublée. Aussi fou que cela puisse paraître, un acquéreur s’est profilé très vite et n’a guère discuté. Il faudrait un peu de temps pour que la transaction se fasse mais j’avais de solides garantis. Quant à mon autre, celle du sud de Londres, j’ai vite vu les limites qu’il y avait à y rester. Paul tentait d’y faire intrusion et n’osant pas toujours le refouler, je me heurtais à son tempérament vindicatif. Mes sœurs, quant à elles, ne comprenaient pas que j’ai vendu si vite ma résidence quasi-princière et commençaient à se douter que je voulais changer de vie. Il était clair que je risquais de vouloir me débarrasser aussi de cette maison-là. Or, elles avaient des rêves de midinettes et bien qu’ayant été très gâtée par leur frère, elles en voulaient plus secrètement. Elles visaient mes maisons… Il a donc fallu leur mettre les points sur les i. Non, elles n’habiteraient ni dans l’une ni dans l’autre. Goring of Thames, oui, je tenais énormément à cette belle demeure mais rien n’est éternel d’autant que ce n’était pas une maison de famille, juste un beau lieu dans lequel, un temps, j’avais cru déposer mon âme. Voilà pour la version officielle que je leur réservais, négligeant d’évoquer les vrais motifs de ma désertion. Paul voulait pérenniser son installation dans ma propriété proche de Hyde Park et mes revendeurs trouvaient pratique que je vive en ermite dans une maison où je n’invitais plus. Impossible, si je naviguais entre ces deux lieues, d’être dans un état d’esprit propice à la création.

Mieux valait mécontenter tout le monde et pour ce faire, j’ai loué un appartement cossu dans le centre de Londres. Il était luxueusement meublé. J’y ai fait transférer des caisses de champagne et de whisky ainsi que mon « armoire à pharmacie », (enfin je plaisante à peine) et j’y ai fait installer un piano et une guitare. J’y ai aussi apporté de nombreux carnets de notes et quelques albums photos. Et puis, je me suis mis au travail.

Heureusement pour moi, si je puis dire, j’échappais à l’actualité qui, toute entière, était tournée vers la mort de David Bowie. Cette mort m’affectait d’abord parce que je connaissais David et savait son combat contre la maladie, ensuite parce que j’avais traversé les mêmes époques que lui. Nous étions Anglais l’un et l’autre, aimions les belles mélodies et la démesure. Nous avions l’un comme l’autre été très flamboyants lors de ces années quatre-vingt et quatre-vingt-dix qui nous étaient si chères. Délires vestimentaires, choix musicaux très éclectiques, recherche de l’ambivalence…Heureusement, nous nous étions bien démarqués l’un de l’autre et étions restés sans rivalité. Echapper à son album « Lazarus » était impossible et pourquoi d’ailleurs vouloir s’y soustraire ? Comme tant d’autres, je l’écoutais beaucoup et butais sur une limite. Je ne songeais pas, moi, à composer un album crépusculaire. Je n’étais pas en si bonne santé mais j’avais repris espoir et j’avais foi en moi. Il ne restait qu’à travailler pour obtenir quelque chose d’éclectique, à la profond et léger, qui montrerait que mon talent était intact. Et puis, je restais hanté par d’autres morts, plus violentes et accablantes que celle de David, comme celle de Freddie Mercury, par exemple. En un autre temps, le calvaire de Freddie m’avait bouleversé. Oh, je sais, c’était des années terribles et chacun craignait pour soi-même. J’ai cru à un moment être porteur du virus HIV avant d’être soulagé mais on ne peut résumer les choses ainsi. C’était un prince, Freddie, un chercheur d’or aussi. Qui ne pouvait envier sa puissance vocale et son extraordinaire présence scénique ? Le leader de Queens aux mélodies puissantes ! Si fêté et soudain si démuni. Ce masque mortuaire qu’il avait ces derniers temps, alors que le compte à rebours était commencé…Mais je ne tiens pas à aller plus loin dans l’évocation de « mes » morts car il est dans la liste. En cette période de renaissance à la vie artistique et après ces trois ans de désert, j’ai mieux à faire qu’à m’appesantir sur eux et à pleurer. Pourquoi ? Parce qu’il faut créer et ceci en restant ouvert à eux…

 

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6 août 2022

George D. Celui qui meurt.Partie 2. Erik à Londres (1)

