Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.

Publicité
25 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Hammer en colère.

TABLEAU ANDREW SALGADO

Phillip, le galeriste qui a invité Isée en vacances à New York, se fâche...

Le lendemain, étrangement seule, je déambulai dans New York quand je reçus un appel de Phillip. Sa voix était avenante. Il m'attendait chez lui trois heures plus tard. Contente, je m'y rendis. Il était seul, vêtu comme souvent de façon élégante et sobre mais luxueuse. Concernant son absence, il n'expliqua rien sinon qu'ils étaient tous deux invités ailleurs. Vincent jouait dans un club que je ne connaissais pas ce soir-même et répétait. Au fur et à mesure qu'il parlait, mon hôte devenait distant, je m'en rendais compte et il devint vite concis et cassant. Il alla prendre sur un bureau le beau livret que j'avais fait pour Vincent et le posa sur une table entre nous.

-Reprenez-le.

-Vous le lui avez pris?

-Non, il me l'a donné.

-Pourquoi aurait-il fait cela?

-Parce qu'il est normal qu'il le fasse. Ce sont des délires.

-Pas du tout. C'est un hommage.

-Et comment doit-il vous remercier?

Je rougis. Hammer devint glacial.

-Alors?

-Parce qu'on remercie toujours pour un cadeau comme ça. Il le fera, il est sensible...

-Et désirable. Et il cédera, c'est cela ? De toute façon, vous ne voulez pas qu'il vous résiste et s'il le fait, vous lui direz tout n'est-ce pas?

-Jamais de la vie !

-Mais bien sûr que si. La réalité, vous ne l'aimez pas alors vous transformez tout.

-C'est faux.

-C'est vrai. Paul revenait vraiment vers vous mais vous préférez vous dire que, finalement, vous ne l'aimiez plus. Et ce jeune du Montana, il était certainement amoureux mais vous laissez le temps passer et ses espoirs devenir petits.

-Je ne comprends pas.

-S'intéresser à moi et à lui est tellement plus motivant !

-Là, c'est vous qui interprétez. Et puis, on ne parle pas de cela. Vincent, j'ai été maladroite parce que tout est faussé. J'étais vous, on échangeait des paroles d'amour...Tout cela m'a mis dans une grande confusion. Mais je vais m'expliquer avec lui et il ne sera question que du livret.

-Non, vous ne vous expliquerez pas avec lui.

-Je ne comprends pas. Pourquoi?

-Il ne le désire pas. Il vous aurait appelé sinon.

-C'est vous qui lui interdisez...

Il soupira.

-Il m'a donné ce recueil et s'il l'a fait c'est pour que je le lise. Je l'ai fait. C'est très joli mais ça l'embarrasse. Vous l'embarrassez.

-Je le comprends, Vincent, vous savez.

-Oh ! Encore mieux. Vous fouillez dans ses affaires. Vous le regardez dormir. Vous êtes prête à prendre l'initiative...Il sait tout cela. Isée, c'est de la folie, pas de la compréhension.

-Il ne s'est rien passé !

-En effet. Vous redescendez sur terre ?

-Cette Kate. Il...Il couche toujours avec elle!

-Je sais. De temps en temps. Autre chose?

-Il a des tas d'aventures.

-Il en a moins.

-Vous lui faites du mal, je pense. Vous le dominez.

-Vous pensez cela parce que je vous ai fait jouer un rôle étrange. Je voulais qu'il revienne et j'ai pris ce biais-là. Il était retors, ça je vous l'accorde mais ça a fonctionné. Maintenant, de ce qui nous lie car nous sommes liés, vous vous en êtes rendue compte, vous ne savez rien et de toute façon vous en resterez là.

-Mais qu'est-ce qui se passe? Ce sont de petits textes, des hommages...

-Il ne les a pris comme tels. Il vous a emmenée danser. Vous êtes forcenée, vraiment après lui. A Paris, vous étiez après moi. Et tout cela en vain.

-J'étais après vous car je vous admirais passionnément. C'est toujours le cas. Mais vous êtes tellement au-dessus de moi ! Lui, il est maladroit comme moi.

-Pas comme vous, non.

-Vous ne pouvez me parler ainsi. Vous m'avez invitée !