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J’ai donc passé plusieurs semaines ainsi, travaillant sans cesse et sortant peu. Je n’étais tout de même pas assez obtus pour ne pas ouvrir mon ordinateur et lire ce qu’on m’écrivait. De cette étrange période de ma vie, à Roquebrune, il me restait des liens tangibles. Nicolas, l’Anglais, m’a contacté en premier. Je lui avais promis mon aide et j’ai tenu parole. Je l’ai invité à une soirée privée et l’ai présenté à des musiciens et à des producteurs. J’étais sûr de ce que je faisais et mes recommandations ont atteint leurs objectifs. En quelques mois, sa carrière a décollé. Il en est allé de même de Jonathan, le sculpteur, qui a décidé de quitter l’Australie pour l’Angleterre. J’ai montré les œuvres que je lui avais achetées et ai vanté son talent. Le bouche à oreille a fait son travail. Il a démarché des galeristes et décroché des salles où exposer. Je ne pouvais faire à moins. Le jour où j’étais entré dans la mer, c’est eux qui étaient là…Je ne m’attendais pas cependant à ce que nos échanges débouchent sur une vraie amitié. Je les intimidais et puis, ils voulaient tracer leur route seuls. Ceci étant dit, nous avons posé ensemble pour des photos et là encore, les internautes se sont montrés astucieux en faisant les recoupements nécessaires. Ah oui, ils étaient bien en France, ces deux-là !

Il en est allé différemment de l’Italienne, qui m’a brièvement écrit de Milan ; sa lettre m’a touché mais, sur le fond, j’étais loin d’avoir une bonne opinion d’elle. C’était une envieuse, une ambitieuse qui pouvait être pleine de fiel. Elle m’en voulait, je crois, de ne rien avoir fait d’autre que de l’encourager verbalement et ne m’a jamais plus écrit sans suggérer une aide quelconque que je pourrais éventuellement lui apporter. Les autres avaient l’air de la tenir en haute estime mais ils changeraient d’attitude, tous autant qu’ils étaient, en découvrant sa nature égoïste. Elle tenterait de se servir d’eux… J’ai donc maintenu avec elle des échanges lointains et polis. Elle a compris au fil du temps…

Il y avait aussi bien sûr le danseur canadien qui en voulait à Erik de ne pas rester « son grand ami ». J’étais sûr qu’il épouserait Elise car elle était la femme qu’il lui fallait et que de toute façon on lui destinait. Il était trop droit, Guillaume, trop bien né pour comprendre quelqu’un comme moi. Il m’a brièvement écrit après son retour au Canada, une lettre empesée, pleine de respect et d’admiration. J’ai cru que ce serait la seule, mais non, il y en eu d’autres. Peu chaleureuses, elles étaient admiratives et, bon point pour lui, désintéressées. C’est moi qui ai été très laconique. Chaque fois que je lui écrivais, un petit diablotin s’agitait en moi. J’avais envie d’évoquer mes accidents de voiture pour le moins bizarres, le fait que j’avais réussi à tomber d’une voiture en marche, que j’avais fait de la prison…Pauvre Guillaume qui ne concevait pas qu’une star ait de telles taches d’ombre ! Pour ne pas le choquer, je me suis montré aimable et me suis enquis de sa belle carrière. Il en a été heureux.

Restait la petite Américaine qui voulait percer à Broadway et, à mon sens, n’y arriverait pas. Au moment de se dire au revoir, devant la grande maison provençale, elle s’était montrée embarrassée. On s’était le même jour partagé le même jeune homme. Ça me ravissait en un sens mais elle, non. Ça ne cadrait pas avec sa vision du sexe et des relations affectives d’autant que jusqu’à mon départ, j’avais continué à faire l’amour avec le joli danseur qu’elle aimait beaucoup, me moquant discrètement d’elle. Après tout, il la laissait dormir toute seule ! Au-delà d’une marque de sympathie rapide, juste après ma réinstallation à Londres, elle ne pouvait rien faire de plus. Elle était en tous cas la seule à avoir compris qui j’étais sexuellement et affectivement et à avoir saisi la vraie nature de mon intérêt pour Erik. Elle était bien trop maligne. Je n’ai pu que m’écarter d’elle et elle de moi.

Au fond, seuls m’intéressait vraiment cette fille qui avait fait des études de mise en scène à Amsterdam et le beau danseur qui allait quitter Toronto pour New York. Avec eux, la donne était différente, je le devinais. Je ne me suis d’ailleurs pas trompé. Au fur et à mesure que mon album naissait, j’ai commencé à bavarder sur Skype avec Marjan. Elle était obstinée cette fille et ne lâchait rien. Elle faisait ses classes en participant comme assistante metteure en scène, à une production néerlandaise à gros budget. C’était une histoire d’amour-passion entre un homme et une femme dans l’Amsterdam d’aujourd’hui, avec à l’appui un meurtre sordide. Elle était passionnée par tout ce qu’elle apprenait, éclairage, profondeur de champ, travail des acteurs. Elle se sentait encore très néophyte mais apprenait vite. On ne dialoguait pas nécessairement. Elle m’envoyait des pensées qu’elle avait, des idées qui lui traversaient la tête et me demandais mon avis, sans s’appesantir sur elle-même. Avec simplicité, elle m’appelait « cher George ». Elle ne cherchait ni à me flatter ni à tirer quelque chose de moi, m’expliquant que le cinéma restait un monde d’hommes et qu’elle devrait beaucoup se battre pour imposer ses vues. Elle cherchait un financement pour un long métrage dont elle rêvait depuis longtemps. C’était l’histoire d’un marginal (un universitaire écarté de sa profession suite à de gros problèmes de santé. Il qui se prenait d’amitié pour une fillette solitaire qui vivait dans son quartier. Tous deux avaient de doux délires et réinventaient la vie. Elle ne voulait en aucun cas d’un drame mais bien plutôt d’une comédie douce-amère. Loin des idées reçues, elle souhaitait montrer qu’une enfant de dix ans et un homme de soixante peuvent avoir une profonde relation d’amitié… J’aimais cette fille, elle était singulière. Je lui ai promis de lui envoyer des fleurs dès qu’elle aurait la certitude de pouvoir tourner son propre film et elle a ri. Elle a ajouté que si elle ne tenait pas autant à ce scénario, elle en aurait construit un autre, autour de moi. Pas une rétrospective, une œuvre intimiste. Cela m’a touché et je l’ai encouragée à affiner son projet, ce à quoi elle a dit oui…

L’autre interlocuteur, c’était Erik. Les chansons de mon album à venir naissaient dans ma tête et il était le seul à qui j’en parlais. Lentement, elles prenaient forme et je les sculptais comme je devais le faire. L’album était basé sur l’alternance entre exposition et intimité. Il devait être sophistiqué mais accessible. La plupart des chansons qui le composaient étaient nouvelles et si elles ne l’étaient, il s’agissait d’orchestrations anciennes, que je n’avais pas menées à bien. Il y aurait douze titres. Attendu qu’il m’arrivait de ne plus savoir quelle heure il était et si on était le jour ou la nuit, je travaillais sans cesse mais sans urgence et sans tiraillement. Il m’arrivait d’éprouver de la souffrance face à ce que j’écrivais et à d’autres moments de l’exaspération parce ce que je produisais n’était pas à hauteur de ce que je voulais mais je n’éprouvais aucun découragement, reprenant après m’être reposé ou assoupi, ce qui me semblait imparfait.

Sur la façon dont j’avançais, Erik ne me disait rien de précis, non par maladresse mais par tact. Rien de cela ne lui appartenait. Il m’écoutait parler sans m’interrompre et sans jamais montrer d’indifférence ni de flagornerie. C’est cela, je crois, qui me faisait rester longtemps au téléphone à des heures parfois difficiles pour lui. Il ne s’est plaint à aucun moment : c’est moi qui, échappant enfin à ma nonchalance, ai fini par me rendre compte que je le réveillais souvent au milieu de la nuit et m’en suis excusé. Je l’ai entendu partir d’un rire léger sans rencontrer le moindre reproche de sa part. Il ne m’a même pas dit de mieux choisir mes horaires…

Il quittait le Canada et partait pour New York avec un vrai plan d’attaque. Je m’étais tout de même un peu renseigné sur la danse classique et sur les grandes compagnies de niveau international. Il en intégrait une et escomptait imposer son style. Pour le reste, il était évasif. Il m’a fallu un certain temps pour comprendre qu’avec son amant américain, tout n’était pas au mieux car il refusait ses conseils maintenant qu’il était sur le sol américain. Ça me plaisait, cette idée qu’il ne soit pas assez amoureux de son ami ou pas assez docile d’autant qu’encore jeune, il me faisait des confidences qu’ensuite il pouvait regretter. On se parlait, je le poussais dans ses retranchements, attisant son désir, le flattant, le cajolant, l’attirant à moi par jeu mais aussi par intérêt. On avait eu une liaison très courte et je voulais le revoir sans le brusquer. Je tissais donc ma toile comme une araignée peut le faire…Je faisais en sorte qu’il se sente unique puisque je lui parlais de mon album et, je dois bien le reconnaître, je voulais tourner le dos à ce que j’avais écrit sur le désamour dans « Older », une chanson que j’aimais mais dont la résonance était dure :

 Etrange.