-C'est vrai. Je pensais que vous aviez l'imagination vive et envie de vous ancrer dans une autre réalité. Mais pour vous, il n'y a que l'imaginaire. Vous êtes comme une enfant devant une vitrine de Noël. Vous attendez, vous rêvez...Comme cette préadolescente nue du tableau de Paul Chabas, si mièvre en fait...

Je m'étais levée, mal à l'aise.

-Mais enfin, Phillip...

-Il vous reste quelques jours à passer ici. Retournez chez ma mère et organisez vos journées.

J'étais livide.

-Mais ça ne peut être ainsi.

-Si. Donnez-moi les clés de son appartement. J'y prendrai vos affaires et vous les porterez. Je suis accessible. Pas lui. C'est comme ça.

J'étais comme une voleuse et je dus bien obéir non sans m'être plainte encore.

-Il est désarçonné mais il comprendra et me contactera.

-Non.

J'allais seule dans l'appartement de sa mère et m'abstins d'appeler le jeune homme qui désormais m'était interdit. Il le ferait, lui, qui aimait tant passer outre les ordres...

 

Publicité
24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Un texte étrange.

DOUANIERRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR

Isée est en vacances à New York car deux Américains avec qui elle est liée l'ont invitée. Mais leurs relations prennent fin brutalement. Dans un texte étrange, la jeune femme tente d'en capturer l'étrangeté

Quand me décidai-je à écrire un nouveau texte dans lequel toutes mes expériences se mêlaient? C'était deux jours après cette scène. J'écrivis tout d'une traite et ne me posai aucune question.

Elle vient d'entrer dans le tableau. C'est une forêt tropicale aux arbres étranges. Souvent leurs branches sont dépourvues de feuilles et se dressent vers le ciel en d'étranges contorsions. Les fleurs tropicales sont énormes. Leurs couleurs sont extrêmes et leurs feuilles sont démesurées. Il est facile de se dissimuler derrière elles car bien que claires et dentelées, elles sont opaques.

Au départ, elle est sans peur et quand elle s'approche d'un plan d'eau, elle est ravie. Elle s'étonne vite cependant que des mammifères marins y pullulent. Les dauphins sont nombreux et ils s'ébattent en eau douce sans éprouver de malaise, ce qui la surprend. Elle constate aussi que des baleines s'ébattent joyeusement dans un espace qui lui apparaît maintenant bien plus vaste que prévu. Tout ceci est étrange malgré tout et quand elle se comprend que des humains se baignent en même temps que ces grands mammifères, elle s'interroge. N'est-ce pas dangereux? Elle se retourne alors vers la foisonnante végétation tropicale dont la densité ne lui a pas échappé quand elle est entrée dans le tableau puis elle prend peur. Parmi les arbres aux branches contournées et les fleurs aux immenses calices circulent des animaux dangereux : longs serpents noirs aux anneaux nombreux, panthères lascives aux yeux d'or, lions à la crinière flamboyante et hyènes à l'étrange démarche. Jusqu'alors silencieux, le paysage s'emplit de bruits. Les fauves feulent, la hyène rit sauvagement et le serpent émet un sifflement lancinant. Elle hésite à se lancer dans un univers si inquiétant mais en se retournant vers l'étendue d'eau, elle découvre que celle-ci est devenue noire et que les bienveillants mammifères qui la parcourait ont été remplacés par des serpents de mer, des murènes, des araignées géantes et des poissons tropicaux venimeux. Tenter d'entrer dans l'eau est désormais impossible. Elle se décide donc à aller dans la forêt. Elle découvre bientôt que nul ne fait attention à elle. Les animaux, quels qu'ils soient, la laissent circuler sans l'inquiéter. Ils ne tuent que leurs congénères. Elle reste longtemps seule, sans voir la moindre trace d'être humain mais au moment où elle se désespère et cherche le moyen de sortir du tableau, des yeux apparaissent sur toutes les feuilles des arbres, les troncs des arbres et les pétales des fleurs. Ils sont très ronds avec une orbite blanche et une pupille noire. Les paupières sont inexistantes et les yeux n'ont pas de cils. Ils sont mobiles même s'ils ne ferment jamais. Ils la cherchent: elle met du temps pour le comprendre puis elle l'intègre. Elle se dit que ne pouvant répondre à tous les signaux, elle doit choisir les plus pertinents. C'est peine perdue puisqu'ils sont tous identiques. Elle en choisit alors deux au hasard et les suit. Ils agissent comme des signaux qui s'enchaînent et ils la conduisent à une grande clairière où évoluent des hommes à têtes de monstres mythologiques. Leurs traits évoquent ceux des Gorgones. Ce sont des masques à la bouche hurlante et au regard fixe dont les cheveux sont des serpents entrelacés qui bougent et sifflent. Le corps de ces monstres est d'un noir velouté. Ils possèdent une longue queue couverte de fourrure) poil ras, la même qui est sur leur corps. A ce qu'elle voit, ils ont des flûtes dont ils se servent pour jouer des mélopées étranges et disgracieuses. Les monstres tournent autour de victimes sans défense. Ce sont de jeunes hommes ou de jeunes femmes qui sont allongés nus sur le dos, les bras et les jambes enserrés dans des liens qui les maintiennent au sol. Quelques-uns d'entre eux sont éviscérés avec les épieux qu'utilisent les monstres noirs tandis que d'autres sont laissés intacts tant qu'il y a délibération. En effet, les créatures noires s'assemblent en jury. Au bout du compte, quatre d'entre eux sont libérés et sommés de s'enfuir le plus vite possible dans la nature. Les autres meurent. Sidérée, je reste cachée et n'ose bouger de la grande clairière où j'ai vu les monstres. Je constate que l'une des victimes y revient en hurlant et que la créature maléfique qui la poursuit lui promet la vie sauve s'il accepte une sodomie sauvage. Le fuyard l'accepte mais son violeur le tue.