Tu ne trouves pas que j'ai l'air plus vieux ?
Mais quelque chose de bien m'est arrivé
Le changement est un étranger
Que tu devrais rencontrer
 
Eh bien tu n'as plus le temps
Je laisse tomber
Tu iras bien
Au moins ça je le sais
Tu n'as plus le temps
Je laisse tomber
Je ne suis pas l'homme que tu veux

Non, certainement non. Moi, je devais être celui qu’il voulait ! A l’âge un peu difficile où je me trouvais, il me plaisait que ce jeune homme se tourne vers moi et moi vers lui. Européen du nord travaillant aux USA, beau, ambitieux dans son domaine et enfin de compte, politiquement correct. Rien à voir avec Paul qui n’aimait pas que sa mère soit libanaise et utilisait son prénom anglais pour dissimuler ses origines et ses complexes. Et rien à voir non plus avec A. pour qui avoir un physique de latino-américain et un fort accent empêchait toute vraie implantation en Angleterre. Erik, certes, avait perdu son père très jeune et avait dû en être marqué mais une blessure affective ne peut se comparer aux dégâts causés par un racisme latent. Par ses origines et son physique, il était tout entier dans un monde « enviable » et ne pouvait se sentir rabaissé par une couleur de peau trop colorée, un accent trop marqué ou un nom trop oriental. Etant moi-même né d’un père grec et d’une mère anglaise, j’avais eu ma dose moi-aussi de ce côté-là.

 

6 août 2022

George D. Celui qui meurt.Partie 2. Erik à Londres (2)

GM EN CONCERT

 

 

 

Il m’aimantait, le danseur. J’essayais bien de le sonder pour savoir s’il viendrait à Londres mais il restait professionnel. Il venait d’entrer au New York City ballet. Il était très programmé et pour l’instant, il ne pouvait pas faire de caprices. Son « pour l’instant » me ravissait comme le faisaient sa pointe d’accent danois et son apparente sagesse. Il me faisait parler de ma musique en ayant l’air d’avoir oublié ce que nous avions fait l’un avec l’autre quatre jours durant, à Roquebrune. Il refusait d’en parler, je crois, pour ne rien érotiser mais ce qui nous reliait n’était pas amical, cela, il le savait comme il savait ce qui se passerait quand on se retrouverait l’un en face de l’autre. Car on finirait bien par se voir…

Je lui ai parlé de mon album à venir comme d’un tout incluant toutes les influences que j’avais fait miennes : jazz, funk, gospels, rythmes latino-américains, rock and roll et j’en passe…Je voulais qu’il contienne des morceaux surprenants car très gais et donc peu en rapport avec l’image que je donnais actuellement de moi et d’autres plus mélancoliques et de ce fait, plus « rassurants ». En l’écoutant, je voulais un auditeur surpris mais plus joyeux qu’attristé, plus intrigué que ravi, plus galvanisé par ma musique que conforté dans ce qu’il savait de moi.  Je pensais à une pochette sobre. Un homme assis dans un fauteuil dans la pénombre, une silhouette fantomatique derrière lui. Douze titres. Trois reprises. J’hésitais encore sur le titre. Heaven. Paradis. Est-ce ça pourrait convenir ?

A Marjan, je n’ai rien dit de précis mais elle s’est montrée drôle et pertinente. Selon elle, il fallait éviter deux écueils. Le premier était ces femmes belles, minces et très maquillées qui me prendraient pour un bon produit vintage. Le second était tout aussi féminin. On avait dit que j’avais beaucoup d’empathie pour le sexe faible et que j’avais le cœur grand comme ça. Il ne fallait pas que j’aie l’air de celui qui pouvait aider les sans-diplômes, les filles qui n’osaient pas avorter ou n’avaient pas les moyens financiers de le faire. D’un autre côté, je ne devais pas me cantonner à un public masculin de fidèles et fiers de l’être. Quant à tenter d’étonner les jeunes et de les faire se tourner vers moi, c’était périlleux. Quand je lui demandé à qui en fin de compte cet album pouvait s’adresser, elle s’est presque excusée. Elle n’était pas à même de me répondre sérieusement. Elle se livrait à des fantaisies. Je lui ai répondu qu’elle était perspicace.

A Erik, j’ai donné le titre de plusieurs de mes chansons et je les ai chantées à cappella au téléphone. C’était incroyable et de le faire et de sentir sa concentration. Il a hésité à me répondre quand je l’ai questionné puis il m’a dit qu’on n’utilisait pas ces formes musicales pour des sujets aussi spirituels. Il fallait avoir beaucoup d’audace pour le faire et beaucoup de maîtrise de son art. Si ça lui plaisait, oui mais était-ce le sujet ? Quel drôle de petit personnage !

Les semaines ont défilé et un matin, j’ai compris que je tenais mon album, titre définitif ou pas, ordre des chansons à inverser ou non. Il me restait à prendre le chemin des studios et à tout enregistrer. Un gros travail s’annonçait avec les choristes et les musiciens puis avec que ne se profile l’ultime étape, à savoir le conditionnement du disque et sa sortie. Je savais, de source sûre, que cette fois, on ne riait plus. Les journalistes savaient que je n’étais plus inactif et surtout, le monde la musique était en émoi. J’avais recontacté des professionnels avec qui je n’avais plus travaillé depuis longtemps et faisais confiance à de jeunes talents. Professionnalisme, connivence et respect mutuel, voilà ce qu’il fallait pour que tout tourne bien dans un studio et ça a été le cas.

Toute cette période où je suis allé enregistrer au studio a été spéciale. En premier lieu, c’était le printemps. Oh je sais bien : le printemps anglais, c’est plus de bourrasques de pluies que de journées ensoleillées et de fleurs qui bougent au vent, mais il me suffisait de constater que, timidement, la nature renaissait pour être heureux de ce changement et en tirait bénéfice pour moi-même. Ensuite, je retrouvais le sens des horaires stricts et ne vivais plus en solitaire, uniquement préoccupé de cet album à naître. En renouant avec le monde de la musique ou plus exactement avec certains de ses artisans, j’ai rencontré un profond bonheur lié à la création artistique.

Et puis, j’ai réentendu la voix d’A. Et me suis réjoui de la retrouver. De mon départ de Roquebrune jusqu’aux premiers temps de mon retour en Angleterre, A s’était montré très présent avant de disparaître de nouveau. Je l’ai retrouvé cette fois comme il était avec moi au début au Brésil et en Angleterre, à la fois tendre et volubile, rieur et plein de vie. C’était un être vivant qui me parlait, non une sorte de fantôme qui revient d’entre les morts. A mon retour à Londres, il s’était volatilisé alors que je prenais de grandes décisions et m’isolais pour retrouver l’inspiration, Maintenant qu’il était réapparu, il se montrait très engagé sur mon projet. Il était fier de ma musique, il l’avait toujours été mais il avait su aussi ma descente aux enfers. Pour ce nouvel album, rien ne devait être laissé au hasard. Toutes ses préconisations allaient dans ce sens. Il était très engagé sur mon projet.

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Je retrouvais là-aussi l’être adorable qu’il avait été et j’étais heureux. Il l’était lui-aussi, conscient que cet amour que nous avions eu l’un pour l’autre continuait de nous transcender mais il était, en quelque sorte, plus matérialiste que moi. Je ne pouvais me contenter de discussions avec mon fugace amant danois et je commençais à en accepter l’idée, puisque je ne parvenais pas à le déloger de New York. Mais A., lui, ne voyait les choses ainsi. Cet être rare, je devais le revoir par ce qu’il me convenait. Et de toute façon, j’y étais contraint puisque l’être physique d’A. m’échappait. Pas question que je ne retrouve jamais cette peau brune parfaitement unie délicate au toucher, le bel ovale de ce visage, ce sexe qui se dressait pour l’amour et ce sourire qui embrassait le monde. Non. Pas de réalité disponible pour cela…Les semaines ont continué de filer et j’ai poursuivi mes dialogues avec Marjan et Erik. Quand celle-ci m’a averti qu’elle recevrait pour quelques jours son ami danseur, j’ai cru à une mauvaise plaisanterie. Dans les jours qui ont suivi, cependant, celui-ci m’a appelé. Trois jours à Amsterdam et Londres ensuite, si j’étais d’accord. Oui, je l’étais quoique très surpris. Évidemment, comme j’interrogeais A secrètement, il s’est tu. Quel malin ! Le travail en studio était presque terminé quand Erik m’a annoncé qu’il était à l’aéroport. Un parcours en taxi et il était chez moi.

Dans l’encadrement de la porte, il se tenait droit et paraissait intimidé. Il tenait un magazine à la main, son sac de voyage à ses pieds. Il a dit qu’il avait déniché cette revue chez un marchand de seconde main en Hollande et qu’il y avait un portrait de moi qui l’amusait. Avant même de l’enlacer, j’ai jeté un œil sur l’article qu’il signalait. Il remontait à trois ans et disait en substance ceci :

Je me décrirai comme ...Cinquante ans, Anglais avec une touche grecque, grand, talentueux, séduisant, riche, adoré, envié et mauvais conducteur.

La musique m'a changé ...Je ne dirai pas que la musique m'ait changé. L'essence de ce que je suis a été toujours la même et n'a jamais changé. Ça a juste changé la situation autour de moi.

Quand je ne fais pas de musique ...Je vis juste ma vie.

Mon plus gros vice ...L'excès.

La dernière fois que j'ai été embarrassé ...Par quoi voulez-vous commencer ? Vous n'avez pas lu les journaux ces quinze dernières années ?