Inquiétant 1

Il en est de même de la seconde victime. Une fois dans la clairière, il subit les assauts d'une créature monstrueuse qui se révèle être de sexe féminin. Elle le chevauche, prend son plaisir et tue sa victime en l'éventrant, comme l'avait fait le précédent. Il reste deux fuyards qui, un long moment sont introuvables. Les yeux ont disparu des feuilles et des pétales et la lumière a beaucoup descendu. La jungle est désormais très bruyante car les animaux se réveillent ou sortent de leur léthargie. Ils ont soif et veulent chasser. Leur comportement vis à vis des monstres noirs à tête de Gorgone se modifie et ils leur deviennent peu à peu hostiles. Des attaques éclatent, des embuscades sont tendues. Les deux victimes me frôlent car ils veulent se cacher près de moi, sachant que désormais, la clairière est sûre. Il y a toute jeune femme blonde aux petits seins et aux cheveux bruns et courts et un jeune homme blond, grand, mince mais athlétique. Je vais les protéger jusqu'à la sortie du tableau...La jeune femme, au moment où elle s'élance pour sortir, est transpercée par une lance. Le jeune homme recule. Il était lié à la malheureuse et se penche sur son cadavre. Je crie pour qu'il se hâte et enjambe le cadre du tableau mais un des monstres réapparaît brutalement. Il se précipite sur le pauvre jeune homme et l'égorge. Je prends mon élan et, sans état d'âme, je sors.

 

24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Fin de partie à New York.

ETRANGE

 

Comme arrivait le dernier jour de mon séjour, Hammer arriva à l'improviste. Il portait un costume sombre et une chemise rouge sans cravate sur un élégant manteau. La conversation fut brève. Comme je me levai pour aller chercher du café, puisqu'il voulait en boire, il me suivit et me prenant par le bras, il me poussa contre un mur.

-Ne te débats pas. Ne te retourne pas.

Il remonta rapidement sur mes hanches ma robe en laine et baissa mes collants d'un geste sec. Je l'entendis ouvrir ses vêtements puis le laissai se coller à moi. Il tenait dans sa main un membre épais et il le guida jusqu'à la pénétration. Je suffoquai quand elle eut lieu et fut surprise qu'il ne se hâte pas. Il ne me faisait pas mal, bien au contraire, me dispensant un plaisir âcre et dense qui devenait plus fort à chaque mouvement de rein qu'il faisait. Je me sentais très femme malgré le caractère sordide de cette prise silencieuse et quand je lui demandai de me prendre les seins, il le fit. Je lui demandai aussi de ne pas se retirer trop vite et après avoir joui sommairement, il resta un peu en moi.

Il se retira ensuite et se rajusta. Nous n'échangeâmes pas une parole et il partit rapidement. Je terminai le séjour seule et dans l'avion, je pleurai.

 

24 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3.

AAAA

 

4 Retour au réel.

Les semaines suivantes furent difficiles. Je n'avais revu ni Vincent ni Phillip avant mon départ et constatant qu'ils ne m'avaient pas rayé de leurs contacts, je leur avais envoyé mon dernier texte. Jusqu'à maintenant, ni l'un ni l'autre ne l'avaient commenté et il était probable qu'ils ne le feraient pas. Pendant mon séjour à New York, j'avais plusieurs parlé au téléphone avec Zacharie sans lui livrer autre chose que des impressions de touriste ravie. A mon retour à Paris, je décidai d'être franche et lui fis, par courriel, le récit clair de toute ma relation avec Phillip Hammer en omettant cependant de dire que celui-ci m'avait, une seule fois, brièvement et de façon très intense, fait l'amour...

 

23 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Confidences délicates.

 

CONFIDENCES

 

Isée a été échaudée par deux Américains. Elle se confie à son ami Zacharie mais craint que celui-ci comprenne mal.

Je pensais vraiment que droit comme il l'était, mon jeune Américain du Montana serait effrayé de découvrir une image de moi bien différente de celle qu'il connaissait et que notre relation prendrait fin. Il n'en fut rien. Il ne me chercha pas d'excuse mais considéra clairement Vincent et Phillip comme des manipulateurs. A Paris, tout avait bien commencé et j'avais de quoi me réjouir. Ces histoires de femmes écrites en commun! Il trouvait l'idée très bonne et demandait à les lire. Pour lui, c'est à partir des jeux de rôle que la manipulation avait commencé. Il ne m'excusait pas et trouvait que j'avais été très imprudente peut-être parce qu'en effet j'aimais rêver et fantasmer mais il était sévère avec Hammer. Me faire parler à sa place pour reconquérir son amant, c'était malsain d'autant que, selon lui, il n'était même pas sûr que la dispute fût si violente. C'était peut-être un jeu entre eux. J'avais accepté d'entrer dans une spirale et à partir de là, Hammer était devenu tout puissant. Ces aventures que j'avais eues car il me disait d'en avoir puisque mon amour perdu l'était définitivement, il trouvait ça cruel, Zacharie. Hammer voyait juste en me trouvant naïve et assez faible et tout en me poussant "à vivre ma vie", il avait réglé ses comptes avec les femmes. Quant à ce Paul que j'avais éconduit, il pensait que je n'étais pas moi-même; Inconsciemment ou consciemment, Hammer ne voulait sans doute pas que je renoue avec lui. Je lui aurais échappé. Il ne le souhaitait pas mais n'en avait rien dit. Pour me prouver sa bonne fois, il m'avait fait venir à New York. Là, il m'avait mis face à Vincent. Sur ce dernier, Zacharie n'était pas tendre. Certainement une belle allure et un talent de musicien mais peu de morale et beaucoup d'assujettissement. Hammer me l'avait rendu désirable avant même que je ne le voie et en le découvrant, j'étais tombée dans le panneau. La fin brutale de ma relation avec ces deux types montrait bien à quel point ils se sentaient supérieurs aux autres et aimaient se jouer de ceux qu'ils estimaient faibles. Et faible, avec eux, je l'avais été. De cela, je ne pouvais être fière...Par ailleurs, Zacharie était mécontent que j'aie eu des aventures tout en le voyant car c'était déloyal mais en même temps, on se connaissait peu. Il était étonné que j'aie si peu d'estime pour moi-même. Si j'en avais eu davantage, ma relation avec Hammer aurait vite tourné court et il aurait dû chercher une autre proie. Selon lui, j'étais un excellent professeur de langue. Quand il avait été mon étudiant, toute la classe m'adorait et lui-aussi. J'avais de l'abattage et j'étais très compétente. Et puis, j'étais jolie. Je n'avais pas l'air d'en être sûre mais lui me l'affirmait de la même façon qu'il me soutenait que j'avais de la valeur. Pour lui, il fallait que j'oublie ces deux types et que je ne m'accroche à rien qui puisse me les rappeler. Même pas des photos. Ils ne m'avaient pas rayé de leurs contacts parce qu'ils étaient perfides. Ils m'avaient mal traitée à la fin et dans ces cas-là, c'est souvent celui qui est victime qui demande des explications, ou cherche à se justifier. Je ne devais pas céder. Le faire, c'était comme demander pardon or c'est eux qui avaient été agressifs.