Mes diplômes officiels sont ...Quelques "Q" et quelques "A". Lâchez- moi, j'avais 17 ans quand tout a commencé. Je n'ai pas eu de temps pour l'éducation. Et dans mon livret scolaire, pour mon examen final, mon professeur de mathématique avait dit "Qui est George Panayiotou ?" C'était évident que ma participation n'était pas bonne ...

La dernière fois que j'ai pleuré était ...Quand un de mes amis est décédé en début d'année.

Vynile ou MP3 ? ...Croyez-moi ou pas, le dernier CD que j'ai acheté était Symphonica, j'ai demandé à mon assistante personnelle d'aller l'acheter car je voulais vérifier que les magasins avaient les bonnes éditions, etc. ... Un peu de contrôle qualité ne fait pas de mal ! Je ferai la même chose quand le vinyle sortira. Avec le vinyle, il faut vraiment être au top : il faut vérifier les acétates, les tests de pressage et le produit final. C'est complétement organique et cela change tout le temps. Pour un artiste comme moi, dont le chant est assez "sifflant », il faut que le support soit au top. Comme la pochette, les visuels sont très importants. Il faut être au top de tout. Les Cds et les MP3 ont souvent un son pourri !

Ce que j'ai de plus précieux ...Ma santé.

-Est-ce que tu es comme ça ?

Il avait un demi-sourire.

-Je crois que c’est un peu plus compliqué.

-Tant mieux !

J’ai refermé mes bras sur lui. Son cœur battait très fort et je me suis senti dans une romance qui ne manquerait pas de séduire et mes fans et la presse, une certaine du moins…Même si ça pouvait l’affecter, il fallait tenter l’aventure. On dirait qu’il déclenchait chez un homme bien plus âgé que lui une passion qui le décontenançait et qu’il n’avait grand moyen de contrecarrer. On dirait qu’il était trop inexpérimenté pour fuir George Daniel et que je saurais argumenter pour le retenir. J’argumenterais qu’il me permettait de retrouver ma créativité et il ne pourrait nier que fréquenter une célébrité ajoutait à son aura personnelle. Comment pourrait-il me laisser ? Oui, c’était approchant de la vérité (j’avais suffisamment vécu pour connaître la cruauté di monde) mais on en était pas encore là. Pour l’instant, il était là contre moi. J’étais très heureux et le suis resté tout le temps de son séjour.

Brièvement, il a évoqué la Hollande et Marjan. Je l’aimais cette fille et je n’avais aucune inquiétude sur le côté ludique et charmant de ce séjour. Par contre, je me suis assez rapidement enquis de cette fille blonde dont je restais bêtement jaloux. Elle avait intégré une petite troupe à Broadway et taillait sa route. Oui, il l’avait revue à plusieurs reprises et se sentait avec elle dans les mêmes dispositions érotiques qu’auparavant. Seulement, elle n’était prête à ce qu’il vienne comme il pouvait ou plutôt comme il voulait. Ils préféraient l’un et l’autre être très copains, enfin si tant est que c’était possible car il y avait « le compagnon américain ». Il était toujours là mais ils ne vivaient pas ensemble. A son arrivée à New York, ce Julian avait déployé des trésors de diplomatie pour l’installer chez lui mais quand lui, Erik, avait évoqué ce qui s’était passé à Roquebrune, tout avait changé d’autant que l’infidélité d’Erik étant double, son aveu en devenait plus lourd de conséquences. L’Américain  avait réagi au quart de tour. Il s’était montré glacial et était resté quarante-huit heures sans  adresser la parole à ce jeune homme si peu respectueux. Puis, il s’était trompé. Il était comme moi en un sens, estimant que la jeunesse entraîne l’inexpérience et donc la faiblesse. C’était une très mauvaise équation. Constatant qu’Erik se calmait avec la fille, il avait cru gagner. Seulement, le jeune homme ne s’installait pas chez lui et continuait de me contacter, ce qui compliquait la donne. Que lui restait-il si ce n’est faire contre mauvaise fortune bon cœur ? Il s’était débrouillé pour qu’ils restent amants. On était loin, j’imagine, de l’esthète au sourire commercial dont il m’avait montré quelques photos. Le sien, depuis quelques temps, devait être un peu plus crispé mais il ne lâchait rien. Après tout, le danseur, de toute façon, en parlait avec enthousiasme et affection. Il y avait aussi sans doute de l’amour entre eux mais je préférais ne pas le savoir. C’était vers moi qu’il s’était tourné, cet Erik, et avec moi qu’il était, et même si c’était pour peu de jours, il y en aurait d’autres.

D’emblée, il s’est montré charmant. Il m’a accompagné au studio où je l’ai présenté comme un ami et où il a fait mine de ne pas remarquer les regards appuyés que se lançaient les techniciens et les musiciens. J’avais conçu mon album en deux temps : un ensemble de chansons étaient liées au monde actuel et à la façon dont je le ressentais. L’autre partie était beaucoup plus intimiste sans être exagérément optimiste. J’y évoquais ma mère et mon père, mon attachement inconditionnel pour la Grande Bretagne et mes récents tourments. Pour d’évidentes raisons, j’avais bien sûr tout entremêlé et ceci avant de ne jamais créer de monotonie. Erik m’a écouté travailler un nouvel enregistrement de « Round here ». C’était un titre ancien où j’évoquais mon incapacité à vivre ailleurs que dans un périmètre précis incluant Londres et certaines de ses banlieues. Tout s’y résumait : ma vie d‘enfant, mes premiers souvenirs scolaires et la vie dure qu’avait mené mes parents. Sagement assis contre un mur, il m’a écouté sans rien dire. Le lendemain, comme il m’avait questionné sur ma belle maison de Goring of Thames et sondé sur ma réelle intention de la vendre, je la lui ai montrée.

Goring of Thames MAISON DE GM

C’est lui qui a pris le volant pour que nous nous y rendions, mon permis m’ayant été retiré suite à de nombreuses frasques C’était mieux ainsi, sans chauffeur, sans personne qui nous écoutait. J’adorais cette demeure en forme de manoir. Elle était immense pour moi mais lumineuse et apaisante. Il l’a jugée telle et n’a plus paru si catégorique. Après tout, elle me convenait bien, si tant est que je n’y vive pas seul et que je ferme bien la porte d’entrée des fournisseurs, le soir.

-Je la garderais donc ?

-Oui, j’ai bien écouté ta chanson. Tu aimes cet endroit. J’ai fait erreur en te disant d’en partir. Tu ne veux vraiment pas recontacter Paul ?

-Non !

-Il pourrait être ici avec toi !

-Mais que me dis-tu ? Il ne me convient pas.

-Je n’en suis pas sûr.

-Je l’ai rencontré en 2010 et en 2011, a démarré « Symphonica ». Je devais chanter dans de nombreuses capitales européennes et tout a été scrupuleusement mis au point. Dès le départ, à Londres, j’ai eu un petit souci de santé qui a créé beaucoup de tensions. On a cru que je ne pourrais mener cette tournée à bien. En fait, je me suis très vite remis et j’ai pu faire face. Paul m’accompagnait. Il est très serviable, de ce point-là, je n’ai rien à dire. Nous sommes arrivés en Autriche et à Vienne, je me suis senti mal. J’ai demandé à voir un médecin. Ça a été rocambolesque. Je me suis retrouvé hospitalisé un mois durant. J’avais une pneumonie.

-Il était avec toi et il te soutenait…

-Il a fait des allers et retours entre l’Angleterre et l’Autriche et oui, il était très soucieux de mon bien-être. Seulement, il s’est passé quelque chose qui m’a éloigné de lui, éloigné de tout. J’étais seul dans une chambre d’hôpital. On s’occupait merveilleusement de moi, avec respect et amour. A un moment, j’ai eu le sentiment qu’il existait deux George Daniel. Il y avait le malade qui était couché dans un lit et qu’on venait voir avec régularité pour lui prodiguer des soins et l’autre dont la silhouette élégante était collée au plafond. L’un et l’autre de ces George Daniel se regardaient sans se parler. Ils n’en avaient pas besoin car ils étaient reliés par une sorte de lien vivant qui sortait du ventre du patient pour se relier à celui qui était bien portant. Il était clair que le patient se « décorporait », son apparence devenait fantomatique comme si elle ne résumait plus qu’à un drap blanc. L’autre au contraire devenait de plus en plus vivant car du cordon qui les reliait s’échappaient des flammes qui le nourrissaient en se répandant dans son corps. Il était le vrai George Daniel, celui qui vivait au ciel, dans une paix et un grand épanouissement. Un transfert se faisait et lorsqu’il aurait été terminé, il ne resterait dans cette chambre d’hôpital que la dépouille d’un chanteur célèbre. Seulement, un médecin et une infirmière sont entrés et m’ont prodigué des soins, sans avoir la moindre conscience de ce qui se tramait. J’ai ensuite reçu des visites car j’adorais bavarder avec les membres de l’équipe hospitalière. Je suis encore resté hospitalisé mais n’ai jamais retrouvé les conditions de silence et de calme qui pouvaient me permettre de disparaître en me décomposant. Il semble bien que dans ce lieu-là, on tenait à ce que je reste en vie et c’est ce que j’ai fait. J’ai donc continué de vivre puisque ce lieu résistait sinon à la mort du moins à la mienne. J’ai réussi à terminer ma tournée, en ayant décalé certaines dates, bien sûr et j’ai décidé de rencontrer une certaine solitude. Je me suis écarté d’un certain nombre de courtisans et j’ai mis Paul dans le lot, à tort ou à raison. Il a résisté un certain temps, pensant m’aider. J’étais sûr, qu’après cette expérience, j’allais vers une période très créative mais ça n’a pas été le cas. Et la suite, tu la connais.