Il ne m'excusait pas, il était même furieux des aventures que j'avais eues pendant les mois où on se voyait mais il me considérait comme un personne responsable qui devait tirer une leçon d'une sale histoire. De ce fait, sa lettre me fit beaucoup de bien. De mes relations avec Phillip et Vincent, je n'avais pu parler à quiconque de cette façon. Il était le premier dépositaire de ma saumâtre expérience. Comme il insistait, je lui envoyai les textes sur Ruth, Carolyn et Louise et il s'enthousiasma. Il me demanda aussi de lui fournir un ou deux des textes que j'avais écrits pour Vincent.

 

Publicité
23 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3.

 

envie de

 

Isée, professeure trentenaire, a été échaudée par deux hommes, Phillip et Vincent. Elle confie son trouble à son ami Zacharie.

J'hésitai puis lui fis parvenir Le Trompettiste

Immobile, il attend

Puis la musique sourd de lui

Delta Autumn

Black Pearl

Il module des univers

Le Trompettiste

Son corps est musique

Et de son souffle jaillissent

La joie et la mélancolie

Il s'arc-boute contre un monde

Dont il veut changer la teneur

Il veut l'emplir de beauté

Et quand il s'arrête de jouer,

Il a réussi, il l'a fait.

 

Et j'ajoutai Endormi

Cheveux blonds emmêlés

Souffle régulier

Il dort

Des rêves l'animent

Et quand il se retourne

Il y met fin

Il ouvre les yeux dans le noir

Et il regarde le monde bleuté de la nuit

Puis de nouveau il s'endort

Quittant sa vie réelle

Pour le monde impalpable

D'un sommeil qu'il veut sans fin.

Zacharie, dont je commençai à connaître le style épistolaire, s'emporta.

Cet enfant de putain t'a mis à la porte car tu as écrit des textes comme ça sur son petit ami ! Est-ce que tu te rends compte? Il n'y a pas un mot irrespectueux dans tes textes, même le désir que tu éprouves est sublimé. Ce sont des caves, Isée, ils sont malsains. Te laisser seule les trois derniers jours pour ça ! Tu me dis que tu as fouillé dans les affaires de Vincent, et alors? Il t'y poussait de toute façon et l'autre qui t'a demandé des comptes après ce qu'il t'avait fait faire ! Non, je t'assure, ils ne valent pas la peine que tu pleures.

 

23 avril 2023

ISEE ET LES DEUX VISAGES. Partie 3. Sortie vivante du tableau...

QUI PLEURE

 

Et je pleurai beaucoup moins. J'avais hérité d'une bonne somme donnée par mes parents et le studio près des Invalides était désormais à moi. Je ne réfléchis guère, donnai ma démission à l'école et décidai d’avoir une autre vie. Bien sûr, je ne pouvais quitter ni mon emploi ni Paris aussi vite mais au début du mois d'août, il fut décidé que je serais pour deux mois à Billings, dans le Montana. Zacharie et moi, on ne se promettait rien. Il avait trouvé une petite maison pour moi et j'avais réservé une voiture. Il travaillait mais trouverais du temps pour faire des randonnées et m'initier à la pêche. Je pourrais même faire du cheval. A cette idée je ris beaucoup car j'avais toujours eu une peur irraisonnée de ces beaux animaux mais c'était, je le reconnais, une proposition séduisante.

Les semaines passèrent et j'arrivai ainsi à la veille du départ. J'avais quelques temps plus tôt joyeusement fêté mon départ de l'école de langue, dîné ça et là avec mes amis et libéré le studio que, désormais je louais. J'avais mis de l'argent de côté car je ne voulais pas dépendre de Zacharie et en attendant de m'envoler, je séjournais une dizaine de jours chez mes parents. C'est là, au moment même où je sentais s'ouvrir une nouvelle vie que je reçus un étrange message de Vincent.

Bonjour, Isée. Tu es sortie vivante du tableau. C’est bien. Tu t'es heurtée à un homme de désir et ça, c'est toujours difficile. Je suis désolé. C’est sincère. Vincent.

Désolé de quoi? Il ne le disait pas. Et il ne précisait pas non plus si l'homme de désir c'était lui ou l'autre. A y bien repenser, c'était Phillip, l'homme de désir. Toute mon histoire avec lui me revint en mémoire et bien sûr, tout ce que j'avais vécu d'intime et d'intense avec lui. Mais refusant à toute autre lecture, je me dis que j'avais été folle et imprudente de m’approcher d’un être aussi charismatique et aussi double. Je ne devais pas oublier la leçon reçue. Quant au fait que Vincent ait pu m’écrire car il était enfin au courant de l’étrange rôle que j’avais joué en lui parlant comme si j’étais son amant, j’écartai vite cette probabilité. Il ne m’aurait jamais recontactée dans ce cas. Cela signifiait aussi qu'il ignorait que Phillip m'avait fait l'amour...

 

22 août 2022

George D. Celui qui meurt...

 

 

Cette version est nouvelle. La teneur du texte n'a pas vraiment changé mais il n'est plus organisé de la même façon. 

Intrinsèquement lié à la disparition de George Michael en décembre 2016, George D. Celui qui meurt n’a aucune fiabilité autobiographique. Il faut le voir comme une des multiples images que la star britannique a pu renvoyer à des êtres bien plus jeunes que lui. Il s’agit donc purement et uniquement d’une rêverie sur les paradis et les enfers d’un chanteur et d’un musicien brillant et protéiforme dont la personnalité reste complexe.

Hommage à l’artiste réel tout autant qu’à l’être rêvé, George D., celui qui meurt peut être lu comme un hommage anecdotique tout autant que frontal. Il doit aussi être regardé dans le sens d'un legs. Celui qu'un artiste brillant a pu nous laisser.

France-Elle

 

22 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 1.

636182862223558663-D01-LIFELINE-MICHAEL-18-37486091

 

Partie 1

Temps difficiles

 

« Lorsque vous êtes éveillé, les

Choses auxquelles vous songez

Viennent de ce que vous rêvez. »

George Michael en interview.

 

 

22 août 2022

George D. Celui qui meurt. Partie 1. Tu as besoin de t'amuser...

gm ENCORE

 

George D. Londres : novembre 2015. Star mondiale, le chanteur George Daniel est aux abois. Tout l'insupporte. Alors passer les fêtes en Angleterre. Il décide de s'enfuir...

Il tournait comme un ours en cage Il sentait que ça tournait mal. Plus les semaines filaient, plus il avait du mal avec moi. Lui, Paul Stephen dont le vrai prénom était Fadi, ce que je lui rappelais régulièrement, perdait pied. Je le quitterais quoi qu’il soit et lui, qui avait tant misé sur moi, était affolé. 

-Tu t’enfermes beaucoup trop.

-Tu me l’as déjà dit vingt fois ces trois derniers jours.

-On a des sorties en vue : des spectacles, des amis. Ne refuse pas tout.

-Je ne refuse pas tout, je sélectionne. Je n’en ai rien à faire de cette comédie musicale dont tu me rebats les oreilles.

-Parfait ! Que dira Elton John ? Il compte sur toi.

-C’est un de ses poulains qui a créé le spectacle, je sais. Je l’ai déjà appelé. Je ne serai pas disponible ce soir-là. Il l’a bien pris quand il l’a su.

- Il devait être de bonne humeur. Bon, chez Kate, dans trois jours ?

-Oui.

-Ah, elle, la belle cover-girl, tu l’aimes bien, hein !

-Elle n’est plus mannequin. C’est le tour de sa fille. Elle a le même corps splendide que sa mère…

-C’est vrai…Donc tu seras là. Et ensuite ?

-Je ne sais pas. Il y a beaucoup d’invitations…Je vais faire le tri.

- Oui et invite, toi-aussi…

- Mais, c’est ce que je fais !

-Tu trouves ? On ne voit personne…Enfin, autant ne pas polémiquer.

-Oui, sans polémique, c’est mieux.

-Je viendrai te voir le jour de Noël. Tu le sais ?

- Oui, j’en serai heureux.

- La veille, tu seras avec tes sœurs ?

- Pas sûr.