J’ai été suffoqué par sa réaction. Nous étions dans un des plus beaux salons de ma demeure et canapés et fauteuils avaient été recouverts de housses blanches. La pièce en prenait un aspect fantomatique qu’elle n’avait pas à l’accoutumée car elle était ornée de belles boiseries, de tableaux évoquant l’Angleterre du dix-huitième siècle et de vases emplis de fleurs. Dans cet étrange décor, Erik s’est avancé vers moi, m’a pris dans ses bras et la tête posée contre mon épaule, il a murmuré :

-Tu reviendras ici de toute façon. Enfin, tes chansons, je les ai écoutées et de ce lieu, tu parles souvent…

-Ah ?

-Là, tu es en location. En transit, pour ainsi dire. Tu vas revenir. Tu ne pourrais pas avoir un couple de domestiques à demeure ?

-Mais quelle est cette idée ?

-Ils t’apaiseraient…Tu pourrais avoir de nouveau une vie sociale : c’est si beau, ici !

-Ah mais bien sûr ! Oui, bien sûr ! Encore que vivre en plein cœur de Londres est très séduisant ! Je m’interroge…

Cette fois, il avait peur et me scrutait.

-Ne meurs pas George, ne meurs pas.

-Quoi ? Mais…

-Reste du côté de la vie.

-Mais je viens de te dire.

-Je t’en prie, ne meurs pas.

 

6 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 3.

GM ENCORE

 

Troisième partie

George D. Comédien et martyr

 

Parce ce qu’il n’y a pas de lumière blanche

Et que je ne l’ai pas traversée

White Lights

 

6 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 3. Présentation.

GGGGGGGGGGGG

 

 

PARTIE 3

George Michael meurt chez lui un 25 décembre, mais ça, c'est la vraie histoire. George D., lui est parti en France  pour essayer de ne pas mourir. De retour en Angeleterre, il n'échappe pas à cette mort qu'il voulait éviter. Les jeunes gens qu'il a rencontrés sur la Côte d'azur lors d'ultimes pérégrinations font leur deuil plus ou moinsdifficilement et George, lui, s'apprête à renouer dans l'au-delà avec qui l'a aimé...Une méditation personnelle et peut-être non aboutie pour ce grand interprète et compositeur tourmenté...

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2 août 2022

George D. Celui qui meurt...Annexe.

 

ANNEXE :

 

Georgios Kyriacos Panayiotou, connu sous le nom de scène de George Michael, est un auteur-compositeur-interprète et producteur britannique, né le 25 juin 1963 à Londres et mort le 25 décembre 2016 à Goring-on-Thames.

Né sous le signe du cancer. Astrologie chinoise : le chat.

 

Albums cités *:
-Faith (1987)
-Listen without préjudice (1990)
-Older (1996)
-       Songs for the last century (1999)
-Patience (2004)
-Twenty -Five (2006)

- Symphonica (2014)

* Discographie non exhaustive.

Album fictif :

Heaven (2016)

 

Nullement biographique, ce texte est un portrait éclaté donc très incomplet d’une célébrité en danger et de jeunes gens qui ont tenté, dans les derniers mois de sa vie, de l’assister. C’est une pure fiction…

 

16 mai 2022

Roman, roman...

gmmm

 

 

ROUND HERE,

LE ROMAN DE GEORGES

 

 

France ELLE

 

 

 

 

21 juin 2021

Attentive.

FRANCE ELLE

 SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

 

 

ATTENTIVE

 

 

Récit et imaginaire

 

  

21 juin 2021

Attentive.

 

 

 

Une femme quitte une île tropicale pur la métropole où elle escompte mener une vie plus sereine. La nostalgie s'empare d'elle et elle regrette tout ce qu'elle a pu vivre dans cet autre lieu. Puis tout se décante et Julia, fait la part du bonheur et de la souffrance. Une nouvelle rencontre s'offre à elle...

Réflexion sur le retour mais aussi sur la sexualité, les aspirations des uns et

des autres, la représentation de soi-même et l'amour...

 

 

21 juin 2021

Attentive.

 

 

Les violences qu’on nous fait nous font souvent moins de peine que celles que nous nous faisons à nous-mêmes.

La Rochefoucauld.
Maxime 363.

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LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
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