- L’une d’elle au moins, celle dont tu apprécies le mari…

- Elle m’a parlé d’un petit dîner, oui…

- Va la voir, ne reste pas seul.

-Paul, épargne-moi cette insistance.

-Mais c’est pour toi que je te dis ça. Je pourrais aussi rester seul ici, bien tranquillement…

- Et te faire livrer ?

- Paul ! On n’embraie pas sur ce sujet !

-Tu devais arrêter avec ces « livraisons », il me semble…

- J’ai ralenti.

- Ah bon ? Pas avec… Comment il s’appelle déjà ? Celui qui t’envoie ce type à tête de bouledogue…

- Il est Français et c’est vrai, il a une tête de chien. Ralentir encore ? Oui, je vais y penser.

-Et ça te fait rire !

-Mais oui !

-Ne me réponds pas comme ça. Je suis ton compagnon.

-Tu l’es, c’est vrai et tu me protèges de moi-même…Tu as raison, Paul, tu as raison. Tu sais ce qui est bon pour moi. Mais à ce compte-là, ce n’est pas chez moi que je devrais passer les fêtes de Noël mais plutôt dans une de ces délicieuses cliniques où j’ai passé des semaines mémorables.

-Ces cures étaient nécessaires. Le médecin dit que tu…

-Que je ?

-Dois prendre soin de toi.

-Mais c’est ce que je m’emploie à faire ! Allez-laisse-moi.

-Tu veux que je parte ? Je parle de l’alcool que tu ingurgites, de ces saloperies de poudre, de pilules qu’on vient te vendre jusqu’ici et je dois partir ?

-Eh bien, je…Oui…Pars…

-Mais pourquoi ? Je suis arrivé il y a très peu de temps. Ce n’est pas juste d’agir ainsi, George. Ton état n’est pas brillant. Il faut qu’on passe un bon moment ensemble.

-Oui, passons un bon moment.

-Tu dis ça sur un ton…

-Prenons un verre, enlaçons-nous, allons dans ma chambre. Ta définition du bon moment.

-Pas la mienne, celle de centaines de gens qui aiment la vie, sont heureux de retrouver l’être aimé, de passer des heures et des heures avec lui dans la complicité, dans la tendresse.

-Faisons-cela.

-Tu es sûr ?

-Oui.

-Noël est dans trois semaines. Tu me promets que le 24, tu seras en famille ou avec de bons amis ? Le 25, je m’occuperai de toi toute la journée. J’ai déjà toutes sortes d’idées. Ce sera gai. Georges, tu promets ?

-Oui. Je te donne ma parole que j’aurai un Noël joyeux.

-Très anglais ?

-Oui, je pense.

-Suis ton traitement médical et limite l’alcool, George et pour l’amour du ciel, oublie toutes ces bonnes adresses, tous ces gens…

-Ne t’énerve pas autant ! Tu ne drogues pas, toi ?

-Occasionnellement. Tu sais très bien que ça n’a rien à voir ! Ce type, je lui casse la gueule si…

-S’il revient avec « des provisions » ? Oui, tu te fais très bien comprendre et tu serais bien capable de le faire.

-C’est que tu nous fais peur.

-« Nous » ? Ah oui, je vois. J’ai fait mon testament, tu sais et j’ai bien réfléchi. Il ne va vous inquiéter. Je vais bien.

-Non. C’est faux.

-Chut, Paul, calme-toi….

-Tu ne vas pas bien. Ne les laisse pas tourner autour de toi comme ça. Arrête, arrête avant qu’il ne soit trop tard. George, écoute…

-Chut, chut, voyons…Allons, allons, revenons à ta définition du bon moment passé ensemble. Souris-moi…Voilà, c’est bien. Viens dans mes bras.

-Tu promets ?

-Je promets.

-Tu vois, je t’ai embrassé. Maintenant, retourne dans la maison que je prête, à Hyde Park. La femme de ménage est déjà réglée. Tu veux un chèque ?

-Non, je...

-Tiens, prends.

-C'est beaucoup...

-Non, enfin si. Prends. Les fêtes approchent et tu as besoin de t'amuser.

-A bientôt alors ?

-A plus tard.

 

Publicité
<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 30 > >>
LE VISIBLE ET L'INVISIBLE. FRANCE ELLE.
Publicité
Archives
Publicité
Publicité